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« Au théâtre, il n’y a rien à comprendre, mais tout à sentir. » Louis Jouvet
En direct du Festival et du Off d’Avignon 2012
Un bonheur de vie à partager
« Moi, j’attends » est l’adaptation sur scène de l’album éponyme né de la collaboration entre le jeune auteur italien Davide Cali et l’illustrateur Serge Bloch. Alban Coulaud, metteur en scène de la Cie O’Navio en offre ici une mise en scène minutieuse, juste et touchante, destinée au jeune public mais pas uniquement.
« Moi, j’attends » | ©Thierry Laporte
L’histoire de Moi, j’attends n’est autre que l’évocation de toutes ces petites choses qui constituent l’existence, ce fil rouge tissé d’attentes, de bonheurs et de cadeaux disséminés au gré des jours : de la quête de l’amour, à l’attente de l’être aimé ; de la naissance d’un enfant à son départ de la maison… C’est également la vie dans ce qu’elle comporte de peurs et de doutes tels que la guerre ou la maladie qui est ici abordée.
Les deux personnages de la pièce, drôles et attachants, sont incarnés par Christophe Roche et Élise Hôte. De par la qualité de leur jeu, ces derniers semblent tout droit sortis de l’univers de Jacques Tati. Peu bavards, leurs mimiques et gestes n’en sont pas moins évocateurs de leurs sentiments, et les diverses situations qu’ils rencontrent dans leur quotidien font, par leur dimension burlesque, sourire.
Une scénographie où tout fait sens
Moi, j’attends nous frappe également par sa séduisante scénographie, signée Isabelle Decoux. En effet, l’intrigue se déroule sur un plateau circulaire. Tantôt boîte à musique pour danseuse, espace complice d’où naît l’amour entre les personnages, le dispositif scénique très inventif ne cesse de se dévoiler sous de nouvelles facettes aussi nombreuses que les aventures de la vie. La pièce évolue au rythme continu des aiguilles de la pendule, marqueurs du temps qui passe, rempli d’un quotidien qui bat son plein : des appels de belle‑maman aux allers et retours du travail, du temps des disputes à celui des réconciliations… Ici, tout est pensé avec minutie et souci du détail. Des décors aux costumes, de la musique aux éclairages, rien n’est laissé au hasard.
Dans ce théâtre d’objets, dont le mouvement se crée au moyen d’un pédalier, chaque élément fait sens : un petit train électrique parcourt le plateau pour signifier le départ à la guerre ; les multiples valises, boîtes à chapeaux et caisses de toutes sortes défilent sous nos yeux et deviennent tour à tour fenêtre, cartable, corbillard ; des ballons blancs sont là pour signifier des existences… Et toute cette destinée est traversée par un fil de laine rouge échangé, offert, collectionné, tel le fil d’une existence personnelle et pourtant tellement universelle.
Cette représentation de Moi, j’attends est un moment beau et poétique, une pièce douce et drôle qui traite sans prétention, mais avec beaucoup d’inventivité, de l’essentiel, de ce qui fait nos existences. Un moment de vie en somme, partagé avec humour, mélancolie et bonheur. ¶
Élise Ternat
Les Trois Coups
Moi, j’attends, de Davide Cali et Serge Boch
Publié aux éditions Sarbacane
Compagnie O’Navio • 32, rue de Tourcoing • 87000 Limoges
Mise en scène : Alban Coulaud
Avec : Élise Hôte et Christophe Roche
Scénographie | objets et costumes : Isabelle Decoux
Présence Pasteur • 13, rue du Pont‑Trouca • 84000 Avignon
Réservations : 04 32 74 18 54
Du 7 au 28 juillet 2012 à 10 heures, relâche les 15 et 22 juillet 2012
Durée : 50 min
9 € | 6,50 €
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