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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 21:51

Du jazz à savourer
sans modération


Par Jean-François Picaut

Les Trois Coups.com


Elle ne figure dans aucun « top » 3, 5 ou 10. Vous ne trouverez pas son album en tête de gondole dans les supermarchés culturels. Et pourtant, si vous commencez à écouter « Quelque chose dans l’air » d’Edwige Morgen, il y a fort à parier que vous dresserez l’oreille.

edwige-morgen muriel-emsens

« Quelque chose dans l’air » | © Muriel Emsens

Après avoir bourlingué en Allemagne, en Angleterre, en Espagne et s’y être frottée à peu près à tous les styles, Edwige Morgen est revenue à Paris pour enregistrer son second album, dont elle a écrit elle-même onze titres et en a composé trois.

Mme Morgen, en effet, est auteur. L’album s’ouvre justement sur un de ses textes dont elle a également signé la musique. Tu ne rentreras pas ce soir, un élégant contrepoint, léger et drôle, au Elle ne rentre pas ce soir d’Eddy Mitchell donne le ton général du disque entre humour et confidences. J’oublie (toujours quelque chose) dédramatise les petites faiblesses de nos mémoires. Les souvenirs des temps heureux donnent leur couleur à Parfum d’ajonc. Swing song célèbre, en anglais, le charme de la tendresse. Avec son refrain bilingue, anglais-français, C’est pas d’ma faute si j’aime le jazz sonne comme un manifeste : « Je swingue, je rêve, c’est ma nature ».

Style langoureux et humour acidulé

Edwige Morgen possède une voix au registre medium plutôt grave particulièrement adaptée au murmure de la ballade, comme dans Aux rayons de minuit, mais elle se sort également à son avantage dans des pièces plus rythmées comme Swing song. Le style langoureux (Start Our Romance) lui convient aussi bien que l’humour acidulé. Et le Jour la nuit comporte quelques inflexions canailles que ne renierait pas Juliette Gréco, dont on retrouve la sensualité dans la première partie de C’est pas d’ ma faute… On aimerait beaucoup la voir interpréter ce titre sur scène.

Une pléiade d’artistes de qualité accompagne Edwige Morgen dans ce nouvel opus. On apprécie le beau duo trompette (Jérôme Etcheberry) et piano (Philippe Dervieux) dans Tu ne rentreras pas ce soir. Et c’est avec plaisir qu’on les retrouve dans J’oublie à la trompette bouchée et assurant une rythmique à la légère coloration de bastringue. Le même Dervieux récidive dans C’est pas d’ ma faute… y ajoutant une petite réminiscence de ragtime. Pour Parfum d’ajonc, Edwige Morgen n’est délicatement accompagnée que du seul Laurent Guanzini (piano). La pulsation d’un cœur qui bat (Quelque chose dans l’air) est rendue quasi palpable par le travail précis de Sylvain Glévarec aux balais et de Michel Rosciglione à la contrebasse. Le trombone de Patrick Bacqueville, voilé mais bien présent, incarne avec finesse la présence obsédante du souvenir dans le Jour la nuit.

Grâce à Codaex, on peut se procurer Quelque chose dans l’air d’Edwige Morgen chez tous les bons disquaires. Un album à déguster seul ou entre amis, voire dans une soirée plus intime, et toujours sans modération. 

Jean-François Picaut


Quelque chose dans l’air, d’Edwige Morgen

Un album produit par Edwige Morgen

http://edwige-morgen.com

Distribution Codaex

Avec : Edwige Morgen (chant), Laurent Guanzini (piano), Claude Tissendier (saxophone ténor), Philippe Dervieux (piano, percussions), Patrick Bacqueville (piano, percussions), Jérôme Etcheberry (trompette), Sylvain Glévarec (batterie, congas), Nicolas Peslier (guitare, banjo), Michel Rosciglione (contrebasse) et Laurent de Wilde (invité sur le nº 12)

Contact : Arielle Berthoud • 3, rue Auguste-Bartholdi • 75015 Paris

Tél. 00 33 (0)1 77 13 59 27 • mobile : 00 33 (0)6 09 70 72 18

Courriel : arielle.berthoud@noos.fr

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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