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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 13:58

Quel dommage !


Par Amandine Pilaudeau

Les Trois Coups.com


Le sujet très controversé de cette pièce, les coulisses de l’O.N.U., aurait pu à lui seul présager un succès. Personne avant Benoît Guibert ne s’est aventuré à mettre sur les planches les questions de malversations et de trafics au sein de la plus grande organisation internationale. Mais voilà, la sauce ne prend pas et la comédie retombe comme un soufflet.

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« Transparence, comédie onusienne » | © Charlotte Spillemaecker

Le titre de la pièce était pourtant très alléchant : Transparence ou Scotland Yard contre Roméro, comédie onusienne. Nous étions prêts à nous glisser dans un polar haletant pendant les deux heures à venir. L’histoire semblait simple mais efficace. Patrick Roméro, diplomate humanitaire, est envoyé au Congo en vue d’enrayer les épidémies de sida et de paludisme, maux de l’Afrique. Mais face à la lenteur de l’arrivée des médicaments et une gestion douteuse des subventions, une enquête est ouverte par Scotland Yard à son encontre.

L’intrigue promettait beaucoup, et pour cause : elle est l’adaptation du roman O.N.U. soit qui mal y pense, de Roberto Garcia Saez. Toutefois, le spectateur est déçu dans son attente. À vouloir rendre la pièce accessible à tous, elle manque de profondeur. Les personnages ne font que mettre en avant la lenteur du système et les absurdités de la bureaucratie, connues de tous.

La structure de la pièce concourt à noyer le spectateur. L’histoire n’est vue qu’à travers le ressassement des pensées de Roméro, accoudé au comptoir d’un bar. Les personnages qui débarquent sur scène ne sont que le fruit de son imagination ou le résultat de ses souvenirs, troublés par l’alcool. Le spectateur se demande où sont le vrai et le faux.

Julie Lavergne offre une touche pétillante

Heureusement, par leur jeu, les acteurs sauvent le texte. Julie Lavergne, en particulier, offre une touche pétillante à la mise en scène avec Carlotta, la collègue décalée de Roméro. Cependant, la ronde des personnages qui défilent sur la scène amoindrit l’effort des acteurs. De même, le recours à la danse – en particulier le son des claquettes –, au chant et au piano aurait dû nous amener dans un univers de music‑hall rafraîchissant. Mais la surutilisation de ces pratiques finit par lasser le spectateur.

Le véritable problème de cette mise en scène ne réside pas dans le manque d’idées, qui sont parfois très originales, mais dans l’absence frappante de cohérence et d’unité entre celles‑ci. L’intervention de personnages extérieurs à une scène, comme le pianiste du bar, ou les propositions de jeu burlesque, voire clownesque, du policier de Scotland Yard nous raviraient si elles n’étaient pas rejouées et réutilisées inlassablement.

Néanmoins, l’optimisme d’Hugo Horsin, dans le rôle du pianiste aux airs de Charlie Chaplin, allège notre désappointement. De manière générale, le spectateur s’attache plus aux acteurs qu’aux personnages, car la pièce manque de charme. Et si nous en ressortons déçus, c’est que nous sommes chagrinés pour les acteurs face à un tel potentiel inexploité. 

Amandine Pilaudeau


Transparence, comédie onusienne, de Benoît Guibert

D’après le roman O.N.U. soit qui mal y pense, de Roberto Garcia Saez

Un spectacle musical écrit et mis en scène par Benoît Guibert

Assistant à la mise en scène : Geoffrey Kuzman

Avec : Kader Boukhanef, Olivier Dote‑Doevi, Jérôme Dupleix, Verena Gros, Hugo Horsin en alternance avec Bastian Verdina, Julie Lavergne en alternance avec Mélissa Broutin

Création musicale : Hugo Horsin

Chorégraphie : Alain Parage

Décor : Bruno Vitti

Vingtième Théâtre • 7, rue des Plâtrières • 75020 Paris

Métro : Ménilmontant ou Gambetta

Location : 01 48 65 97 90

Du 25 août au 7 octobre 2012, du mercredi au samedi à 21 h 30 et les dimanches à 17 h 30

F.N.A.C., Carrefour et points de vente habituels

Durée du spectacle : 1 h 30

Prix des places :

– Plein tarif : 25 euros

– Tarif réduit : 20 euros

– Demi-tarif : 13 euros

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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