Les Bonimenteurs, avec Jean-Marc Michelangeli et Didier Landucci
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« Depuis notre débat sur le Off d’Avignon, j’ai eu l’occasion de “lire” votre site critique, et j’en ai été très heureux. Parce que
j’apprends des choses dont les médias parisiens ne m’informent pas et parce que les critiques sont de bonne qualité. Continuez bien ! Tous mes vœux à vous et aux Trois Coups !
Amicalement, »
Gilles COSTAZ, critique dramatique à Paris-Match, les Échos, Politis, le Magazine littéraire, l’Avant-scène Théâtre…
« Nous tenions à vous dire bravo, nous applaudissons des deux mains, votre site est admirablement bien fait. Vous (toute l’équipe) aimez
le théâtre et vous savez faire partager votre passion… »
Marie-Céline NIVIÈRE et Dimitri DENORME, Pariscope, rubrique « Théâtre »
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Sébastien Calvez
Kandida Muhuri
Tout l’esprit de Guitry
Dans cette saison tout Guitry, qui fête le cinquantième anniversaire de la mort de l’auteur, Jean-Laurent Cochet met en scène « Aux deux colombes », une pièce peu connue, qui reflète pourtant à cent pour cent l’esprit de Guitry.
Un salon cossu, un petit déjeuner préparé par la bonne, un homme (Jean-Pierre) qui met les pieds sous la table… l’univers Guitry est installé. Toutefois, la tranquillité de ce Jean-Pierre va à être gâchée ce matin-là. Un appel téléphonique, émis par une femme inconnue mais à la voix charmeuse, lui apprend qu’il va ce jour même avoir une « énorme surprise » ! Cela ne plaît naturellement guère à notre homme, qui ne sait à quoi s’attendre, et pour cause !
Un peu plus tard, alors que sa femme Marie-Thérèse est sortie chez la modiste, débarque sa première femme, Marie-Jeanne, qu’il croyait décédée depuis vingt-deux ans ! Troublé par cette effective « énorme surprise », il le sera davantage par l’idée d’annoncer à sa nouvelle épouse le retour de l’ancienne, qui se trouve en plus être sa sœur, et d’annoncer à l’ancienne qu’il ne lui est pas resté fidèle ! Mais, troublé, il l’est bien davantage par cette voix du téléphone. C’est celle d’une femme russe, amie de Marie-Jeanne. Une femme particulièrement séduisante, qui a, qui plus est, l’avantage de la nouveauté.
© Claire Besse
Nous retrouvons dans Aux deux colombes tout l’esprit de Guitry. Un homme brillant au centre, qui avoue « qu’avoir une femme dans les bras, c’est aussi avoir une femme sur le dos », et des femmes, qui piaillent davantage comme des perruches que comme des colombes, qui se le disputent.
La mise en scène et la distribution viennent embellir cette pièce fine. Tout est dit avec une grande subtilité, l’air de rien, naturellement, comme une gifle dont on ne sentirait que le souffle. Chaque trait d’esprit est un soufflet qui frise le visage (des femmes) et engendre le rire. Les comédiennes, chacune dans leur style, apportent une grande solidité à la pièce.
Au final, une pièce savoureuse, où l’on sent que l’expérience et le professionnalisme des comédiens s’épanouit totalement dans la truculence des textes de Guitry. ¶
Anne-Laure Fournier
Aux deux colombes, de Sacha Guitry
Mise en scène : Jean-Laurent Cochet
Assistant à la mise en scène : Antoine Agrange
Avec : Jean-Laurent Cochet, Catherine Griffoni, Virginie Pradal, Paule Noëlle, Anne-Marie Mailfer
Costumes : Nicole Arpels
Mobilier : Loïc Levesque
Théâtre Pépinière-Opéra • 7, rue Louis-Le Grand • 75002 Paris
Réservations : 01 42 61 44 16
L’imitateur sans limite
L’ancien trublion de feu l’émission « la Classe » remonte sur scène pour une nouvelle galerie de personnages, dont il va, par la loupe de l’imitation, grossir les principaux traits, tant vocaux que physiques. La jeune chanson française côtoie ainsi les nouveaux rois du PAF, et quelques dinosaures et disparus, dans un tourbillon de rires et de bonne humeur. Un spectacle diablement drôle.
Dominique Besnehard, Diams, Véronique Sanson, Céline Dion, Maria Pacôme, Pierre Palmade, Olivia Ruiz, Barbara, Pascal Obispo, Bjork, Brigitte Fontaine, Vanessa Paradis, Étienne Daho, Georgette Plana, Jean d’Ormesson…
Stop ! On en garde un peu pour la surprise. Sachez toutefois, futurs spectateurs de ce show délirant, que la liste ci-dessus n’est pas à la moitié de son exhaustivité. En effet, durant soixante-quinze minutes un peu trop courtes (forcément, Adler, c’est comme le bon chocolat, on en redemande), ce sont plus de quarante personnalités qui vont passer à la moulinette de l’imitation.
© J. P. Desbrus
Nous sommes sur la banquise. Une star de la télé très connue anime une soirée spéciale très très « pipole », comme il les affectionne pour sauver la calotte glacière du réchauffement de la planète. Une colonie d’écolos connus débarque dans ce froid. Prestations chantées des uns, crêpage de moumoute des autres : la sauterie s’annonce chaude !
Le texte, très bien écrit, est très drôle, avec ce qu’il faut de méchanceté jamais gratuite pour égratigner là où ça fait rire. La traçabilité des dindes soutenue par les Miss, l’apologie de la calvitie chantée par Sheller ou l’intervention d’un célèbre homme de lettres « auteur de grands ouvrages et pas qu’à colorier » ne sont que quelques exemples du contenu de ce spectacle mené tambour battant et tchatche déconnante par un Patrick Adler en super forme. N’hésitant pas également, par un vrai talent d’improvisateur, à prendre à parti le public qui devient un énième personnage du spectacle, le charismatique imitateur ratisse large, bannissant ainsi les barrières intergénérationnelles. Tout le monde est logé à la même enseigne, pour le meilleur et pour le rire et n’oublions pas de le préciser, grâce à une voix capable de tout chanter.
Inimitable Adler ! ¶
Franck Bortelle
Patrick Adler « brise la glace », de Patrick Adler et Christophe Guichet
Mise en scène : Christophe Guichet
Avec : Patrick Adler
Création lumières : Jean-Pierre Cosyns
Théâtre du Sentier-des-Halles • 50, rue d’Aboukir • 75002 Paris
Réservations : 01 42 61 89 96
Tous les jeudis, vendredis et samedis à 20 heures jusqu’au 2 février 2008, dimanche 30 et lundi 31 décembre 2007 à 20 heures
Durée : 1 h 30
20 € | 15 €
La Môme Kalifa
Chanter Piaf. Un défi, un hommage ou simplement parfois une volonté de montrer crânement qu’on en est capable. Pour se faire, des artistes plus ou moins inspirés revisitent inlassablement les mêmes titres. Josette Kalifa préfère prendre une tangente oh combien périlleuse : chanter Piaf à travers des titres peu connus, en s’accompagnant d’instruments orientaux. De ce mélange naît la magie, un spectacle qui fait tomber les frontières tant géographiques que temporelles.
Josette Kalifa. D’entrée de jeu, le mariage patronymique surprend. Difficile de faire plus français que Josette, plus oriental que Kalifa. Le métissage qui va bien au-delà de cette identité est le fil rouge du spectacle, dont le titre lui aussi épouse ce mélange : Piaf Arabysance.
Ce mélange que l’on retrouve aussi dans le choix des musiciens. Le piano à bretelles bien de chez nous est accompagné de percussions bien de là-bas. C’est d’ailleurs surtout ce quatuor d’instrumentistes qui va incarner le brassage culturel, la chanteuse prenant le parti pris très audacieux de rester dans la droite ligne de son modèle : robe noire, déplacements sur scène réduits au strict minimum et une performance vocale puissante. De quoi faire piaffer de joie un public des plus aguerris.
© Franck Bortelle
Car Josette Kalifa chante. Juste et bien. Avec une sincérité parfois bouleversante. Sans chercher la performance. Nul besoin de pousser la note interminablement pour prouver qu’elle a du coffre. Sa puissance vocale s’impose à tous les instants, par sa rondeur, son joli timbre et la sincérité qu’elle y met. Ce qui lui permet d’aborder durant une heure et demie une vingtaine de titres, de Piaf mais aussi de Claude Barthélémy, son directeur musical, qui a composé quelques chansons qui auraient parfaitement convenu à la Môme.
C’est donc un très joli spectacle, que défend cette petite bonne femme au regard canaille et qui honore un double patrimoine musical avec une virtuosité confondante. ¶
Franck Bortelle
Piaf Arabysance
Compagnie Les Mots cuits • 33, boulevard de la Liberté • 93260 Les Lilas
01 42 58 34 80
Mise en scène : Fernando Suarez
Direction musicale : Claude Barthélémy
Avec : Josette Kalifa (chant), Claude Barthélémy (guitare basse, guitare, oud) Sofia Djermaï (oud, mandoline), Khalide Kouhen (percussions), Alexandre Leitao (accordéon)
Création lumières : Michaël Dez
Conception et réalisation graphique : Bruno Paris
Création costumes : Cécile Flamand
Théâtre de la Reine-Blanche • 2 bis, passage Ruelle • 75018 Paris
Réservations : 01 40 05 06 96
Tous les jeudis du mois d’avril 2008 à 21 heures
Durée : 1 h 30
13 € | 9 €
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