Les Trois Coups

Un superbe spectacle… vu d’un œil

 

Qui n’a jamais vu, comme c’était mon cas, la pièce somptueuse de Carole Fréchette, va au-devant d’une découverte majeure. Ajoutez à cela des comédiens talentueux et une mise en scène intelligente, et l’on atteint des sommets ! Un peu inconfortable cependant, lorsque, une fois les lumières éteintes, on se rend compte que l’on ne dispose plus que d’un seul œil pour jouir du spectacle : la tête du monsieur devant grignotant la moitié de la scène.

 

C’est l’histoire d’une femme. Hélène. Hélène est dans un pays lointain. On ne sait pas vraiment où. Les seules indications concédées sont maigres : les gens parlent l’arabe, et c’est un pays ravagé par la guerre. La Palestine ? Peut-être. Ça n’a pas vraiment d’importance. Hélène a perdu son collier. Un collier qu’elle ne cesse de chercher, avec une obsession folle, guidée par un chauffeur de taxi qui parle à peine sa langue. En courant vers les endroits où son collier a pu glisser, elle rencontre des gens marqués par la guerre. Une femme attendant encore son fils qui a péri dans un attentat ; un homme dont la maison a explosé et qui reconstruit sur les ruines ; un père sans espoir. C’est l’histoire d’une femme qui perd un collier pour se perdre elle-même et retrouver le chemin des questions. Chercher, c’est l’intime de l’être humain. C’est ce qu’Hélène a perdu.

 

 

La compagnie caraïbe sert avec une sobriété très efficace la poésie de ces rencontres. Le taxi, Mercédès rouge un peu déglinguée, est représenté par un simple pneu, que le chauffeur fait avancer à l’aide de deux longues tiges de bois. Pour seul décor, ce sont des vêtements en loque, manipulés au gré des scènes, qui se font dalles, cadavres, rues, maisons… Une scénographie de l’imaginaire qui inclut le spectateur dans la construction de son univers. Que j’aime mêler mes rêves au théâtre !

 

L’énergie des comédiens et l’originalité de la mise en scène, quand on est en pleine jouissance de ses deux yeux, ont de quoi émouvoir profondément. Seule anicroche : la musique. Trop présente, elle fait écran entre la scène et le spectateur, et c’est toute la difficulté de la musique au théâtre. Il vaudrait mieux, me semble-t-il, qu’elle soit installée dans la continuité de l’émotion qui frappe, en aval de cette même émotion. Faute de quoi, elle se dilue ! Et le pauvre M. Dupont qui sentait sourdement les larmes qui montaient, ému par la beauté du texte ou le jeu des comédiens, se fait voler Noël. Il ne sentira jamais ses joues humides : la musique l’a tiré de sa rêverie, elle a fait fuir son timide frisson. 

 

Lise Facchin

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com

Le Collier d’Hélène, de Carole Fréchette

Théâtre du Flamboyant • espace A’zwèl, centre commercial la Fontaine, Terreville • 97233 Schoelcher • La Martinique

05 96 66 25 81

lazwel@gmail.com

www.cietheatreduflamboyant.blogspot.com

Mise en scène : Lucette Salibur

Assistante à la mise en scène : Corinne Vasson

Avec : Daniely Francisque (Hélène), Patrice Le Namouric (Nabil), Lucette Salibur (la femme), Rudy Sylaire (le contremaître, l’homme, le rôdeur)

Décors : Ludwin Lopez

Accessoire : Ludwin Lopez

Costumes : Ludwin Lopez

Lumières : Dominique Guesdon

Musique : Alfred Fantone

Chapelle du Verbe-Incarné • 21 G, rue des Lices • 84000 Avignon

Réservations : 04 90 14 07 42

Du 8 au 31 juillet 2009 à 17 h 10, relâche le 16 juillet 2009

Durée : 1 h 15

15 € | 11 €

Lun 20 jui 2009 1 commentaire
Je vous remercie d'être venu voir notre spectacle et de nous avoir fait part de vos critiques. Je vous invite à venir récupérer votre part de rêve, la musique n'est plus qu'un parfum qui s'inscrit dans la sobriété de la pièce.
D'autre part, je ne connais pas l'interprète, Jérôme Pradon, que vous avez placé dans la distribution, auriez vous l'amabilité de faire la correction suivante:
Avec: Daniely Francisque (Hélène), Patrice Le Namouric (Nabil), Lucette Salibur (la femme), Ruddy Sylaire (le contremaître, l'homme le rôdeur)
Merci pour les interprètes
Bien cordialement
Lucette Salibur
SALIBUR Lucette - le 23/07/2009 à 00h04
C'est recifié. Merci.
Les Trois Coups