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20 avril 2014 7 20 /04 /avril /2014 15:53

Moriarty, bêtes de scène


Par Aurore Krol

Les Trois Coups.com


Un harmonica fendrait l’air, une porte de saloon claquerait et le galop d’un cheval laisserait soudainement un nuage de poussière sur son chemin… Fermez les yeux quelques instants pendant un concert de Moriarty, et c’est ce type d’image que vous aurez en tête. Plus que cinématographique, l’univers du groupe est essentiellement cosmopolite. Un voyage qui, pour cette nouvelle tournée, traverse aussi les époques.

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« Moriarty » | © Erwann Nicolas

Pour la petite histoire, c’est à l’occasion d’une exposition consacrée à Bob Dylan, à la Cité de la musique en 2012, que le projet a germé. Des reprises de standards du folk américain, en hommage pensé exclusivement pour la scène, qui ont fini par être enregistrées dans un élan semi-improvisé. « Fugitives » voit donc le jour un peu par hasard, petit bijou atypique aux ambiances métissées où Moriarty fait renaître vagabonds, femmes adultères, maris jaloux et autres cœurs éplorés.

L’ambiance en live ? Une bande de potes qui font la part belle aux cordes et à l’harmonica, soignant les intermèdes et les apostrophes au public. Entre humour pince-sans-rire, charisme sans apprêt et puissance vocale, Rosemary – chanteuse non officiellement leader mais c’est tout comme – déroule le fil de récits sensibles avec une aisance déconcertante. Allure rétro et bouche carmin, semblant parfois toute droit sortie d’un bar U.S. où elle chanterait pour apaiser les âmes, elle balaye facilement le répertoire folk et country.

Car l’A.D.N. de Moriarty, c’est elle, cette voix ciselée et incisive, modulable à plaisir et parfois presque meurtrie. La voix idéale pour la route, les histoires brinquebalantes et les sensibilités exacerbées de ballades qui donnent le frisson. Tout particulièrement ces deux notes cajun que sont Matin pas en mai et l’émouvant Belle, interprété en toute fin de concert. Des chansons en français de Louisiane qui prouvent que le groupe peut aussi se permettre des excursions en dehors du répertoire anglophone, et que ces excursions, des plus savoureuses, mériteraient sans doute d’être entretenues.

Pas inconnus du festival Mythos – ils avaient déjà collaboré à l’édition 2013 pour le projet Birds on the Wire –, les six compères sont comme des poissons dans l’eau dans l’écrin chaleureux du Magic Mirrors. Leur concert commence avec Woody Guthrie, se poursuit en ressuscitant d’autres songwriters mythiques tels que Hank Williams, fait un tour sur les terres des anciens albums et finit par l’inévitable Jimmy, comme un acmé inévitable faisant office de rappel. Un set des plus réussis, où la complicité des membres de la formation prend parfois la forme d’un joyeux chahut, mais d’un chahut parfaitement maîtrisé. Ces globe-trotters-là sont des bêtes de scène… 

Aurore Krol


Moriarty en concert, tournée « Fugitives »

www.moriartyland.net

Cabaret botanique, jardins du Thabor (entrée Saint-Melaine) • 35000 Rennes

www.festival-mythos.com

Courriel de réservation : billetterie@festival-mythos.com

Renseignements : 02 99 79 00 11

Jeudi 17 avril 2014, à 22 h 30

Durée : 1 h 20

23 € | 18 € | 15 €

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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