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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 21:11

Un évènement musical européen


Par Jean-François Picaut

Les Trois Coups.com


Des artistes venus de divers pays européens se sont retrouvés sur la scène du Théâtre national de Bretagne pour interpréter ce monument verdien. Le public a plébiscité ce grand moment de musique vocale et orchestrale.

giuseppe-verdi-615 lombardini

Portrait de Giuseppe Verdi par Lombardini (musée des Instruments du conservatoire de musique Giuseppe‑Verdi | © D. R.

L’opération de ce soir, à l’initiative commune de l’Orchestre de Picardie et de l’Orchestre symphonique de Bretagne, est soutenue par le réseau A.C.T. (A Common Territory / Un territoire commun). Elle a réuni 185 musiciens, choristes et solistes sur la scène du Théâtre national de Bretagne (l’Orchestre symphonique de Bretagne, l’Orchestre de Picardie, le Brighton Festival Chorus et quatre solistes) sous la direction d’Arie Van Beek pour interpréter la magistrale Messa da requiem de Giuseppe Verdi, appelée plus souvent le Requiem.

Le Requiem, en l’honneur du poète Alessandro Manzoni, très engagé dans la lutte pour l’unité italienne comme Verdi, fut composé en 1874 alors que Verdi, au sommet de sa gloire, avait déjà écrit la plus grande partie de son œuvre. C’est sans doute la source de cette composition grandiose qui mobilise toutes les ressources de l’orchestre et les richesses de la voix. Bien qu’on le doive à un homme dont la ferveur religieuse n’était pas éclatante, ce Requiem est une œuvre réellement religieuse, bien au-delà du simple respect du canon de la messe des morts catholique, et profondément humaine, en même temps.

Un fort engagement, beaucoup de précision avec peu de gestes

L’interprétation du chef hollandais Arie Van Beek rend parfaitement hommage au travail magistral de Verdi. Le Brighton Festival Chorus (fondé en 1968, actuellement cinquième chœur britannique selon le London Times, chef de chœur : James Morgan) est un instrument d’une grande précision. Il le prouve dès l’ouverture avec un Requiem aeternam très délicat qui contraste avec le fracas du Dies irae avant que n’éclatent les huit trompettes du Tuba mirum. Il faut toute la maîtrise du chef pour concilier un fort engagement, beaucoup de précision avec peu de gestes et un équilibre musical parfait entre ces masses et les quatre solistes. C’est léger quand il le faut, grandiose quand c’est nécessaire, mais jamais pesant ou grandiloquent.

On le voit dans le dramatique Mors stupebit avec les deux premiers mots complètement détachés où la basse coréenne Jihoon Kim rend sobrement l’effroi de la créature appelée à rendre ses comptes. On signalera encore la gestion très fine entre le plaintif Quid sum miser et les éclats du Rex tremendae où une nouvelle fois la basse sépare nettement les deux termes de l’appel « Salva me ». Comment n’être pas également touché par la supplique des deux voix de femmes, Anush Hovhannisyan (soprano) et Monika-Evelin Liiv (mezzo-soprano) dans le Recordare ?

On signalera aussi la délicatesse des deux voix de femmes dans l’Agnus Dei et l’ensemble émouvant que cela constitue avec les répons du chœur. Tout cet art culmine dans le grandiose Libera me qui conclut l’œuvre. Il faut encore une fois tout le talent d’Arie Van Beek pour concilier la puissance des grandes masses du chœur et de l’orchestre avec la délicatesse des parties confiées à la soprano. Anush Hovhannisyan y fait preuve de belles qualités vocales et y prouve son talent dramatique.

On comprend la profonde joie irradiée par le public à l’issue de ce concert. Le Requiem de Verdi proposé ce soir est à coup sûr une belle réalisation à porter au crédit de ses interprètes et des organisateurs. 

Jean-François Picaut


Messa da requiem, de Giuseppe Verdi

Direction : Arie Van Beek

Avec : Anush Hovhannisyan (soprano), Monika-Evelin Liiv (mezzo-soprano), Pablo Bemsch (ténor) et Jihoon Kim (basse)

Orchestre symphonique de Bretagne

Orchestre de Picardie

Brighton Festival Chorus

Royal Opera House Covent Garden

Théâtre national de Bretagne • salle Vilar • 1, rue Saint-Hélier • 35000 Rennes

Réservations : 02 99 31 12 31

www.t-n-b.fr

Les 29 et 30 novembre 2013 à 20 heures

Durée : 1 h 30

Réservations : 02 99 275 275

25 € | 10 € | 8 € et abonnements

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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