Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 10:34

Ça déménage dans les rues de Nanterre !


Par Fabrice Chêne

Les Trois Coups.com


Le premier week-end de juin, à Nanterre, on se promène en famille pour assister au festival Parade(s). Pendant trois jours, une cinquantaine d’artistes ou de compagnies venus de tous les horizons présentent leurs créations. Des spectacles d’une demi-heure en moyenne, représentatifs de toute la diversité et de la richesse des « arts de la rue ». Signalons également des activités pour les enfants et des parcours spécialement conçus pour les personnes handicapées.

Cinq spectacles captés presque au hasard parmi le flot des propositions. La Guardia flamenca, tout d’abord, est une troupe de majorettes plutôt olé olé. Comme leur nom ne l’indique pas, elles sont belges, mais il y a bien longtemps que l’on ne s’étonne plus de ce qui nous vient d’outre-Quiévrain. Anda la banda est une performance déambulatoire chantée et dansée. Tout de rouge vêtues, munies de castagnettes et accompagnées par deux percussionnistes, ces neuf majorettes iconoclastes défilent au pas, des fleurs dans les cheveux. Une vision étonnante qui transgresse les codes de manière ludique.

anda-la-banda jan-orby

« Anda la banda » | © Jan Orby

Non loin de là, dans la « conque » du parc des Anciennes-Mairies, une demi-heure de poésie et de dépaysement avec la troupe de l’Opéra du Sichuan, qui ce mois-ci se produit sur la scène du Théâtre Nanterre-Amandiers dans une création, Flowers in the Mirror. Jongleurs, acrobates, cracheurs de feu, danseuses maniant leur ruban, musiciens : tout y passe. C’est un plaisir pour les yeux comme pour les oreilles, même si, faute de temps, les numéros sont très brefs et ne donnent qu’un aperçu du talent des artistes. La « danse du thé », la performance vocale a capella, sont très réussies. Quant au final masqué, il est très beau visuellement, mais à moitié gâché par la musique techno qui l’accompagne.

Grégor Wollny : un numéro très au point

Grégor Wollny, qui s’est installé dans un coin du jardin de la Maison de la musique, est un artiste allemand à la fois clown, mime et jongleur. Le personnage qu’il a inventé est touchant et sympathique. Il sort de sa valise des objets usuels, dont il fait un usage inédit. L’artiste possède une grande maîtrise de ses effets et exploite à merveille les réactions des spectateurs, non sans provocation parfois. Il sait aussi jouer avec son corps, et allie dextérité et imagination, le clou de son show étant la série de métamorphoses qu’il fait subir à un mètre pliant. Dans la seconde moitié du spectacle, il parodie avec un peu moins d’originalité jongleurs et magiciens. Un numéro très au point qui joue sur la vitesse d’exécution et recueille un franc succès auprès du public.

flowers-in-the-mirror mario-del-curto

« Flowers in the Mirror » | © Mario Del Curto

Du muscle, mais aussi de la grâce pour le collectif Prêt-à-porter, qui exécute sur le parvis de la Maison de la musique un duo acrobatique très chorégraphié intitulé Corps toujours. Laurence Boute et Gypsi Humeau sont deux saltimbanques d’aujourd’hui et perpétuent une longue tradition. Très sobres dans leur costume, refusant tout artifice, ils prennent beaucoup de risques. Les portés, s’achevant parfois à quelques centimètres du sol, sont impressionnants et donnent le vertige. La proximité entre le public et les artistes fait mesurer l’intensité de l’effort et la précision des enchaînements. Les corps se tordent dans une lutte amoureuse qui finit bien.

La secte des « steppologues »

La palme de la loufoquerie revient probablement à Acid Kostik, qui propose dans le parc des Anciennes-Mairies Lève-toi et step ! ou la Grande Messe de la steppologie, un spectacle théâtral, musical et participatif assez amusant quoiqu’un peu bruyant. Le dispositif : six marches conduisent à un podium sur lequel trois allumés en short et cravate, se présentant comme les apôtres du step *, haranguent le public à grand renfort de slogans et de guitares électriques. Les spectateurs doivent suivre les instructions pour espérer devenir eux aussi des membres de la secte des « steppologues ». La satire de notre époque, entre culte du corps et goût pour l’irrationnel, est assez bien vue. Mais tout cela est tellement improbable qu’on n’est pas très sûr que le message passe… 

Fabrice Chêne


* Le step (avec le double sens de « pas » et de « marche d’escalier ») est un exercice pratiqué dans les salles de fitness.


Parade(s)

Les 4, 5 et 6 juin 2010

Spectacles gratuits

Renseignements : 3992

www.nanterre.fr

Photos : © Mario Del Curto et Jan Orby

Partager cet article

Repost 0
Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
commenter cet article

commentaires

Rechercher