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« Au théâtre, il n’y a rien à comprendre, mais tout à sentir. » Louis Jouvet
« Robert Wilson, le temps pour voir,
l’espace pour écouter »,
de Frédéric Maurin
Essai, collection « Le Temps du théâtre »
Le metteur en scène américain Robert Wilson est considéré dans le milieu théâtral comme un avant-gardiste. Dès les
années 1970, il est le premier à intégrer dans ses mises en scène toutes les formes d’expression à sa disposition : la danse, la peinture, la sculpture, les jeux de lumière, la
musique et le texte. Une interdisciplinarité qui a profondément renouvelé la scène contemporaine.
Né en 1941 à Waco au Texas, Robert Wilson est metteur en scène et plasticien. Il crée ses premiers spectacles à New York : King of Spain (1969), The Life and Times of Joseph Stalin (1973), mais son premier grand succès international vient en 1971 avec le Regard du sourd au Festival de Nancy. The New York Times décrit Robert Wilson comme « une figure imposante du théâtre expérimental international ». Robert Wilson définit ses spectacles comme des produits hybrides, mêlant tous les outils qui s’offrent à lui : la peinture, la danse, la musique et la lumière. La vidéo n’offrant pas selon lui une qualité satisfaisante, il ne l’a pour l’instant jamais intégrée à ses créations. Il crée en 1992 le centre de Waterwill, à deux heures de Manhattan, véritable laboratoire de recherche théâtral, où étudiants et professionnels travaillent ensemble dans un environnement pluridisciplinaire. Il a fait de nombreuses mises en scène d’opéras – dont la Flûte enchantée (1991), Madame Butterfly (1993), Lohengrin (1998 et 2006) au Metropolitan Opera à New York, et Orfeo de Monteverdi pour la Scala de Milan (2009) – et de pièces de théâtre, notamment Quartett de Heiner Müller à la Brooklyn Academy of Music en 2009 (déjà mise en scène en 2006 à l’Odéon-Théâtre de l’Europe).
Cet essai sur l’esthétique de Robert Wilson se compose de trois parties sur le temps, l’image et la forme. Sous une nouvelle couverture, cette nouvelle édition de la version de 1998 propose une mise à jour de la chronologie des spectacles de Robert Wilson.
« En 1971, à Nancy, le Regard du sourd fait date. Depuis, Robert Wilson a continué de faire œuvre d’artiste avec une maîtrise presque insolente de ses talents plastiques. À la scène, son univers représente l’une des dernières mythologies stylistiques du siècle. Le temps s’y donne comme un évènement à contempler pour lui-même, l’image comme une évidence lumineuse à contempler par chacun dans le crépuscule de l’imaginaire. Puissance visuelle, patience textuelle. Le feutre des gestes et le blanchissement des voix, les formes, les lignes, les éclairages et les bruits du paysage, la présence têtue des objets et le vacillement des humains dans un horizon d’irréalité convergent en faisceau vers une vision d’épure. Beauté est le terme de l’univers wilsonien – son nom de baptême et sa fin recherchée ; et par le biais de cette beauté triomphant de sa propre interprétation, le plaisir naît de l’émotion esthétique. Au cœur de l’abstraction de l’art, à l’abri de la fureur du monde. »
Georges Banu
L’actualité
L’Opéra de quat’sous de Bertolt Brecht et Kurt Weill, par le Berliner Ensemble, dans une mise en scène de Robert Wilson, a fait l’ouverture du Festival d’automne à Paris en septembre 2009, après avoir effectué une tournée en Europe (Berlin, Tel Aviv, Bergen). L’Opéra de quat’sous sera repris du 1er au 4 avril 2010 au Théâtre de la Ville à Paris.
L’auteur
Frédéric Maurin est enseignant en études théâtrales et auteur de plusieurs études sur Robert Wilson, et plus généralement sur la mise en scène contemporaine aux États-Unis et en Europe, la pluridisciplinarité et les passerelles entre les arts ou encore les grandes formes et la démesure dans les arts de la scène. En 1996, il écrit une thèse de doctorat sur la temporalité dans les spectacles de Robert Wilson. Il a été maître de conférences au département des arts du spectacle à l’université de Basse-Normandie (Caen) de 1996 à 2002. Entre 2002 et 2008, il a été professeur à l’École supérieure de théâtre, à l’université du Québec à Montréal. Depuis 2008, il est maître de conférences à l’Institut d’études théâtrales, à l’université de Paris III-Sorbonne Nouvelle.
Format : 11,5 × 21,7 cm / 288 pages nouvelle édition, nouvelle couverture, mars 2010
Recueilli par
Les Trois Coups
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