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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 12:48

C’est la récré


Par Dominique Dessein

Les Trois Coups.com


Quand la danse se fait hommage à la légèreté de l’enfance, sourire et contemplation se mêlent pour le plaisir des petits et des grands.

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« Pogo, danse, bagarre, étoiles filantes » | © Delphine Jouan

Et si le contact physique devenait non seulement le medium, mais aussi le sujet d’un spectacle de danse ? C’est le propos du groupe Noces, formé par la chorégraphe et metteuse en scène Florence Bernad. Ce groupe joue actuellement une pièce intitulée Pogo *, et sous-titrée « danse, bagarre, étoiles filantes ». Quelle poésie déjà dans cette accumulation de noms qui, a priori, s’opposent les uns aux autres. Le lien est ténu pourtant entre ces mouvements empreints d’une énergie toute vitale et fulgurante, comme l’est la « belle danse » que nous offrent les artistes en scène : Aurélie Mouilhade, avec son expression enjouée, sa robe rose de petite fille et son corps de virtuose, et Yann Cardin, grand garçon bagarreur qui va « à sauts et à gambades ».

C’est en observant les enfants et les animaux en train de jouer que Florence Bernad a eu l’idée de créer son spectacle : les bagarres, roulades et autres bousculades bien connues des cours de récréation dégagent en effet un dynamisme parfois ludique et parfois combatif. De manière instinctive et primaire, les enfants jouent du contact physique entre eux. De même, les amateurs de musique punk « pogottent »en concert. Ces deux moments se produisent dans une joie et une hilarité contagieuses, alors que dans notre société les corps se font oublier. En effet, on ne se touche qu’exceptionnellement, et on s’excuse quand cela se produit par erreur ou par maladresse. On étouffe nos envies et nos énergies sous les conventions sociales : il est rare de voir quelqu’un s’élancer, courir, sauter dans sa vie quotidienne. Cela est de toute façon considéré comme étrange, voire complètement ridicule quand il s’agit de deux personnes qui agissent ainsi ensemble…

Des yeux d’enfant

Pogo permet donc à nos grands corps, malades de ne plus s’écouter, de se réconcilier avec leur nature profonde, leurs envies et surtout leur énergie. Les deux danseurs renouent ainsi avec ce mouvement originel et spontané dans une suite de tableaux musicaux, rythmés par l’apparition de photographies animalières sur les bandes d’un rideau en fond de scène. Le jeu, la rivalité, l’amour des deux personnages ancrent cette évocation poétique dans le temps de l’enfance universelle. Le spectacle, estampillé « jeune public », visible à partir de 3 ans, fait le régal des petites têtes blondes qui se hissent sur leurs jambes, ou celles de leurs parents, pour apercevoir de plus près l’animal qui accompagne les danseurs. Leur rire retentit lorsque Yann Cardin joue un mauvais garnement qui embête la « petite » Aurélie Mouilhade… Leur attention est captée par les mouvements gracieux et puissants des artistes, qui excellent dans le contact et le jeu entre équilibre et déséquilibre. La fluidité de leurs mouvements et les changements d’énergie dont ils font preuve sont fascinants à observer pour les grands enfants que nous sommes restés. Et qui auraient bien envie de se laisser aller à cette « danse, bagarre, étoiles filantes », un peu pour rire, beaucoup pour s’amuser, à la folie pour retomber en enfance, et se bousculer à nouveau. 

Dominique Dessein


* Le pogo est un style de danse où la foule saute de façon désordonnée et en se bousculant.

Le pogo (tirant son nom du pogo stick, jouet permettant de sauter verticalement) a été dépeint comme la réponse punk au disco, qui a connu une popularité énorme à peu près à la même époque.

Il aurait été inventé par Sid Vicious des Sex Pistols, à un de leurs concerts, le 5 décembre 1975 (sources peu fiables). Lors de concerts auxquels il assistait, Sid Vicious avait pris l’habitude de sauter sur place, afin de mieux voir le groupe sur scène. Il reproduisait ce comportement en spectacle avec les Sex Pistols, et la foule l’aurait tout simplement suivi.


Pogo, danse, bagarre, étoiles filantes, de Florence Bernad

Groupe Noces • 42, rue Adam-de-Craponne • 34000 Montpellier

06 60 43 64 87

Site : www.groupenoces.com

Courriel : info@groupenoces.com

Mise en scène : Florence Bernad

Chorégraphie : Florence Bernad, Anaita Pourchot, Yann Cardin

Avec : Aurélie Mouilhade et Yann Cardin

Lumières et régie : Julie Valette

Bande son : Marc Calas

Costumes : Bernadette Parot

Photos projetées : Vincent Munier

Théâtre de Clermont-l’Hérault • allées Roger-Salengro • 34800 Clermont-l’Hérault

Réservations : 04 67 96 31 63

Site du théâtre : http://www.theatreclermontlherault.fr/

Courriel de réservation : reserv.theatredeclermont@wanadoo.fr

Samedi 23 février 2013, à 16 h 30

Durée : 35 min

5 €

Tournée :

– Du 17 au 19 mars 2013 : Théâtre de Cusset

– Les 12 et 13 avril 2013 : Théâtre André-Malraux, Chevilly-Larue

– Les 16 et 17 avril 2013 : La Nacelle, Aubergenville

– Les 17 et 18 mai 2013 : salle du Galet, Saint-Martin-de-Crau

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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