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31 mai 2014 6 31 /05 /mai /2014 15:21

Une affaire de famille


Par Jean-François Picaut

notre correspondant en direct de Coutances

Les Trois Coups.com


Le concert de Thomas Dutronc à Jazz sous les pommiers, le jeudi 29 mai 2014, a fait des déçus : tous les festivaliers qui n’ont pu trouver de place dans une salle Marcel-Hélie archicomble.

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Angelo Debarre | © Jean-François Picaut

Thomas Dutronc est à peine sorti des coulisses que son public applaudit à tout casser. Le jeune homme affecte un détachement de bon aloi et gagne sa chaise au milieu de ses musiciens, sa famille de cœur du jazz manouche : Rocky Gresset (guitare), Jérôme Ciosi (guitare et banjo), David Chion (contrebasse).

Le programme commence par Qui je suis, une nouvelle chanson qui offre à Rocky Gresset l’occasion d’un premier solo de virtuose. Dès cette première chanson, il est clair que Thomas Dutronc n’a pas seulement une grande ressemblance physique avec son père, il en a également les intonations, la même structure mélodique de la phrase et, parfois, sa façon de ne pas vraiment articuler en collant ses lèvres au micro.

Thomas Dutronc interrompt le second titre, Allongés sur l’herbe, pour cause de retour défectueux sur le banjo de Jérôme Ciosi. À cette occasion, le chanteur révèle tout son humour en faisant semblant de transformer le concert en une répétition géante, un test grandeur nature des chansons de son futur album. Il en profite pour faire chanter le refrain par le public qui ne se fait pas prier pour donner de la voix.

L’autodérision comme arme de séduction

Le test de possibles futures chansons se poursuit avec J’me fous de tout, Archimède et Minuit moins le quart. Le procédé est toujours le même : raconter une anecdote drôle sur les circonstances de création, dénigrer quelques vers, en proposer de nouvelles versions. Dutronc fils a vraiment érigé l’autodérision en arme de séduction, et ça marche du feu de Dieu. Tout cela a l’air improvisé, bon enfant, mais on a déjà lu des récits de soirées semblables !

Entre ces chansons en gestation, Thomas Dutronc intercale quelques-unes de ses chansons officielles comme le Blues du rose ou les célèbres J’aime plus Paris, où se trouve ce clin d’œil à son père : « Il est cinq heures, Paris s’endort » et Comme un manouche sans guitare. Puis, conscient qu’il y a un monde entre tout cela et le jazz manouche, il déclare tout à trac : « Bon, c’est bien gentil la chansonnette, mais y a pas que ça dans la vie ! Maintenant, un moment de vraie musique. Vas-y Rocky (Gresset) ! ». Et Rocky s’exécute en interprétant Rose Room de Django Reinhardt. Petit flottement chez les groupies autour de moi, mais Dutronc prend, fort honnêtement, le deuxième solo, et c’est le soulagement, les applaudissements.

La scène se reproduira quand le violoniste Pierre Blanchard, un virtuose transfuge de la musique classique, se joindra au groupe et surtout quand Angelo Debarre rejoindra la scène. On s’envole alors sur des sommets, notamment dans des joutes entre Rocky Gresset et Angelo, mais Thomas Dutronc y participe sans être ridicule. On entendra ainsi I’ll See You in My Dream, Minor Swing, Tiger Rag et Tears de Django. Néanmoins, le père n’est jamais loin et Thomas reprend quelques tubes paternels comme À toute berzingue ou Chez les yés-yés, qui bénéficient ainsi de nouveaux arrangements.

Le concert, qui a mobilisé beaucoup de jeunes, prend l’allure d’une fête intergénérationnelle, légère et pétillante. Les spectateurs dans leur ensemble sortent ravis. Que demander de mieux ? 

Jean-François Picaut


Jazz sous les pommiers 2014, à Coutances (Manche)

33e édition

Du 24 au 31 mai 2014

Contact public : Jazz sous les pommiers • Les Unelles • B.P. 524 • 50205 Coutances cedex

Tél. 02 33 76 78 50 | télécopie 02 33 45 48 36

Site : http://www.jazzsouslespommiers.com

Courriel : jslp@jazzsouslespommiers.com

Billetterie : 02 33 76 78 68 (du lundi au samedi, et tous les jours pendant le festival)

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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