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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 09:45

Les molières 2011 sont :

 

moliere-statuette-300À 88 ans, le comédien Michel Galabru était le président d’honneur de ce cru.

 

Comme l’an dernier, une pièce courte, Jeux de scène de Victor Haïm, dans une mise en scène de Zabou Breitman, a ouvert la soirée. Créée en 2002, cette œuvre avait valu à son auteur le molière de l’Auteur francophone vivant. Théâtre dans le théâtre, avec pour interprètes Zabou Breitman et Léa Drucker, elle raconte une première répétition.

 

Pour leurs 25 ans, les molières sont revenus sur « les images les plus drôles, les plus émouvantes » de leur histoire au cours de laquelle 394 statuettes ont été distribuées.

 

Le metteur en scène Peter Brook, qui quitte la direction des Bouffes du Nord où il officiait depuis 1974, a reçu des mains de Juliette Binoche un molière d’honneur « pour son parcours exceptionnel » dans ce théâtre parisien.

 

Pierre Lescure, ex-patron de Canal+ devenu directeur de théâtre, présidait les molières pour la première fois.

 

Molière du théâtre public :

Un fil à la patte, Georges Feydeau/Jérôme Deschamps, Comédie-Française

 

Molière du théâtre privé :

le Repas des fauves, Vahe Katcha/Julien Sibre, Théâtre Michel

 

Molière des compagnies :

Ma chambre froide, Joël Pommerat/Cie Louis-Brouillard

 

Molière de la pièce comique :

Thé à la menthe ou t’es citron ?, Danielle Navarro-Haudecœur, Patrick Haudecœur, Théâtre Fontaine

 

Molière du théâtre musical :

Une flûte enchantée, Mozart/Peter Brook, C.I.C.T./Bouffes du Nord

 

Molière du comédien :

Christian Hecq, Un fil à la patte

 

Molière de la comédienne :

Catherine Hiegel, la Mère

 

Molière du comédien dans un second rôle :

Guillaume Gallienne, Un fil à la patte

 

Molière de la comédienne dans un second rôle :

Bulle Ogier, Rêve d’automne

 

Molière de l’auteur francophone vivant :

Joël Pommerat, Ma chambre froide

 

Molière du metteur en scène :

Julien Sibre, le Repas des fauves

 

Molière du jeune talent féminin :

Georgia Scalliet, les Trois Sœurs

 

Molière du jeune talent masculin :

Guillaume Marquet, le Dindon

 

Molière de l’adaptateur/traducteur :

Julien Sibre, le Repas des fauves

 

Molière du décorateur/scénographe :

Richard Peduzzi, Rêve d’automne

 

Molière du créateur de costumes :

Jean-Daniel Vuillermoz, Henri IV le bien-aimé

 

Molière du créateur lumière :

Dominique Bruguière, Rêve d’automne

 

Molière Jeune public

Vy, Michèle Nguyen/Alberto Garcia Sanchez/collectif Travaux publics

 

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 15:55

moliere-615

Molière du théâtre public :

les Chaises, Eugène Ionesco/Luc Bondy, Théâtre Nanterre-Amandiers

le Dindon, Georges Feydeau/Philippe Adrien, A.R.R.T./Théâtre de la Tempête

Rêve d’automne, Jon Fosse/Patrice Chéreau, Théâtre de la Ville

Un fil à la patte, Georges Feydeau/Jérôme Deschamps, Comédie-Française

 

Molière du théâtre privé :

Diplomatie, Cyril Gely/Stephan Meldegg, Théâtre de la Madeleine

Henri IV, Daniel Colas, Théâtre des Mathurins

le Mec de la tombe d’à côté, Katarina Mazetti/Panchika Velez, Théâtre de la Renaissance

le Repas des fauves, Vahe Katcha/Julien Sibre, Théâtre Michel

 

Molière des compagnies :

Dom Juan, René Loyon/Cie RL

les Femmes savantes, Marc Paquien/Cie de l’Intervention

Ma chambre froide, Joël Pommerat/Cie Louis-Brouillard

le Mardi à Monoprix, Michel Didym/Cie Boomerang

 

Molière de la pièce comique :

le Gai Mariage, Gérard Bitton, Michel Munz/José Paul, Agnès Boury, Théâtre des Nouveautés

le Prénom, Matthieu Delaporte, Alexandre de la Patellière/Bernard Murat, Théâtre Édouard-VII

le Technicien, Éric Assous/Jean-Luc Moreau, Théâtre du Palais-Royal

Thé à la menthe ou t’es citron ?, Danielle Navarro-Haudecœur, Patrick Haudecœur, Théâtre Fontaine

 

Molière du théâtre musical :

Mamma mia !, Catherine Johnson/Phyllida Lloyd, Théâtre Mogador

Mike, Gabi Inbar/Thomas le Douarec, Théâtre Comédia

la Nuit d’Elliot Fall, Vincent Daenen/Jean-Luc Revol, Théâtre du Caramel-Fou

Une flûte enchantée, Mozart/Peter Brook, C.I.C.T./Bouffes du Nord

 

Molière du comédien :

Niels Arestrup, Diplomatie

Jean-François Balmer, Henri IV

Jean-Claude Dreyfus, le Mardi à Monoprix

André Dussollier, Diplomatie

Christian Hecq, Un fil à la patte

Micha Lescot, les Chaises

 

Molière de la comédienne :

Valeria Bruni-Tedeschi, Rêve d’automne

Julie Depardieu, Nono

Catherine Hiegel, la Mère

Maaïke Jansen, le Technicien

Dominique Reymond, les Chaises

Hélène Vincent, la Célestine 

 

Molière du comédien dans un second rôle :

Maxime d’Aboville, Henri IV

Jean-Michel Dupuis, le Prénom

Guillaume Gallienne, Un fil à la patte

Thierry Hancisse, Un fil à la patte

Guillaume de Tonquédec, le Prénom

Bernard Verley, Rêve d’automne

 

Molière de la comédienne dans un second rôle :

Valérie Benguigui, le Prénom

Brigitte Catillon, Nono

Dominique Constanza, Un fil à la patte

Nanou Garcia, Aller chercher demain

Christiane Millet, Funérailles d’hiver

Bulle Ogier, Rêve d’automne

 

Molière de l’auteur francophone vivant :

Denise Chalem, Aller chercher demain

Daniel Colas, Henri IV

Emmanuel Darley, le Mardi à Monoprix

Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière, le Prénom

Valère Novarina, le Vrai Sang

Joël Pommerat, Ma chambre froide

 

Molière du metteur en scène :

Philippe Adrien, le Dindon

Patrice Chéreau, Rêve d’automne

Marcial Di Fonzo Bo, la Mère

Bernard Murat, le Prénom

Joël Pommerat, Ma chambre froide

Julien Sibre, le Repas des fauves

 

Molière du jeune talent féminin :

Aurore Auteuil, le Vieux Juif Blonde

Anaïs Demoustier, le Problème

Audrey Lamy, Dernières avant Vegas

Georgia Scalliet, les Trois Sœurs

 

Molière du jeune talent masculin :

Grégory Benchenafi, Mike

Laurent Cazanave, Brume de Dieu

Benjamin Jungers, la Maladie de la famille M.

Guillaume Marquet, le Dindon

Davy Sardou, le Nombril

 

Molière de l’adaptateur/traducteur :

Florence Delay, la Célestine

Alain Ganas, le Mec de la tombe d’à côté

Dominique Hollier, Harper Regan

Julien Sibre, le Repas des fauves

 

Molière du décorateur/scénographe :

Camille Duchemin, le Repas des fauves

Bernard Fau, Nono

Jean Haas, le Dindon

Richard Peduzzi, Rêve d’automne

 

Molière du créateur de costumes :

David Belugou, Nono

Vanessa Sannino, Un fil à la patte

Françoise Tournafond, les Oiseaux

Jean-Daniel Vuillermoz, Henri IV

 

Molière du créateur lumière :

Dominique Bruguière, Rêve d’automne

Fabrice Kebour, Pluie d’enfer

Pascal Noël, Mike

Éric Soyer et Jean-Gabriel Valot, Ma chambre froide

 

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 21:23

La capoeira : symbole de liberté

 

La capoeira est née à la fin du xviiie siècle. Les esclaves noirs amenés au Brésil par les colons portugais n’avaient pas le droit de posséder des armes. Ils pratiquèrent alors un art du combat basé sur l’observation des animaux et le dissimulèrent sous des apparences de danse. Leur devise était Vivons cachés pour vivre forts et libres, et les maîtres regardant leur esclaves sauter et bondir, ne voyaient là que des danses. Avec l’abolition de l’esclavage en 1888, la répression contre la culture afro-brésilienne et plus particulièrement contre la capoeira devint de plus en plus dure. Ce n’est qu’en 1932, sous le gouvernement de Getúlio Vargas, que la pratique de la capoeira fut à nouveau autorisée et déclarée « sport national ».

 

capoeira2-615 stephane-garcia

© Stéphane Garcia

 

La capoeira est un sport de combat violent et efficace, avec ses règles précises et ses rituels. Il existe deux écoles. La capoeira angola, de culture africaine, très terrienne, avec beaucoup de pliés et des mouvements au ras du sol. C’est une capoeira plus traditionnelle que la capoeira régionale que l’on pratique dans l’État de Bahia, qui est plus spectaculaire et plus chorégraphiée. À Porto Seguro, Trancoso, Arraial d’Ajuda ou Salvador de Bahia, il faut épater le touriste et aussi bien sûr séduire les filles.

 

Trancoso, 10 heures du matin, plage des Coqueiros. La végétation luxuriante de la jungle tropicale pousse jusqu’à la limite de la plage. Le sable est blanc à l’infini. L’océan est calme, la mer tiède. Il fait déjà chaud. Un jeune Brésilien à la démarche élastique pose un petit sac à dos sur le sable. La casquette vissée sur la tête, un maillot de bain rouge à fleurs, il va sauter, courir, bondir pendant une heure. Il a un corps magnifique, élancé et musclé. Ses mouvements déliés sont une succession de tours et de sauts, tantôt lents, tantôt rapides. Course en avant, course en arrière, avec une souplesse de chat, il va et vient sur la plage, à la limite de l’eau, là où le sable est humide. Le soleil commence à brûler, la sueur rend son corps luisant.

 

« Ici à Trancoso, on pratique la capoeira sul da Bahia. Il y a aussi des écoles à Arraial d’Ajuda, Porto Seguro et, bien sûr, à Salvador de Bahia. C’est la bonne capoeira, car il y a la mauvaise, non pas à cause de l’enseignement des maîtres, mais « à cause des bandes qui la pratiquent ». Régis, c’est son nom, s’entraîne toujours sur la plage lorsqu’il est à Trancoso. Mais quelquefois il va travailler comme serveur ou barman dans un autre village, une autre ville, alors la capoeira lui manque. « Le fait de pratiquer me donne une ouverture dans mon corps et dans ma tête. » Dimanche, avec son groupe, ils vont aller danser pour un baptême. Il m’apprend le salut des capoeiristes. De jeunes cavaliers passent au galop sur la plage, ils montent sans selle et pieds nus. « Oi Régis, até logo. » (« Salut, Régis, à bientôt. »).

 

capoeira1-615 stephane-garcia

© Stéphane Garcia

 

Trancoso, 20 heures, casa da Cultura. Me Diney, la trentaine, pas très grand, pantalon de toile blanche et torse nu, commence l’entraînement. Ils sont une vingtaine, des jeunes adultes, quelques adolescents et trois ou quatre jeunes filles. Il y a là toutes les couleurs de peau, une déclinaison du noir ébène au blanc. Un cercle est dessiné au sol avec l’inscription du nom du club, Capoeira sul da Bahia. Aux murs, deux devises, A calma é a virtude dos fortes (« Le calme est la vertu des forts »), et Si quieres ser mestre, aprenda a ser discipulo (« Si tu veux devenir maître, apprends à être disciple »). Une demi-heure d’échauffement intense avec de longues séries de pompes et d’abdos, pas le temps de souffler : c’est l’apprentissage de l’endurance, de la volonté et aussi d’une discipline. Cela donne aux mômes des favelas livrés à eux-mêmes et déscolarisés une hygiène de vie, un équilibre, des repères et une morale. On leur apprend à ne pas voler et on leur inculque le respect des autres.

 

Puis les musiciens se mettent en place. Ce jour-là, ils sont cinq : un atabaque, tambour conique en bois recouvert d’une peau de chèvre ou de veau, un pandeiro, petit tambourin recouvert d’une peau très fine, et trois berimbaus, arcs composés d’un fil métallique tendu sur un bâton de bois et d’une petite calebasse en noix de coco qui sert de caisse de résonance. Les participants se mettent en cercle et martèlent le rythme de plus en plus rapide de la musique. Les combats commencent deux par deux. Le maître désignent les protagonistes, et participe lui-même à ces corps à corps. Ces affrontements sont très spectaculaires et très chorégraphiés. La dernière partie du cours est consacrée aux performances et prouesses en tout genre. Sauts doubles ou triples, en hauteur, à l’horizontale, c’est très impressionnant et extrêmement périlleux. Seuls quelques élus sont choisis par le maître pour ces exhibitions. Le groupe martèle la cadence et psalmodie des chants, les corps ruissellent de sueur : on pourrait se croire dans une cérémonie de transe. L’ambiance est très joyeuse, et il s’en dégage une énergie extraordinaire. Le cours fini, on applaudit le maître, et chacun s’empresse de rentrer chez lui sous une pluie tropicale diluvienne. Prochain entraînement le lendemain à 19 heures sur la plage.

 

Aujourd’hui, la capoeira a une fédération et ses championnats. C’est aussi le porte-drapeau de la culture noire. 

 

De notre envoyée spéciale au Brésil

Marie Tikova

Les Trois Coups

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Capoeira sul da Bahia

Crédit photos : Stéphane Garcia

Merci à Régis et Me Diney

Casa da Cultura • Trancoso • Bahia • Brasil

dineycapoeira@hotmail.com

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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 12:59

24e édition des molières

 

Voici le palmarès de la cérémonie qui s’est déroulée dimanche 25 avril 2010 à la Maison des arts de Créteil (Val-de-Marne)

 

Théâtre public

Les Naufragés du Fol Espoir, Ariane Mnouchkine, Théâtre du Soleil

 

Théâtre privé

L’Habilleur, Laurent Terzieff, Théâtre Rive-Gauche

 

Compagnie

Cercles/Fictions de Joël Pommerat, Compagnie Louis-Brouillard

 

Pièce comique

Les 39 Marches, Éric Métayer, Théâtre La Bruyère

 

Théâtre musical

Les Douze Pianos d’Hercule, Jean-Paul Farré, Compagnie des Claviers

 

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Laurent Terzieff dans « l’Habilleur »

© Christian Dumont

 

Comédien

Laurent Terzieff dans l’Habilleur et Philoctète

 

Comédienne

Dominique Blanc dans la Douleur

 

Comédien dans un second rôle

Henri Courseaux dans la Nuit des rois

 

Comédienne dans un second rôle

Claire Nadeau dans la Serva amorosa

 

Révélation théâtrale féminine

Alice Belaïdi dans Confidences à Allah

 

alice-belaidi-moliere manuel pascual

Alice Belaïdi dans « Confidences à Allah »

© Manuel Pascual 

 

Révélation théâtrale masculine

Guillaume Gallienne dans les Garçons et Guillaume, à table !

 

Metteur en scène

Alain Françon pour la Cerisaie

 

Auteur francophone vivant

Éric Assous pour l’Illusion conjugale

 

Adaptateur

Gérard Sibleyras pour les 39 Marches

 

Créateur costumes

Nathalie Thomas, Marie-Hélène Bouvet et Annie Tran pour les Naufragés du Fol Espoir

 

Créateur lumière

Gaëlle de Malglaive pour la Nuit des rois

 

Décorateur-scénographe

Catherine Bluwal pour la Serva amorosa

 

Jeune public

Oh boy, mise en scène d’Olivier Letellier, Théâtre du Phare

 

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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 16:12

Bourses de traduction

 

Depuis 1999, le bureau du Théâtre et de la Danse de l’ambassade de France à Berlin, le Goethe-Institut de Lyon, Beaumarchais-Paris et la DVA-Stiftung (Fondation DVA) de Stuttgart s’associent pour attribuer des bourses pour la traduction de pièces contemporaines allemandes et françaises. Ce programme de bourses franco-allemandes contribue concrètement à faciliter les projets de mise en scène et d’édition dans les deux pays.

 

Theater-Transfer (TT)-Transfert théâtral décerne en moyenne chaque année quatre bourses pour la traduction de pièces allemandes et françaises dans l’autre langue. Ces pièces sont l’œuvre d’auteurs significatifs pour le théâtre contemporain de leur pays. Le montant est compris entre 1 000 € et 2 500 €, selon la longueur et le degré de difficulté du texte.

 

Les candidatures doivent être envoyées avant le 31 mars de chaque année à l’adresse suivante :

– Pour les pièces de langue française traduites en allemand :

Bureau du Théâtre et de la Danse-Transfert théâtral

Kurfürstendamm 211

D-10719 Berlin

btd@kultur-frankreich.de

– Pour les pièces de langue allemande traduites en français :

Goethe Institut Lyon-Theater-Transfer

18, rue François-Dauphin

F-69002 Lyon

info@lyon.goethe.org

 

Les bourses sont décernées par un jury franco-allemand de professionnels du milieu théâtral qui se réunit durant l’été. La qualité de la traduction est un critère déterminant de sélection.

 

Vous trouverez ici la brochure détaillant les modalités de ces bourses. Pour plus d’informations sur Transfert théâtral, vous pouvez consulter : http://www.goethe.de/ins/fr/lyo/prj/the/frindex.htm.

Theater-Transfer y est répertorié sous la rubrique Scène franco-allemande.

 

Nous vous serions reconnaissants de bien vouloir diffuser cette information sur votre support.

Avec nos remerciements et nos plus cordiales salutations.

 

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Goethe-Institut • 18, rue François-Dauphin • 69002 Lyon

04 72 77 08 85

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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 23:39

Théâtre privé / théâtre public


Par Léna Martinelli

Les Trois Coups.com


La muraille de Chine qui séparait théâtre privé et théâtre public est de moins en moins infranchissable. Les passerelles entre les deux secteurs se multiplient, des artistes vont de l’un à l’autre avec plus de facilité. Des spécificités demeurent néanmoins. On ne dirige pas une entreprise privée comme un établissement public. Les spectateurs ne vont pas voir les mêmes spectacles. D’ailleurs s’agit-il du même public ? Et vous, faites-vous bien la différence ?

colline elisabeth-carecchio

Théâtre national de la Colline | © Élisabeth Carecchio

Comment définir théâtre privé et théâtre public ? A priori, rien de commun entre des entrepreneurs soumis à la loi de l’offre et la demande et des artistes soutenus financièrement par l’État au titre de leurs activités d’intérêt général. Outre la mission générale de mettre en valeur le spectacle vivant, en présentant au public le plus large choix d’œuvres, chaque établissement public doit respecter un cahier des charges spécifique. Ainsi, la Comédie-Française a pour mission de faire exister une troupe de comédiens ; la Colline, de diffuser le répertoire contemporain ; l’Odéon, de défendre le théâtre européen ; le Théâtre national de Strasbourg, de gérer une école supérieure d’art dramatique ; Chaillot, de promouvoir la danse. Les centres dramatiques nationaux, les scènes nationales, les théâtres de ville sont également tous dotés de moyens financiers pour soutenir des artistes émergents, des professionnels implantés sur leur territoire, pour agir en matière d’éducation artistique, de formation.

Des comptes à rendre aux tutelles

Leurs activités dépassent donc le simple cadre artistique. Bien que libres dans leurs choix de programmation, les directeurs ont des comptes à rendre aux tutelles (ministère de la Culture et collectivités territoriales), en termes de quotas d’œuvres issues du répertoire classique ou contemporain, françaises ou étrangères, de chiffres liés à la fréquentation, d’actions culturelles proposées.

georges-terreyAucune obligation de ce type, en revanche, pour les théâtres privés. Mais ces derniers payent parfois cher leur indépendance. Il leur faut plaire, sans quoi ils ferment « la boutique » ! Or, le public, dans sa majorité, préfère se divertir. Le client n’est pas forcément roi, mais les impératifs économiques du privé incitent des directeurs à adopter une démarche marketing pour que leurs spectacles trouvent le succès. Heureusement, il existe des subventions indirectes via la mairie de Paris (car sur les 49 théâtres privés, seuls 2 sont en province) et un compte de soutien qui intervient pour limiter les pertes financières. Cette soupape atténue la perversité du système marchand, surtout que le spectacle vivant ne peut être rentable – par nature –, car aucune économie d’échelle n’est possible, comme pour les industries culturelles par exemple. Georges Terrey, président du S.N.D.T. (Syndicat des directeurs et tourneurs privés) insiste bien sur cette difficulté : « Le secteur subit des coûts croissants pour des gains de productivité quasi nuls ».

Le théâtre privé soumis à l’obligation de succès

Le mode de production conditionne donc inévitablement l’esthétique. Il est aisé de comprendre que les one-man-show, les comédies musicales, les têtes d’affiche, les auteurs consensuels détrônent les spectacles aux distributions coûteuses, les œuvres d’artistes émergents, les thématiques pour spectateurs avertis. Les programmateurs doivent évidemment limiter les risques. Comme le public, du reste ! Georges Terrey explique les incidences de la crise sur la fréquentation et la création : « Dans un contexte d’incertitude et de morosité ambiante, les spectateurs font des choix drastiques. La présence de telle ou telle vedette qu’ils aiment, la nouvelle pièce d’un auteur à la notoriété établie qu’ils apprécient, la reprise d’une pièce de répertoire qu’ils connaissent… Autant de comportements qui n’obéissent pas à la simple curiosité. Cela est évidemment inquiétant pour l’évolution du secteur dans son ensemble. Il faudra attendre la sortie de crise pour que le public accepte de nouveau de pouvoir prendre le risque de se tromper ou d’être déçu. En même temps, l’analyse n’est pas si facile. La rencontre du public et d’une pièce est une alchimie irréductible à une seule équation. Cela se saurait ! Comment expliquer tel ou tel échec par la seule crise économique […] quand triomphent certains spectacles ? Souvent les plus chers ! ».

cage-aux-folles

« la Cage aux folles » 

Georges Terrey pointe là un paradoxe de taille. En effet, malgré des tarifs prohibitifs, ces grosses productions, type le Roi lion  (1), toujours à l’affiche après 1 million de spectateurs (voir la critique de Bianca Guitton), ou la Cage aux folles (2), la pièce culte de Jean Poiret qui triomphe depuis septembre, ratissent large, y compris auprès des classes populaires. Le strass, bon moyen pour oublier le stress ? Les paillettes, recette infaillible qui en met plein la vue ? Ces succès s’expliquent surtout par l’efficacité d’une communication de masse avec retour sur investissement quasi assuré.

C’est pourquoi le succès en demi-teinte de spectacles plus modestes est ô combien plus méritant. Avec Hiver de Jon Fosse, la directrice de l’Atelier, Laura Pels, a fait, cet automne, un pari courageux, même avec la sublime Nathalie Baye bien visible sur l’affiche. Alain Sachs a également tenté le tout pour le tout en ne dirigeant que de jeunes acteurs-chanteurs presque inconnus dans la Vie parisienne (3), sans quoi le coût faramineux de la production n’aurait pu voir le jour. Ces exemples prouvent que l’audace ne manque pas.

Léna Martinelli

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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 11:26

Mélange des genres


Par Léna Martinelli

Les Trois Coups.com


Si les vedettes s’affichent presque autant au privé qu’au public, si Shakespeare s’invite aussi bien à Marigny qu’à la Comédie-Française, les propositions artistiques diffèrent malgré tout. Et c’est sans doute dans la nature des disciplines convoquées sur scène que les spécificités s’affirment le plus franchement. Musique, arts du cirque, arts visuels, comment les genres se mêlent-ils donc ?

spamalotLe spectacle n’échappe pas à la mondialisation. De plus en plus de productions voyagent effectivement de par le monde. L’Odéon-Théâtre de l’Europe est même missionné pour coproduire des spectacles étrangers. Cela n’empêche d’ailleurs pas la Colline d’accueillir Marius von Mayenburg (1) ! Ni le Théâtre 71 de soutenir le canadien Wajdi Mouawad (2) depuis près de vingt ans. L’ouverture sur le monde et la libre circulation des spectacles sont évidemment d’excellentes choses. Les artistes étrangers ne revitalisent-ils pas notre création nationale depuis plusieurs décennies ? En revanche, viser à toucher un si vaste public amène certains artistes à calibrer des spectacles qui se transforment alors en produits culturels.

Espérons que cela ne sera pas le cas de Sacré Graal (3), adaptation du film culte des Monty Python. Récompensé « Best musical » en 2005 aux Tony Awards, joué sur scène pour la première fois en France, il devrait faire un tabac. Très drôle, mais pas assimilable au genre très prisé des comédies musicales, Corps à cordes (4) devrait également rester longtemps à l’affiche, le Quatuor étant une incontournable référence en matière d’humour musical. Plus modeste encore, mais ô combien plus touchant, Abraham (5) tranche aussi avec ces superproductions. Tout en chansons, tout en retenue, Michel Jonasz, seul en scène, rend un vibrant hommage à son grand-père, juif polonais mort en déportation (voir la critique de Victorien Robert). Dehors peste le chiffre noir (6) n’a rien à voir non plus avec le grand show à l’américaine (voir la critique de Sarah Elghazi). Normal, nous nous éloignons des grandes salles privées qui doivent absolument plaire, à moins de mettre la clé sous la porte ! Au Théâtre du Rond-Point, donc, trois musiciens et comédiens y composent une chorale de chœurs économiques qui donne à ce réquisitoire une vibrante polyphonie de mots, de sons et de gestes. Ce témoignage capital sur la crise effectué à partir de témoignages recueillis par l’auteur auprès de tous les protagonistes du surendettement (victimes et créanciers) est drôle et désespéré tout à la fois.

Spectacle total

Des scènes privées aux scènes publiques, le propos gagne donc en densité et en portée. Malgré le poids des mots et une certaine exigence, la légèreté est de mise. Avec ou sans pas de deux ! À la musique et à la danse, les artistes du secteur subventionné se plaisent à ajouter les arts du cirque. À ce titre, la Volière Dromesko (7) revient faire tourner son manège au Monfort. Avec musique tzigane et animaux, leur merveilleuse baraque de fortune fait immanquablement advenir le rêve forain. Bel acte de résistance poétique avec Arrêtez le monde, je voudrais descendre. Plutôt que l’humain, Johann Le Guillerm (8), artiste associé du parc de la Villette depuis 2001, continue d’explorer la relation de l’artiste à la matière. Performance, installation, parcours constituent les dernières étapes d’un ambitieux programme. Au cœur d’un laboratoire vivant, les équilibres instables s’agencent et les turbulences se domptent. Seul en piste, ce « phénomène de cirque minéral et végétal » pratique un art brut à l’attraction sidérante, entre puissance et fragilité. Équilibre précaire, cette fois-ci pour Camille Boitel et ses comparses (9), au Théâtre de la Cité-Internationale. Détournant l’art du clown et de la manipulation d’objets, la traversée de la vie que ces joyeux lurons nous proposent aide à mieux lutter contre la pesanteur des choses (voir la critique d’Ingrid Gasparini).

contes-de-grimmGestuel, ce spectacle emprunte beaucoup au visuel. Avec des moyens moins artisanaux – en l’occurrence la vidéo –, la talentueuse Julie Bérès dévoile, Sous les visages  (10), les cauchemars et les rêves d’une femme brusquement rejetée dans la marginalité, sans plus de travail, donc sans plus d’identité. Des images troubles, aussi, on en aura avec Voyageurs immobiles  (11), spectacle éblouissant de Philippe Genty, toujours très inspiré parce qu’à l’écoute de son inconscient. Là encore, le spectacle est total : marionnettes, danse, théâtre, vidéo, musique. Et attention ! Il ne s’agit pas d’une reprise, mais d’une recréation. Si, dans le secteur privé, on prolonge ou l’on programme des reprises de façon à permettre à des spectacles d’aller jusqu’au bout de leur succès, dans le secteur subventionné, on se donne les moyens de sans cesse réinventer. Justement, parce qu’on est payé pour cela.

En matière de récréation, les spectacles « tout public » fournissent évidemment matière à se divertir. Rassembler les générations autour des mythes et récits fondateurs permet aussi de se construire. Les contes sont autant de voyages initiatiques autour du rêve, qu’il est fortement recommandé de partager en famille. Écla Théâtre, qui existe depuis vingt-deux ans, l’a bien compris. Avec une dizaine de productions par an réunissant près de 300 000 spectateurs par saison, cette compagnie est d’ailleurs une des plus importantes dans son genre. Question répertoire, ses adaptations de contes valent particulièrement le détour, comme celle qui revisite les passages clés des frères Grimm et Andersen, les plus grands maîtres du genre.

Stimuler l’intelligence et la sensibilité du jeune spectateur en devenir, assumer une vocation éducative, ne sont-ce pas des missions qui relèvent du service public ? Et pourtant, cela se passe au Théâtre de la Porte-Saint-Martin, dans le temple du privé. Nouvelle preuve, s’il en faut, que tout est possible, ici et là, aujourd’hui comme demain ! Le mélange des genres, comme celui des gens. 

Léna Martinelli


(1) La Pierre, de Marius von Mayenburg

Mise en scène : Bernard Sobel

Théâtre national de la Colline • 01 44 62 52 52

www.colline.fr

Du 22 janvier au 17 février 2010

Théâtre du Nord • 03 20 14 24 24

www.theatredunord.fr

Du 23 février au 5 mars 2010

(2) Littoral, de et par Wajdi Mouawad

Théâtre 71, scène nationale • 01 55 48 91 00

www.theatre71.com

Du 20 janvier au 21 février 2010

(3) Monty Python’s Spamalot, de Eric Idle

Mise en scène : Pierre-François Martin-Laval

Théâtre Comedia • 01 42 38 22 22

www.theatrecomedia.com

À partir du 5 février 2010

(4) Corps à cordes, du Quatuor

Mise en scène : Alain Sachs

Théâtre des Variétés • 01 42 33 09 92

www.theatredesvarietes.fr

Prolongations du 15 janvier au 7 mars 2010

(5) Abraham, de et par Michel Jonasz

Théâtre de la Gaîté-Montparnasse • 01 43 22 16 18

www.gaite.com

Reprise du 11 janvier au 29 mars 2010

(6) Dehors peste le chiffre noir, de Kathrin Röggla

Mise en scène : Eva Vallejo et Bruno Soulier

Théâtre du Rond-Point • 01 44 95 98 21

www.theatredurondpoint.fr

Du 20 janvier au 21 février 2010

(7) Arrêtez le monde, je voudrais descendre, du Théâtre Dromesko

Mise en scène : Igor et Lily

Le Monfort • 01 56 08 33 88

www.lemonfort.fr

Du 2 février au 6 mars 2010

(8) Secret, de Johann Le Guillerm

Grande Halle de la Villette • espace Chapiteaux • 01 40 03 75 75

www.villette.com

Du 6 mars au 10 avril 2010

(9) L’Immédiat, de Camille Boitel

Théâtre de la Cité-Internationale • 01 43 13 50 50

www.theatredelacite.com

Du 21 janvier au 20 février 2010

(10) Sous les visages, de Julie Bérès, Elsa Dourdet, Nicolas Richard, David Wahl

Mise en scène : Julie Bérès

Théâtre des Abbesses • 01 42 74 22 77

www.theatredelaville.com

Du 25 mai au 5 juin 2010

(11) Voyageurs immobiles, de et par Philippe Genty et Mary Underwood

Théâtre du Rond-Point • 01 44 95 98 21

www.theatredurondpoint.fr

Du 27 mai au 27 juin 2010

(12) Contes, d’Andersen et Grimm

Mise en scène : Quentin Defalt

Théâtre de la Porte-Saint-Martin • 01 42 08 00 32

www.portestmartin.com

Depuis le 21 décembre 2009. Jusqu’au 26 février 2010

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 14:23

Les auteurs contemporains font la nique aux classiques


Par Léna Martinelli

Les Trois Coups.com


Du théâtre privé au théâtre subventionné, le répertoire s’enrichit d’œuvres à découvrir, surtout que les auteurs contemporains revitalisent un art trop longtemps crispé sur ses classiques. Variations légères autour du thème intarissable de l’amour, poèmes inspirés, textes engagés, pièces intimistes ou chorales, il y en a pour tous les goûts, sans chichis ni sectarisme. Le théâtre porte haut le verbe tant que les metteurs en scène en proposent une interprétation personnelle et assumée, tant que les comédiens incarnent les personnages de ces pièces avec leurs tripes. Quelle que soit la forme et la visée du projet artistique.

je-laimaisComme les comédiens, les auteurs vedettes séduisent aussi les directeurs de lieux. L’Atelier a porté son choix sur l’excellente Anna Gavalda et son best-seller Je l’aimais (1). La mise en scène est assurée par Patrice Leconte, qui ne quitte décidément plus les planches. La distribution est à la hauteur de cette histoire d’amour, dont Gérard Darmon et Irène Jacob tentent de recoller les morceaux éparpillés. « Les histoires finissent toujours mal… en général », n’est-ce pas ! Alors pour ne pas déprimer trop, on peut préférer les rencontres amoureuses, plutôt que les ruptures. Nicolas Bedos a écrit une comédie romantique originale : avec Promenade de santé (2), une histoire d’amour entre deux patients d’une clinique psychiatrique, on est toujours dans la névrose, mais on se demande, avec beaucoup de légèreté, jusqu’à quel point protéger l’autre de ses propres sentiments. Anaïs Nin et Henry Miller (3) n’ont pas vraiment envisagé leur relation sous cet angle ! Pour partager encore un peu leur passion, le Théâtre Marigny reprend ce succès public à partir de mai (voir la critique de Sylvie Beurtheret).

Ah ! L’amour…

Les spectacles du théâtre privé ne se résument pas aux seules pièces de boulevard. Certes, le Théâtre Saint-Georges, le Théâtre Rive-Gauche ou le Palais royal continuent d’exceller dans ce registre, avec les classiques du genre (Guitry, Feydeau) ou des auteurs vivants qui ont su se mettre au goût du jour. Ray Cooney, Gérald Sibleyras, Éric Assous, ou Françoise Dorin nous livrent des réflexions amusées sur la vie conjugale, ses aléas et ses corollaires, sans aucune prétention, bien sûr. Mais sur le thème du triangle amoureux, on peut trouver une infinité d’approches. Ainsi, celle quasi philosophique de David et Edward  (4) fait se rencontrer deux hommes sur la tombe d’une défunte. Or, ceux-ci découvrent qu’ils ont partagé l’amour de la même personne depuis cinquante ans. La confrontation au sommet de ces deux grands acteurs, que sont Michel Duchaussoy et Michel Aumont, promet d’être réjouissante, car le rire le dispute sans cesse à l’émotion (voir la critique de Vincent Morch). Avec des liens plus ténus, Voyage pour Hénoch (5) raconte une histoire pas très éloignée de celle-ci, celle de deux frères que tout oppose et que l’amour rapproche. Deux frères unis par une femme mystérieuse et sublime. En route pour une ville imaginaire, ils vivent leurs rêves d’enfance, des rêves d’Amérique brisés par le destin. Encore une réflexion sur l’écart parfois important entre l’existence dont on rêve et celle qu’on vit finalement.

fievreDes engagements autres

On peut parfois craindre du sentiment à revendre avec des thèmes « cuculs la praline » (les difficultés du couple, les conflits familiaux, le temps qui passe, le mal de vivre, la solitude). Il n’empêche : cela fait aussi du bien, de temps en temps, ces belles émotions partagées ! Jean-Claude Grumberg, lauréat du molière 2009 auteur francophone vivant, fait partie des contemporains davantage préoccupés par l’histoire avec un grand H. Il sait mêler récit intime à des faits qui ont marqué notre siècle. Dans les Autres (6), au-delà des tribulations d’un couple de Français moyens, il évoque un thème universel, la confrontation aux autres et notre inscription au sein de la société, à une période transitoire importante, 1967. Avec Fièvre (7), il y a aussi de la révolution dans l’air (voir la critique d’Emmanuel Arnault) ! Le Capital de Karl Marx tombe entre les mains d’une femme riche. Partie en voyage, cette Candide se heurte à l’éternel paradoxe : ceux qui ont tout-ceux qui n’ont rien. Elle s’émeut, pose des questions. Cette fièvre qui la gagne témoigne-t-elle d’un retour en grâce du communisme ?!

Plus enclin à la démocratie participative, Robert Hossein (8) monte sur scène pour présenter un spectacle interactif comme il les aime. Il se penche sur le procès de Seznec, condamné au bagne à perpétuité. Il tente de s’approcher au plus près de la vérité, avec force reconstitutions, non pour le réhabiliter, ni pour remettre en cause le travail de la justice. Il espère que le spectateur pourra ainsi forger sa propre opinion en son âme et conscience : « C’est à vous de me juger, vous serez tous les jurés ! ». Avis aux citoyens !

Du drame en perspective, donc, mais divertissant. Évidemment, rien de comparable avec la Monnaie de la pièce  (9), « une comédie sonnante et trébuchante » proposée au Théâtre Michel. Parce que, parfois, il vaut mieux en rire… Le secteur privé, de crainte que le public ne soit effrayé, privilégie les variations populaires, dans des tonalités nostalgiques, tendres, morales ou plaisantes, aux pièces trop exigeantes. Les sujets graves, les théâtres subventionnés ne répugnent pas à les traiter. Au contraire. Des comédies classiques sont même régulièrement débarrassées de leurs scories divertissantes pour une soirée « prise de tête » à faire fuir tous les khâgneux ! Ce qui amène certains à cataloguer le théâtre public d’« intello ».

Des classiques, encore et toujours

D’ailleurs, Molière est aujourd’hui moins mis en scène que durant les années passées. Aux Abesses, c’est Bérangère Jannelle qui s’y colle avec un texte plus rarement monté (voir la critique de Maud Sérusclat) : Amphitryon  (10). Auteur classique également incontournable des programmes scolaires, Marivaux suscite un regain d’intérêt auprès des metteurs en scène : Lambert Wilson présente la Fausse Suivante  (11) et Didier Bezace les Fausses Confidences (12), avec une excellente distribution (Pierre Arditi, Anouk Grinberg, Robert Plagnol, Isabelle Sadoyan, Marie Vialle). Ibsen, très à la mode, remonte allègrement dans le « top ten » des auteurs classiques. Cette saison, on pourra comparer plusieurs versions d’Une maison de poupée : à l’Odéon (voir « Les comédiens en vedette »), à Nanterre-Amandiers (13) et à l’Athénée (14), après la Colline (par Stéphane Braunschweig, voir la critique de Maja Saraczyńska). Après le cycle Tchekhov et la réhabilitation de Feydeau, partons donc à découverte du répertoire norvégien.

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« le Roi Lear » | © Marc Ginot 

Mais, de tous, c’est Shakespeare qui rafle la mise, auteur auquel tout metteur en scène de renom doit se confronter au moins une fois. L’Anglais Declan Donnellan, lui, n’en est pas à son coup d’essai. Il arrive en février avec sa nouvelle création : Macbeth  (15). Quant à Jean-Claude Fall, il joue double avec le Roi Lear [voir la critique de Marie-Christine Harant] et Richard III [voir la critique de Marie-Christine Harant] (16), présentés en alternance. Plus que des exercices de style, ces propositions continuent d’explorer ce vaste continent pour révéler de nouveaux aspects à ces chefs-d’œuvre à la portée universelle. Cela nous rappelle l’importance du point de vue dramaturgique. En effet, sans lecture sensée du texte, aucune pièce – qu’elle parle d’hier ou d’aujourd’hui – n’est susceptible de résonner longtemps en nous.

Trouver des échos inédits, les metteurs en scène du théâtre privé s’y attellent aussi. À moins qu’ils ne souhaitent seulement actualiser des pièces susceptibles de ratisser large. Si William risque d’être un peu malmené dans une Mégère à peu près apprivoisée  (17), une adaptation annoncée d’emblée comme « déjanto-kitsch », il devrait être mis à l’honneur au Théâtre Marigny qui accueillera, dans le cadre d’une tournée mondiale, Sam Mendes et sa compagnie (18), déjà venus en France avec Cabaret. Outre Jean Anouilh, Sacha Guitry, Feydeau – les grands classiques du privé –, on trouve donc de jolies surprises : Molière s’invite aussi aux Variétés. Avec sa première édition, le festival Coups de théâtre (19) inaugure un rendez-vous annuel avec des pièces du passé. Voilà de quoi réconcilier anciens et modernes ! Ibsen (voir « Les comédiens en vedette ») et Schnitzler (20) ne sont pas non plus en reste. De part et d’autre, les directeurs se sont-ils donnés le mot ?

naufrages-du-fol-espoirEt des auteurs contemporains en grande forme

Le secteur subventionné pioche dans le répertoire du secteur privé, et vice versa. Après Feydeau ou Ionesco, c’est au tour d’Albert Camus, dont on vient de célébrer le cinquantième anniversaire de sa mort, d’accéder aux planches de l’institution : Stanislas Nordey montera les Justes (21) à la Colline. Les mots de Marguerite Duras (22) résonneront de l’Artistic Athévains au Théâtre des Deux-Rives-centre dramatique régional de Haute-Normandie, tandis que ceux de Thomas Bernhard (23), jusque-là essentiellement servis au subventionné, seront incarnés magistralement par Serge Merlin au Théâtre de la Madeleine. Comme quoi le théâtre privé sait aussi prendre des risques ! Extinction est l’œuvre sans doute la plus politique de cet auteur qui a porté l’art de l’exagération à ses plus extrêmes confins. Espérons qu’il touchera là un nouveau public.

L’ouverture, Joël Pommerat, un des auteurs les plus passionnants du moment, y travaille aussi, en passant de ses dispositifs frontaux élaborés à de nouvelles perspectives. Avec Cercles, fictions  (24), il explore les lisières troubles du réel et de la fiction au cœur d’un espace circulaire. Belle idée que cette confidence offerte au public, installé d’étrange manière, dans un théâtre savamment peuplé de fantômes, celui – magique – des Bouffes du Nord. La vie, la mort, deux thèmes intarissables. Dans 399 secondes  (25), Fabrice Melchiot mène quatre jeunes gens à Shanghai où ils ont décidé de se donner la mort pendant une éclipse solaire. Au même moment, une jeune femme en poignarde une autre dans les rues de Berlin. Dans le monde des morts, deux jeunes défunts trouvent l’amour. À Oslo, deux frères tentent de voler le Cri de Munch pour l’offrir à leur sœur muette… Cette pièce (voir la critique de Maja Saraczyńska) sur les choix radicaux et les dérives de la jeunesse est aussi un hymne au désir et à la vie. Le vieil homme, l’adulte et l’enfant de Terre océane (26) nous transportent dans un autre espace-temps. Le talentueux auteur québéquois, Daniel Danis, puise dans la mémoire la force de vie nécessaire à ces adultes confrontés à la maladie de leur fils adoptif. Mais pour cet apprentissage de la paternité, de la vie, le temps est là aussi compté.

Plus ancré dans le quotidien, Pippo Delbono, de retour au Théâtre du Rond-Point, dénonce le double langage des hommes politiques et des médias. L’idée de la Menzogna (« le Mensonge », voir la critique de Lorène de Bonnay) (27) lui est venue de l’incendie, dans une usine, où sept ouvriers ont péri il y a quelques mois. Tout aussi engagé, Pascal Rambert propose un vaste projet qui réunit le philosophe Éric Méchoulan, quatre performeuses, trente participants aux ateliers d’écriture du Théâtre de Gennevilliers et seize choristes de l’École nationale de musique de la ville. Il y aura du monde sur le plateau pour cette microhistoire de l’économie (28). La troupe du Théâtre du Soleil élargit également son horizon. Les Naufragés du fol espoir (Aurores) (29) est la dernière création collective mi-écrite par Hélène Cixous, librement inspirée par un roman posthume de Jules Verne, mise en scène par Ariane Mnouchkine. Après plusieurs annonces d’embarquement (la création était initialement prévue en novembre 2009), l’évènement de cette rentrée commencera le 3 février. Une aventure passionnante à partager. 

Léna Martinelli


(1) Je l’aimais, d’après le roman d’Anna Gavalda

Mise en scène : Patrice Leconte

Théâtre de l’Atelier • 01 46 06 49 24

www.theatre-atelier.com

À partir du 22 janvier 2010

(2) Promenade de santé, de Nicolas Bedos

Mise en scène : Nicolas Bedos

La Pépinière Théâtre • 01 42 61 44 16

www.theatrelapepiniere.com

À partir du 9 février 2010

(3) Une passion, Anaïs Nin-Henry Miller, de et par Delphine de Malherbe

Théâtre Marigny • salle Popesco • 01 53 96 70 00

www.theatremarigny.fr

Reprise le 18 mai 2010

(4) Édouard et Edward, de Lionel Goldstein

Mise en scène : Marcel Bluwal

Théâtre de l’Œuvre • 01 44 53 88 88

À partir du 19 janvier 2010

(5) Voyage pour Henoch, de Hadrien Raccah

Mise en scène : Anne Bouvier

Espace Pierre-Cardin • 01 892 68 36 22

Depuis le 29 octobre 2009. Jusqu’au 20 février 2010

(6) Les Autres, de Jean-Claude Grumberg

Mise en scène : Daniel Colas

Théâtre des Mathurins • 01 42 65 90 00

www.theatremm.com

Reprise à partir du 12 janvier 2010

(7) Fièvre, de Wallace Shawn

Mise en scène : Lars Norén

Théâtre des Mathurins • 01 42 65 90 00

www.theatremm.com

À partir du 13 janvier 2010

(8) Seznec, un procès impitoyable, d’Olga Vincent et Éric Rognard

Mise en scène : Robert Hossein

Théâtre de Paris • 01 48 74 25 37

www.theatredeparis.com

À partir du 26 janvier 2010

(9) La Monnaie de la pièce, de Didier Caron et Roland Marchisio

Mise en scène : Didier Caron

Théâtre Michel • 01 42 65 35 02

www.theatre-michel.com

Du 26 janvier au 7 février 2010

(10) Amphitryon, de Molière

Mise en scène : Bérangère Jannelle

Théâtre des Abbesses • 01 42 74 22 77

www.theatredelaville.com

Du 27 janvier au 12 février 2010

(11) La Fausse Suivante, de Marivaux

Mise en scène : Lambert Wilson

Théâtre des Bouffes-du-Nord • 08 92 68 36 22

www.bouffesdunord.com

Du 6 avril au 15 mai 2010

(12) Les Fausses Confidences, de Marivaux

Mise en scène : Didier Bezace

Théâtre de la Commune d’Aubervilliers • 01 48 33 16 16

www.theatredelacommune.com

Du 27 février au 2 avril 2010

(13) Une maison de poupée, de Henrik Ibsen

Mise en scène : Jean-Louis Martinelli

Nanterre Amandiers • C.D.N. de Nanterre • 01 46 14 70 00

www.nanterre-amandiers.com

Du 10 mars au 17 avril 2010

(14) Une maison de poupée, de Henrik Ibsen

Mise en scène : Niels öhlund

Athénée - Théâtre Louis-Jouvet • 01 53 05 19 19

www.athenee-theatre.com

Du 6 au 22 mai 2010

(15) Macbeth, de Shakespeare

Mise en scène : Declan Donnelan

Les Gémeaux (scène nationale de Sceaux) • 01 46 61 36 67

www.lesgemeaux.com

Du 27 janvier au 12 février 2010

(16) Le Roi Lear, Richard III, de Shakespeare

Mise en scène : Jean-Claude Fall

Théâtre des Quartiers-d’Ivry • 01 43 90 49 49

www.theatre-quartiers-ivry.com

Du 4 au 31 janvier 2010

(17) La Mégère à peu près apprivoisée, d’à peu près Shakespeare

Mise en scène : Alexis Michalik

Splendid Saint-Martin • 01 42 08 21 93

www.lesplendid.com

À partir du 15 janvier 2010

(18) The Bridge Project 2010 (As You Like It et The Tempest), de Shakespeare

Mise en scène : Sam Mendes

Théâtre Marigny • 01 53 96 70 00

www.theatremarigny.fr

5 exceptionnelles du 14 au 17 avril 2010

6 exceptionnelles du 20 au 24 avril 2010

(19) Les Fourberies de Scapin, l’Avare, les Précieuses Ridicules, de Molière

Mise en scène : Jean-Christophe Daguerre et Christophe Glockner

Théâtre des Variétés • 01 42 33 09 92

www.theatredesvarietes.fr

Du 30 janvier au 8 mai 2010

(20) La Ronde, d’Arthur Schnitzler

Mise en scène : Marion Bierry

Théâtre de Poche • 01 45 48 92 97

Depuis le 15 décembre 2009

(21) Les Justes, d’Albert Camus

Mise en scène : Stanislas Nordey

Théâtre national de la Colline • 01 44 62 52 52

www.colline.fr

Du 19 mars au 23 avril 2010

(22) Le Théâtre de l’amante anglaise, de Marguerite Duras

Conception : Élizabeth Macocco et Ahmed Madani

Théâtre Artistic Athévains • 01 43 56 38 32

www.artistic-athevains.com

Du 15 mars au 17 avril 2010

(23) Auslöschung / Extinction, de Thomas Bernhard

Mise en scène : Blandine Masson et Alain Françon

Théâtre de la Madeleine • 01 42 65 07 09

www.theatremadeleine.com

À partir du 9 mars 2010

(24) Cercles, de et par Joël Pommerat

Théâtre des Bouffes-du-Nord • 08 92 68 36 22

www.bouffesdunord.com

Du 26 janvier au 6 mars 2010

(25) 399 secondes, de Fabrice Melchiot

Mise en scène : Stanislas Nordey

Théâtre Ouvert • 01 42 55 55 50

www.theatre-ouvert.net

Du 18 janvier au 6 février 2010

(26) Terre océane, de Daniel Danis

Mise en scène : Véronique Bellegarde

Théâtre des Abbesses • 01 42 74 22 77

www.theatredelaville.com

Du 30 mars au 10 avril 2010

(27) La Menzogna, de et par Pippo Delbono

Théâtre du Rond-Point • 01 44 95 98 21

www.theatredurondpoint.fr

Du 20 janvier au 6 février 2010

(28) Une (micro) histoire économique du monde, de et par Pascal Rambert

Collaboration artistique : Éric Méchoulan

Théâtre de Gennevilliers • 01 41 32 26 26

www.theatre2gennevilliers.com

Reprise du 9 au 20 février 2010

(29) Les Naufragés du fol espoir (Aurores), du Théâtre du Soleil

Mise en scène : Ariane Mnouchkine

Cartoucherie de Vincennes • 01 43 74 24 08

www.theatre-du-soleil.fr

À partir du 3 février 2010

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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 23:14

Les comédiens en vedette


Par Léna Martinelli

Les Trois Coups.com


Une pluie d’étoiles s’abat régulièrement sur les scènes du privé. Et pas qu’à Noël ! Il faut bien faire rêver, surtout quand les temps sont durs. Le secteur subventionné se laisse aussi tenter par les sirènes du succès. Ces partis pris coûtent cher aux producteurs, mais ils peuvent rapporter gros. Numéros de choc, performance exceptionnelle, confrontations au sommet, ces évènements offrent l’occasion d’apprécier des acteurs à la présence et à la sensibilité rares.

paquetLes stars du petit écran ont une telle cote auprès du public qu’ils prennent goût à la scène. De retour après le carton de son premier solo qui a réuni plus de 100 000 spectateurs, Arthur (1) est à la Gaîté. « Que du bonheur ! », comme se plaisent à dire ses acolytes. Les « one-man-show » se féminisent drôlement. Michèle Bernier (2) nous revient en grande forme, bien décidée à mettre une joyeuse claque au temps qui passe avec un spectacle sur la cinquantaine épanouie. Des rides, bof, mais du rire, oui ! Pour sûr, ce sera un spectacle qui inversera la tendance à l’érosion de la fréquentation !

Comme les one-man-show, le succès des spectacles « seul en scène » repose presque entièrement sur les épaules d’une seule et même personnalité. Malgré tout, espérons que Gérard Jugnot, en chair et en os dans le Paquet (3), n’en fera pas des tonnes. Surtout que le sujet s’y prête : un homme tire un énorme paquet auquel il semble tenir plus que tout. Est-ce le corps de sa femme qu’il aurait assassinée ? Les seuls biens qui lui restent ? Ses souvenirs ? « Entre rire et désespoir, voici venir le temps du grand déballage », nous indique le résumé. Ce sera en tout cas incomparable avec Jean-Marie Bigard qui, lui, « remet le paquet ». C’est la pub qui le dit ! Pour son grand retour à L’Olympia, ne nous en met-il pas plein la vue avec ces affiches dans le métro, où son désormais célèbre slip kangourou nous précise que son spectacle est vraiment vivant ?!

maison-de-poupee-afficheOne-man-show, seul en scène et monologue

Dans un style, disons plus léger et plus retenu, Jean-Louis Trintignant (4), proposera un voyage sensible à partir de quelques-uns de ses auteurs de prédilection (voir la critique d’Aurore Krol). Ces récitals et lectures en bonne compagnie sont très fréquents au théâtre privé. Fabrice Luchini excelle même dans ce registre. Mais Jean-Louis Trintignant préfère, lui, le secteur subventionné – surtout les Amandiers de Nanterre où il avait déjà présenté l’admirable Poèmes à Lou avec sa fille Marie.

Dans ce secteur, on préfère les plaisirs de l’érudition et les savants cocktails qui brassent des sentiments plus variés : mélancolie, dépression, exaltation. Davantage de drôlerie et de tendresse, donc, dans la poésie originale de Jacques Gamblin (5), dont le nom, à lui seul, nous promet un jeu éblouissant, spectacle en tournée dans toute la France depuis sa création à la maison de la culture d’Amiens et pour deux représentations seulement à Évry. Seul en scène, également, Guillaume Gallienne (voir la critique d’Anne Losq), qui présente les Garçons et Guillaume, à table ! (6). Ce comédien sait se faire une place de choix dans des projets aussi multiples que divers, comme son collègue sociétaire Denis Podalydès, dont on peut toujours apprécier le talent exceptionnel dans le monologue du Cas Jekyll (7), en tournée dans toute la France après la création à Chaillot.

un-tramway-afficheDes rôles taillés sur mesure

Face à face, Anny Duperey et Sara Giraudeau, mère et fille à la ville comme à la scène, jouent dans Colombe (8) de Jean Anouilh, dont on fête le centenaire. Plus habitué des planches (même s’il est loin de les fouler depuis un siècle !), on retrouve Jean Piat, qui ne prend décidément pas une ride, dans Vous avez quel âge ? (9). Jean-Pierre Marielle a, lui aussi, un rôle taillé sur mesure dans Auditions (10). Au rayon « découvertes », Éric Cantona dans Face au paradis (11), prouve qu’après le foot et le cinéma… le théâtre ne lui résiste pas non plus ! Audrey Tautou fait aussi ses premiers pas sur les planches. Après la fragile Amélie Poulain, elle endosse le rôle écrasant de Nora Helmer dans Une maison de poupée (12) à la Madeleine, théâtre à la programmation très éclairée.

Du côté du secteur subventionné, l’Odéon est certain de faire salle comble avec le choix de valeurs sûres comme Isabelle Huppert. Mais ce serait faire outrage à cette actrice hors pair que de ne pas relever son immense talent, elle qui se partage d’ailleurs de plus en plus entre cinéma et théâtre. On la retrouvera donc avec plaisir dans Un tramway (13), dont le désir s’est évaporé du titre. Pourtant la célèbre pièce de Tennessee Williams n’en devrait pas perdre de son incandescence ! Parmi les autres spectacles comptant dans la distribution des personnalités du cinéma : Angelo, tyran de Padoue  (14) avec Emmanuelle Devos, mis en scène par Christophe Honoré et les Justes avec Emmanuelle Béart (15), pour sûr l’évènement de ce printemps. 

Léna Martinelli


(1) Arthur à la Gaîté, d’Arthur

Mise en scène : Josée Fortier

La Gaîté Montparnasse • 01 43 22 16 18

www.gaite.com

Du 22 janvier au 3 avril 2010

(2) Michèle Bernier, et pas une ride !, de Marie-Pascale Osterrieth et Michèle Bernier

Mise en scène : Marie-Pascale Osterrieth

Théâtre de la Renaissance • 01 42 08 18 50

www.theatredelarenaissance.com

Depuis le 8 janvier 2010

(3) Le Paquet, de et par Philippe Claudel

Petit Théâtre de Paris • 01 42 80 01 81

www.theatredeparis.com

À partir du 22 janvier 2010

(4) Jean-Louis Trintignant seul en scène, avec des textes de Robert Desnos, Jacques Prévert et Boris Vian

Nanterre Amandiers • C.D.N. de Nanterre • 01 46 14 70 00

www.nanterre-amandiers.com

Du 9 au 20 juin 2010

(5) Tout est normal, mon cœur scintille, de Jacques Gamblin

Collaboration artistique : Anne Bourgeois

L’Agora, scène nationale d’Évry • 01 60 91 65 65

www.theatreagora.com

Du 17 au 18 février 2010

(6) Les Garçons et Guillaume, à table !, de Guillaume Gallienne

Mise en scène : Claude Mathieu

Athénée - Théâtre Louis-Jouvet • 01 53 05 19 19

www.athenee-theatre.com

Du 21 janvier au 20 février 2010

(7) Le Cas Jekyll, de Christine Montalbetti, d’après Robert-Louis Stevenson

Mise en scène : Denis Podalydès

Théâtre de Suresnes - Jean-Vilar • 01 41 18 85 85

www.theatre-suresnes.fr

Du 10 au 14 février 2010

(8) Colombe, de Jean Anouilh

Mise en scène : Michel Fagadau

Comédie des Champs-Élysées • 01 53 23 99 19

www.comediedeschampselysees.com

Du 5 février au 30 mai 2010

(9) Vous avez quel âge ?, de Françoise Dorin

Mise en scène : Stéphane Hillel

Comédie des Champs-Élysées • 01 53 23 99 19

www.comediedeschampselysees.com

À partir du 10 février 2010

(10) Auditions, de Jean-Claude Carrière

Mis en scène : Bernard Murat

Théâtre Édouard-VII • 01 47 42 59 92

www.theatreedouard7.com

À partir du 9 février 2010

(11) Face au paradis, de Nathalie Saugeon

Mise en scène : Rachida Brackni

Théâtre Marigny • salle Popesco • 01 53 96 70 00

www.theatremarigny.fr

À partir du 26 janvier 2010

(12) Une maison de poupée, de Henrik Ibsen

Mise en scène : Michel Fau

Théâtre de la Madeleine • 01 42 65 07 09

www.theatredelamadeleine.com

À partir du 16 février 2010

(13) Un tramway, de Tennessee Williams

Adaptation : Wajdi Mouawad

Mise en scène : Krzystof Warlikowski

Théâtre de l’Odéon • 01 44 85 40 00

www.theatre-odeon.fr

Du 4 février au 3 avril 2010

(14) Angelo, tyran de Padoue, de Victor Hugo

Mise en scène : Christophe Honoré

Maison des arts de Créteil • 01 45 13 19 19

www.maccreteil.com

Du 27 au 30 janvier 2010

Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines • 01 30 96 99 00

www.theatresqy.org

Du 17 au 20 février 2010

(15) Les Justes, d’Albert Camus

Mise en scène : Stanislas Nordey

Théâtre national de la Colline • 01 44 62 52 52

www.colline.fr

Du 19 mars au 23 avril 2010

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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 20:33

La rentrée théâtrale


Par Léna Martinelli

Les Trois Coups.com


Théâtre privé / théâtre public, la guerre est déclarée depuis longtemps entre ces deux grands champs culturels. Les étiquettes qu’on leur colle souvent à tort engendrent des conflits esthétiques, corporatistes, voire idéologiques : théâtre d’auteurs / théâtre de metteurs en scène, classiques / contemporains, théâtre de boulevard / théâtre d’art, théâtre marchand / théâtre officiel. « Les Trois Coups » consacrent tout un dossier à cette question, car la réalité est bien plus complexe que ne le pensent certains. Cette rentrée en témoigne. Sélection de quelques temps forts bousculant les idées reçues. De part et d’autre.

Les Trois Coups ne sont pas sectaires. Sa trentaine de correspondants se rend partout en France, dans tous types de lieux pour couvrir les spectacles d’institutions, comme ceux de compagnies (petites ou grandes, reconnues ou émergentes), dans des salles privées et subventionnées, des lieux repérés ou atypiques. En pleine rentrée théâtrale de janvier, braquons les projecteurs sur quelques spectacles à venir. Avec toutefois une localisation réduite à l’Île-de-France, tant les propositions sont pléthoriques.

Même si les théâtres du secteur public ont lancé leurs « grosses machines » en automne, ils entament leur deuxième partie de saison avec plusieurs productions qui font évènement. Quant aux théâtres privés, leur programme a été dévoilé lors de la récente conférence de presse du Syndicat national des directeurs et tourneurs du théâtre privé (S.N.D.T.). Parmi les thèmes évoqués par Georges Terrey, son président : les effets de la crise et la situation « préoccupante » du spectacle vivant dans son ensemble. D’où le recours à des formules éprouvées : têtes d’affiche, classiques et pièces comiques dopant la fréquentation ; grosses productions dotées de moyens publicitaires importants ; reprises ou prolongations de succès.

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Syndicat national des directeurs et tourneurs du théâtre privé 

Les dégâts sont effectivement collatéraux et n’épargnent même pas les structures « protégées » par les subventions. Car les temps sont durs, et les pouvoirs publics se désengagent de plus en plus. Les recettes des uns servent donc aux autres. Ainsi, la programmation de cette rentrée 2010 nous indique que, si le théâtre privé recourt toujours aux célébrités pour attirer ses spectateurs, le secteur public n’est pas en reste pour courtiser les vedettes du grand écran. Autre constat : les auteurs contemporains sont de mieux en mieux servis par le secteur subventionné, tandis que le privé ne dédaigne pas les classiques. Au contraire ! Enfin, le mélange des genres n’est plus l’apanage des scènes du secteur subventionné, souvent missionnées pour élargir leur programmation à plusieurs disciplines (cirque, marionnettes, danse, musique) ou aux artistes étrangers. Spectacles musicaux et jeune public conquièrent de nouveaux spectateurs.

Il y en a pour tous les goûts

Mais nombre de programmateurs refusent de céder à la facilité. Dans ce contexte morose, il est donc absolument nécessaire de soutenir les initiatives courageuses. La création est par essence une prise de risques. Or, en cette moitié de saison 2009-2010, les audaces ne manquent pas. Impossible d’être exhaustif. Il y en a pour tous les goûts. Les Trois Coups s’attachent ici à relayer ceux qui recherchent de nouvelles voies. Ils se font l’écho de voix singulières qui s’en donnent à cœur joie, qui s’engagent véritablement, qui œuvrent pour le partage.

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Odéon-Théâtre de l’Europe 

Bref, cette sélection subjective fournit l’occasion de démonter certains clichés qui perdurent sur les particularités du théâtre privé et du théâtre public (voir « Théâtre public, théâtre privé », reportage d’Élise Noiraud), tout en annonçant quelques spectacles prometteurs. Mais pour en savoir davantage sur ces derniers, il faudra lire nos comptes-rendus. Avant d’aller vérifier par vous-mêmes !

Parce qu’aux Trois Coups, nous défendons le spectacle vivant au-delà de toutes chapelles et de tous clivages. Et nous encourageons le public le plus large à fréquenter ces lieux d’où émanent tant d’émotions. 

Léna Martinelli


Syndicat national des directeurs et tourneurs des théâtres privés

Le site www.theatreprive.com présente les activités du syndicat et recense tous les sites propres à chaque structure adhérente (avec programmation spécifique, historique, contacts, etc.).

Résa théâtre • 0 892 707 705

www.resatheatre.com

Pour les théâtres subventionnés, voir sur les sites de chaque structure, du ministère de la Culture et de la Communication, des collectivités territoriales.

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