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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 13:26

L’authenticité à vif


Par Élise Ternat

Les Trois Coups.com


Dans « Dire, peut-être » présenté en 2010 au Théâtre des Marronniers, Grégoire Blanchon et son équipe traitaient de la difficulté à prendre la parole, à trouver le mot juste. C’est dans le prolongement de ce premier travail de recherche que nous retrouvons la compagnie Le Songe d’une planche à vif, du 21 novembre au 3 décembre 2012, avec « Traces », spectacle qui interroge une nouvelle fois l’humain.

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« Traces » | © D.R.

C’est à l’occasion d’entretiens avec des résidents des hôpitaux de Saint‑Pierre‑de‑Bœuf et de Pélussin qu’est né le spectacle Traces. Comme son titre l’indique, cette création s’interroge sur les marques laissées par les évènements dans l’esprit de celui qui les vit. Autrement dit, c’est de la mémoire qu’il est question ici.

Sur la petite scène du théâtre, peu de décor, si ce n’est une série de chaises et fauteuils dépareillés. Nul besoin de plus pour restituer avec justesse la profondeur du questionnement qui traverse la pièce. Dans Traces, il n’y a ni intrigue ni scénario, mais davantage une série de séquences qui déploient les multiples rapports que l’on entretient aux souvenirs. Que la mémoire se transmette ou qu’elle se perde et devienne source d’enfermement, elle induit toujours quelque chose dans le rapport à l’autre comme dans l’identité de soi.

Un théâtre sensible et émouvant

Pour donner corps à ce propos, Grégoire Blanchon a choisi de mêler au jeu des comédiens des extraits de témoignages sonores et des moments plus chorégraphiques, le tout sur un fond de sonorités, de bruits et de morceaux joués au piano. Se prêtant à un étrange jeu de chaises musicales, Julio Guerreiro, Alexia Chandon‑Piazza et Benjamin Gibert incarnent avec une certaine justesse divers rôles selon les séquences : la psychologue, le patient, le sujet atteint de la maladie d’Alzheimer…

Comme dans Dire, peut‑être, la compagnie Le Songe d’une planche à vif propose cette fois encore un spectacle sensible et émouvant tissé de sensations et d’impressions. Fortement imprégné de réel, ce théâtre se positionne sur des thèmes fédérateurs parce que universels. En effet, à l’issue de la pièce, Grégoire Blanchon explique que le processus de création est fondé sur une écriture du réel doublée d’une écriture de plateau faisant suite au travail de collectage de témoignages. L’objectif est donc clairement celui de préserver la dimension authentique du sujet dans le respect des personnes interrogées. Par ailleurs, à l’issue de quarante‑cinq minutes de spectacle, le court métrage Je me souviens de Pierre Mathevon, artiste peintre de Pélussin poursuit et ouvre la thématique de la pièce avec la projection d’une peinture se construisant à la manière des strates de la mémoire.

Avec Traces, la compagnie Le Songe d’une planche à vif montre une nouvelle fois l’originalité de son univers. L’authenticité dans la restitution des témoignages, la sensibilité qui en découle et la dimension didactique de la pièce donnent à ce travail toute sa valeur. 

Élise Ternat


Traces, de Grégoire Blanchon

Compagnie Le Songe d’une planche à vif

www.lesongeduneplancheavif.blogspot.com

Conception et mise en scène : Grégoire Blanchon

Avec : Alexia Chandon-Piazza, Benjamin Gibert, Julia Guerreiro

Musique : Benjamin Gibert

Accompagnement : Annick Brochard

Scénographie : Hélène Eiché

Travail chorégraphique : Anne-Sophie Fayolle

Création lumière : Éric Marynower puis Georges‑Antoine Labaye

Régie : Xavier Davoust

Théâtre des Marronniers • 7, rue des Marronniers • 69002 Lyon

Site du théâtre : www.theatre-des-marronniers.com

Réservations : 04 78 37 98 17

Du 21 novembre au 3 décembre 2012, mercredi, jeudi, vendredi, samedi à 20 h 30, dimanche à 17 heures, lundi à 19 heures

Durée : 45 minutes

15 € | 11 € | 8 €

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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