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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 19:09

Le funk, c’est fun


Par Jean-François Picaut

Les Trois Coups.com


L’ambiance était chaude, samedi dernier, au 1988 jazz club à Rennes. On y accueillait un groupe rodé dans la musique tonique et festive, Heat Wave.

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Sweet Screamin’ Jones | © Jean-François Picaut

« Heat wave », en anglais américain, c’est une période prolongée de chaleur excessivement élevée. C’est aussi une chanson populaire d’Irving Berlin (1933), illustrée ensuite par Bing Crosby et Ella Fitzgerald. C’est également le nom donné par son fondateur, Philippe Dardelle, à un groupe qu’il a dédié au funk et à la soul des années 1960. C’est Christian Vander, le batteur et fondateur de Magma, qui fait découvrir au bassiste Philippe Dardelle les labels Tamla (Motown), Stax, Atlantic et le funk de James Brown… Ainsi naît Heat Wave, en 1992.

En plus de vingt ans, le personnel du groupe a beaucoup évolué, on s’en doute, mais l’esprit est resté le même, à six ou à douze musiciens. Après trois ans de mise en sommeil succédant à une période d’activité intense, Heat Wave a pris un nouveau départ en décembre dernier. On y trouve désormais : Philippe Dardelle (basse et direction musicale), Yannick Grimault, alias Sweet Screamin’ Jones (chant et saxophone alto), David Sauvourel et Rudy Blas, absent au 1988 (guitares), tous trois déjà membres de Heat Wave depuis un certain temps. Trois nouveaux venus complètent l’effectif : Étienne Poinsot (trompette) et deux jeunes musiciens, Paul Morvan (batterie) et Maxence Ravelomanantsoa (saxophone ténor).

Quelques mouvements lascifs à la Mick Jagger

Introduit par Maxence Ravelomanantsoa qui fait le Monsieur Loyal, en anglais mais à l’américaine, avec un naturel confondant, le concert démarre sur les chapeaux de roue avec l’entrée en fanfare de Sweet Screamin’ Jones interprétant Sweet Soul Music d’Arthur Conley. Le chanteur porte un costume étroit à longues basques avec un pantalon à pattes d’éléphant. Les cheveux lisses sont portés mi-longs, et une mèche baladeuse complète le tout. Il arbore avec une aisance certaine cette élégance discrètement désuète. La voix est plutôt grave, assez puissante, un peu rauque et voilée : la voix de l’emploi. Parfois, dans les attaques notamment, passe comme un écho de James Brown. Il esquisse aussi quelques mouvements lascifs à la Mick Jagger.

Dans la première partie, les connaisseurs repèrent des morceaux de Sam and Dave, des titres instrumentaux de James Brown et au moins deux pièces de Bobby Byrd (Keep on Doin’ et I Know You Got Soul). En seconde partie, Otis Redding se taille la part du lion avec I’m Depending on You, My Girl et Shake. Mais c’est avec un morceau de Fred Wesley et Maceo Parker, House Party, que la reconquête du public s’effectue, en début de set. Fidèle à une marotte, on regrettera que le groupe n’ait pas songé à présenter ce qu’il jouait.

Une discrète ironie de bon aloi

Pendant près de deux heures, Heat Wave a su intéresser un public composé en majorité, semble-t-il, de quinquagénaires et de jeunes entre vingt ans et trente ans. Les plus âgés n’étaient pas les derniers à reprendre en chœur ce qu’on leur demandait de chanter, ni les moins nombreux à danser, surtout les femmes.

Yannick Grimault assume crânement son personnage de Sweet Screamin’ Jones, non sans y mettre une discrète ironie de bon aloi. La musique est bien en place, et le son de Ronan Simon est aux petits oignons, comme toujours. On regrettera cependant que le concert manque un peu de cette folie que savait répandre James Brown. Si l’on excepte les solos de Maxence Ravelomanantsoa, toujours inspirés, souvent fiévreux, voire enflammés, et quelques tentatives d’Étienne Poinsot, les prises de parole étaient bien sages. Tout cela est sans doute dû au caractère récent de la formation. On ne doute pas qu’avec quelques concerts de plus et un peu de scénographie, Heat Wave ne répande une véritable ardeur communicative. 

Jean-François Picaut


So Funk, Tribute to James Brown, par Heat Wave

Avec : Philippe Dardelle (basse et direction musicale), Yannick Grimault alias Sweet Screamin’ Jones (chant et saxophone alto), David Sauvourel (guitare), Étienne Poinsot (trompette), Paul Morvan (batterie) et Maxence Ravelomanantsoa (saxophone ténor)

1988 jazz club • 27, place du Colombier • 35000 Rennes

Réservations : 07 86 15 09 89

Site : www.1988jazzclub.com

Samedi 13 avril 2013, à 21 heures

10 €

Prochain concert au 1988 :

– Moutin Reunion Quartet (Soul Dancers), le vendredi 19 avril 2013 à 21 heures

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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