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« Au théâtre, il n’y a rien à comprendre, mais tout à sentir. » Louis Jouvet
… au milieu des chefs-d’œuvre
Vincent Cambier
Est journaliste, rédacteur en chef et créateur de ce journal. Il se veut résolument indépendant et refuse catégoriquement qu’on modifie ses articles sous quelque forme que ce soit – pratique courante dans la presse, en général, et dans la presse quotidienne régionale, en particulier. Amoureux fou des mots, Vincent pousse le vice jusqu’à posséder un diplôme de correcteur professionnel. Il apprécie surtout les auteurs contemporains, si possible vivants, et les œuvres créées spécialement pour être jouées par des comédiens, avec une écriture spécifiquement dramatique. Il habite Avignon et a noué depuis 1990 des liens étroits avec les comédiens, metteurs en scène et compagnies de France.
La belle équipe
Marie Barral
Mauvaise conteuse, je suis admirative des narrateurs en tout genre – romanciers, orateurs, historiens, pipelettes ou comédiens –, de tous ceux qui savent plonger les autres dans un récit et les bercer de leurs mots. J’ai choisi des études où l’on décryptait le discours des autres, les sciences politiques, puis un emploi où on les faisait parler, le journalisme. Dans mon travail, je rencontre des conteurs variés, des personnes qui construisent une ville et une histoire collective. Le théâtre est cela aussi, la construction d’un imaginaire collectif par le rassemblement, dans une même pièce, de ceux qui racontent et de ceux qui écoutent. Écrire pour les Trois Coups est donc une belle occasion de partager mon enthousiasme pour les compagnies, metteurs en scène et auteurs…
Aline Bartoli
Petite, c’est le plaisir égoïste et convenu du spectateur qui m’a transportée. Une fois adulte, je me suis intéressée au travail du comédien. Travaillant dans la finance, c’est avec un bonheur indicible que je délaisse volontiers mes chiffres pour me laisser emporter par l’émotion des mots et que je vibre devant l’assurance fébrile des comédiens. Ce qui me fascine est que le théâtre est un art transcendant, certes, mais il reste fragile : chaque représentation est unique, perpétuelle remise en question. En parallèle, le défi de tout comédien est de ne pas se perdre lui-même et de trouver le juste arbitrage entre le réellement vécu et le « bien » joué. Juste assez pour faire vibrer « l’autre » avec humilité, le transporter de son siège au miroir de la vie, afin de lui permettre de s’y retrouver, un peu, et d’y rêver, beaucoup.
Margot Boisier
Connaître, c’est naître avec. Cette co-naissance, c’est le moteur de ma foulée existentielle. Découvrir. Partager. S’ouvrir au monde. Être en mouvement. Toujours plus, toujours mieux. Les arts répondent précisément à cette exigence, cette persévérance, ce renouvellement constant, cette volonté de toujours réinventer le réel. Cette soif. Littérature, théâtre, danse, musique, arts plastiques sont autant d’univers que je me plais à côtoyer. Dévorer les sensations transmises, sentir, ressentir. La création, c’est l’amour du dérangement. De l’écorchure. Un espace qui apporte paradoxalement un grand réconfort dans la régularité obsessionnelle du monde d’aujourd’hui. La rencontre entre le moi et l’espace de la création est plus qu’une ambition, c’est ma trajectoire de vie.
Lorène de Bonnay
Lorène est journaliste rédactrice, auteur et professeur de lettres modernes. « Passionnée par la littérature et les arts, j’ai d’abord voulu travailler dans la recherche. Une fois professseur, j’ai donc fait un D.E.A. sur la poétique du désir chez le poète et peintre Henri Michaux, puis ai entamé une thèse. Mais c’est mon propre désir d’écrire – hors du cadre universitaire – que j’ai découvert. J’ai alors travaillé deux ans pour la revue culturelle le Journal de la culture rebaptisée la Presse littéraire : je tenais une chronique « Arts » et ai publié une nouvelle (le Temps des goyaves). J’ai également rédigé le pilote d’une émission TV pour enfants (« Rues nommées »), avant d’effectuer plusieurs missions de rédactrice et maquettiste pour des associations culturelles (L’Art au garage, Opalciné, L’Eau vive Théâtre), une société de production (Cantina Film) et un studio de création photo. Puis j’ai passé un master 2 de journalisme à l’École supérieure de journalisme de Paris. J’ai ensuite travaillé pour les sites web des magazines Géo et Femmes et suis devenue pigiste spécialisée en spectacles et expos (critiques, interviews, portraits, reportages) – avec une prédilection pour le théâtre contemporain. J’aime la pulvérisation des mots, des corps et des lumières sur scène. La question du lien. La possibilité de faire cohabiter ou non texte, danse, cirque, vidéo, installation… Aujourd’hui, j’enseigne et continue d’écrire des articles culturels ainsi que des fictions plus personnelles ».
Camille Bourleaud
Aller au spectacle, c’est un peu comme ouvrir une trappe. Il faut se faufiler à l’intérieur, accepter de tâtonner parce qu’on manque de lumière. La seule façon de bien y voir, c’est de refermer la trappe, et de se laisser tomber dedans. J’aime l’idée que sous les voiles, les masques et les craintes, on puisse perdre le contrôle. Étudiante à l’École supérieure de journalisme de Lille, j’ai fait une prépa littéraire et obtenu une licence de lettres modernes et d’histoire. Je suis férue de danse, boulimique de théâtre. Depuis six ans, j’appartiens à une troupe de comédiens amateurs. L’été, nous sillonnons les vallées pyrénéennes à la rencontre d’un public. J’y découvre le bonheur des mots en bouche, des planches et des lumières. Passer du côté spectateur n’en est que plus percutant. Je mesure ma chance d’intégrer les Trois Coups. Je vais pouvoir affûter ma plume, mon œil, dire ce que je pense et penser ce que je dis. Sans prétention, mais avec passion.
Fabrice Chêne
« Les grands textes, je les enseigne à mes élèves – ils nous constituent et on ne peut pas s’en passer. Ma passion aujourd’hui va à la création contemporaine, dans ce qu’elle a de vivant et de foisonnant. Des années de fréquentation des théâtres parisiens et avignonnais n’ont pas tari ce goût pour ce qui est en train de se passer, ici et maintenant, fruit du travail des auteurs, des metteurs en scène, des comédiens. Magie toujours renouvelée des voix, des corps et des mots, le théâtre est pour moi le lieu de tous les imprévus et de toutes les audaces, de tous les paradoxes et de toutes les métamorphoses : un espace de liberté où les vérités vacillent. Quel meilleur moyen qu’un journal en ligne quotidien comme les Trois Coups pour rester en phase avec l’actualité toujours changeante du spectacle vivant ? Y contribuer, c’est assumer en toute indépendance un rôle de guide : éclairer le choix des spectateurs face à l’offre pléthorique de la scène théâtrale actuelle, mais aussi aider les compagnies, jeunes ou moins jeunes, à rencontrer leur public, en faisant connaître la démarche des artistes. Prouver que le théâtre reste une nécessité vitale dans le monde d’aujourd’hui. »
Florent Coudeyrat
Une amie m’interrogeait récemment sur ma passion pour le spectacle vivant, me demandant en quoi celui-ci pouvait être préférable, par exemple, au cinéma. Je n’ai pas voulu hiérarchiser l’un ou l’autre, les deux me nourrissant de manière différente. Je peux lui dire aujourd’hui que le spectacle vivant, parce qu’il m’a appris à me détacher de tout a priori face à l’inconnu, par la réception d’une interprétation par définition nouvelle, m’a fait grandir et attise sans cesse une curiosité initialement tournée vers la musique classique et l’opéra. Avec une formation en sciences politiques et en droit, mon intérêt se porte naturellement vers les spectacles qui abordent les questions historiques et sociétales, mais aussi vers les récits initiatiques et leurs rites de passage souvent bouleversants, ou les histoires en apparence légères qui mêlent subtilement le rire à un drame sous-jacent.
Solenn Denis
Après un bac théâtre où son professeur communiste à moustaches lui aurait dit « Toi, tu seras une grande », Solenn Denis entre aux cours Florent et obtient une licence de cinéma. Son prof étant mort depuis, elle se trouve dans l’impossibilité de savoir une grande quoi. Mais les mots des autres sur le plateau mettent en lumière comme ça trépigne, comme ça crie à l’intérieur ! Sous sa peau, les mots, et elle se penche sur le papier. Écrire du théâtre, pas des mots de tête pour un lecteur silencieux, des mots façonnés pour la chair. Alors, elle prend cette décision : comme on décide de rentrer dans les ordres, essayer de faire de sa vie des drames.
Céline Doukhan
J’écris dans les Trois Coups depuis septembre 2008. Depuis, que de rencontres, au propre (parfois) et au figuré (souvent) ! Pour autant qu’on se laisse toucher, qu’on ouvre avec intérêt et bienveillance son esprit et ses sens, le spectacle dans toutes ses formes me semble pouvoir procurer une variété infinie de sensations et d’émotions. Il y a à chaque fois un plaisir de la découverte : par exemple, j’aime à aller dans les grandes et belles salles, mais aussi dans de nouveaux lieux, des petits théâtres dans des petites rues, qui réservent souvent de très bonnes surprises. Je suis sensible sans les hiérarchiser au théâtre (ah, la découverte du théâtre d’objets ! ou encore les frissons de la diction baroque…), à la musique (plutôt classique, mais pas seulement), à la danse. Je ne laisse pas de m’étonner du lien qui peut encore exister entre des textes vieux de plusieurs siècles et les spectateurs que nous sommes. Mais je dois certaines de mes expériences les plus marquantes à des auteurs vivants, que les Trois Coups sont fiers de défendre. Si j’avais depuis longtemps plaisir à « aller au spectacle », partager mes impressions grâce à l’écriture m’a donné de plus grandes joies encore.
Catherine Lise Dubost
Qui suis-je ? La question n’est pas des plus pertinentes. Tout le monde s’en moque, et chacun a ses raisons. Mais si je vous dis que j’aime les mots, les beaux mots, les gros mots aussi parfois, les grands mots qui résonnent et les doux qui se chuchotent, que je sillonne l’Europe à la recherche de perles rares, que j’en trouve parfois – car je suis opiniâtre –, et que j’aime l’étincelle alors, dans vos yeux… Vous m’écoutez ? Les mots m’ont fait entrer au théâtre et m’ont envahie le corps. Drôle de phénomène, tout de même, que ces formes écrites, dites, lues, qui vous remplissent jusqu’à devenir une partie de vous-même. Étonnant. Peut-être est-ce là ce qui me fait revenir au théâtre, ce qui me pousse à vous faire partager ce que j’y trouve. Pour comprendre, peut-être, ce qui m’étonne toujours. Vous me suivez ? Allons-y !
Sarah Elghazi
« La même fièvre pousse à écrire, à jouer, à créer… à critiquer. C’est cette fièvre qui m’a saisie quand j’avais douze ans, la première fois que je suis allée au théâtre, devant une mise en scène du Misanthrope, avec Andrzej Seweryn dans le rôle-titre. Maladie salutaire qui ne m’a jamais quittée. Elle m’a accompagnée tout au long de mon apprentissage : un master 2 de lettres modernes, indissociable d’une formation théâtrale touche-à-tout, ateliers, cours, stages, expériences de mise en scène et de créations. Ça a été, et c’est encore un parcours jalonné de merveilleuses découvertes, d’expériences – bonnes ou mauvaises – bouleversantes de spectatrice, qui donnent envie d’alpaguer les gens dans la rue pour les partager, pour s’en délivrer en les recréant par la parole et par l’écrit. Voilà ce que j’aimerais faire avec les Trois Coups : communiquer, partager, célébrer… et parfois blâmer, mais toujours avec intégrité. En restant fidèle aux idéaux, aux rêves, qui font que nous sommes là. »
Cédric Enjalbert
Cédric va au théâtre parce que c’est bon pour son corps. Il va aussi à l’opéra parce que ça lui fait le teint joli. Il est passé par une maîtrise de lettres sur le théâtre dada – fugitif mais explosif – et vient d’obtenir un master 2 de philosophie politique, qui a pour objet la citoyenneté urbaine. Pour la beauté du geste. Mais, parce qu’il aime écrire et s’inquiète tout de même de son avenir, il aimerait rejoindre la belle corporation des journalistes, histoire d’aller peut-être un jour planter ses mots dans les pages culture d’une feuille de chou. Les Trois Coups sont pour lui une belle aventure, théâtrale et humaine, depuis Avignon 2007 [N.D.L.R. : c’est le doyen de l’équipe !].
Lise Facchin
« Il me serait fort doux de partager cette aventure réunissant autour d’une passion commune tant de personnalités différentes. La critique théâtrale accorde trois de mes passions les plus chères : l’écriture que je pratique au quotidien sous de multiples formes, le théâtre que j’ai exercé assidûment pendant près de dix ans et le xixe siècle français sur lequel je me spécialisais au cours de mon D.E.A. d’histoire de l’art. Cette période est véritablement celle de l’apogée de la critique d’art, acteur fondamental de la progression artistique tout au long de ce siècle extraordinaire, jonché de révolutions, de coups d’État, de scandales et d’immenses artistes réinventant sans cesse leur langage. Il est déplorable que ce métier si précieux soit, de nos jours, tombé dans une telle désuétude. Pouvoir me joindre aux Trois Coups répond à un de mes souhaits de longue date. Si je crois posséder les qualités d’un rédacteur, il me faut être honnête et prévenir que la critique négative me semble aussi constructive que les louanges. Ainsi, lorsqu’une pièce me déplaît, non seulement je mets un point d’honneur à écrire tout de même mon article, mais, surtout, je ne retiens pas mes chiens de mordre. »
Lucile Féliers
Mon premier choc esthétique était un garçon de 15 ans au lycée, mon second une pièce de Pippo Delbono, trois ans plus tard. L’un ne m’a pas habité longtemps, l’autre m’envahit toujours. Je ne sais pas exactement ce que je cherche au théâtre, mais les faits sont là : après plusieurs digressions vers la littérature, le cinéma ou les arts plastiques, c’est au théâtre que je vais. Le plus souvent seule, considérant qu’il est mon espace d’intimité. Parfois, j’ai peur d’y aller. Je sais la violence qu’il peut m’infliger. En tout cas, le théâtre interroge l’homme face au réel, ce qu’il peut faire du réel, ce qu’il peut voir du réel. Le théâtre est tout sauf une quelconque démonstration intellectuelle. C’est une histoire de forces : la confrontation de l’homme aux puissances extérieures du réel.
Ingrid Gasparini
Tout commence par des études de cinéma : après avoir réalisé quelques courts-métrages, je m’exile pour apprendre « l’english » outre-Atlantique. De retour au bercail, j’intègre une chaîne du câble, où j’écris et réalise mes premiers sujets sur l’actualité culturelle. Membre de différentes ligues d’improvisation théâtrale, j’use mes semelles sur les patinoires de France et de Navarre, avec un plaisir sans cesse renouvelé. Mordue de théâtre, de danse contemporaine et de poésie, je fréquente les grandes scènes nationales et les petits cafés surpeuplés avec la même assiduité. Je suis aussi une globe-trotteuse, cinéphage et plumitive, qui aime l’accordéon et les bouquins fatigués. À part ça, sinon, dans la vraie vie ? Je fais de la gestion de production… dans le secteur culturel, bien sûr !
Sébastien Gazeau
« C’était en 2001. Je faisais un stage dans un théâtre à Bordeaux. On m’avait proposé d’habiter à côté, dans une maison qui servait habituellement de loge et de résidence pour les compagnies invitées. Renaud Cojo présentait Phaedra’s Love de Sarah Kane. La pièce se terminait dans un bain de sang. Le noir venu, l’acteur principal courait prendre une douche dans sa loge de fortune pour revenir aussitôt saluer sur scène. Je le savais. Le troisième soir des représentations, je décide de rentrer à la maison avant le reste de l’équipe. Je traverse le jardin mal éclairé, j’ouvre la porte, allume et m’arrête, stupéfait. Sur le sol, des traces de sang, de pas. Il m’a fallu deux ou trois secondes pour faire le lien, reprendre mon souffle puis rire. Le théâtre est entré dans mon quotidien de cette manière. Puis j’ai continué de travailler pour des lieux ou des compagnies, toujours sensible aux lignes imaginaires qui séparent la scène du vaste monde, toujours prêt à les confronter lorsqu’il s’agit de mieux cerner l’une et de vivre dans l’autre. Depuis trois ans et demi, je fais métier d’écrire, de préférence dans le domaine artistique et culturel, parce que c’est de ce côté que j’aime tendre l’oreille. Écrire, dans mon cas, est un prétexte pour écouter, et le souci de transmettre cache à peine celui de comprendre. »
Christophe Giolito
Il s’essaie à la critique théâtrale d’abord pour le portail Lelitteraire.com depuis 2008. Il lui a paru nécessaire de prolonger les spectacles dont la force s’impose et qui ont toujours stimulé sa sensibilité, par quelques notes qui, au mieux, devraient entrer avec les mises en scène en résonance. Le chroniqueur devrait en effet à ses yeux par ses traits de plume prolonger l’œuvre. Intention outrecuidante, qui peut être vue aussi bien comme la tâche du conservateur s’efforçant de bien exposer les tableaux, ou même comme celle de l’agent de service époussetant leurs cadres. Tout cela aussi, de près ou de loin, participe des conditions de transmission de l’œuvre. Outre ses activités, essentiellement vespérales, de critique, il enseigne dans plusieurs institutions parisiennes la culture générale et la philosophie.
Benjamin Janlouis
Si Benjamin était une œuvre dramatique, ce serait le Soulier de satin (1re version) ou Phèdre ou Incendies. Un objet ? Une statuette cycladique ou un bronze du Bénin ou une aiguière ottomane. Une œuvre musicale ? La Flûte enchantée ou Rhapsody in Blues ou A Kind of Blue. Un(e) comédien(ne) ? Laurent Terzieff ou Jeanne Moreau ou Sandrine Bonnaire. Un(e) musicien(ne) ? Doudou N’Diaye Rose ou Sonny Rollins ou Brigitte Engerer. Un plat français ? Un magret de canard aux clémentines ou des profiteroles au chocolat ou un bar aux dattes. Une chanteuse ? Nathalie Dessay ou Ella Fitzgerald ou Dee Dee Bridgewater. Un chanteur ? Brassens ou Nougaro ou Ruggero Raimondi. Une œuvre littéraire ? Aurélien ou l’Odyssée ou Mémed le mince. Une fleur ? Le jasmin tunisien ou la rose qu’on tient au poing. Un légume ? Le fenouil ou la pomme de terre ou le melon. Un fruit ? Une poire William, une pomme Belchard ou une mangue. Un film ? À bout de souffle ou Norma Rae ou Bright Star. Un arbre ? Un flamboyant ou un fromager ou un olivier. Une plante ? Un chèvrefeuille ou une azalée ou un fuchsia. Un meuble ? Un secrétaire ou une bibliothèque ou un fauteuil relax ou un lit.
Mariy K.
Roulement confus. — Première salve. Dans l’obscurité. Elle est petite. Ouvre de grands yeux sur le rideau noir. Sent l’énergie d’une foule vivante, compacte au-delà de l’étoffe,
derrière les raclements de gorge, les bruissements des voix qui chuchotent. Première représentation devant un public. Premier trac. Révélation.
Premier coup. — Salut à la Reine. Côté cœur. La joie de jouer croît. Ressenti. Travail d’une matière, son corps, et de mots, ceux des autres. Interpréter. Conquérir le vide en
gestes nouveau-nés, faire advenir l’inconnu. Donner des contours à un visage, à une parole, à une vie.
Deuxième coup. — Salut au Roi. Côté jardin. Culture à la française. À l’anglaise aussi. Lire. Entendre. Regarder. Analyser et juger. Fourbir ses armes au flanc de la montagne
Sainte-Geneviève. Cols étroits et périlleux sommets – penser juste jusqu’au bout. Écouter les mots faire résonner les sens. Puis en forger de nouveaux pour évoquer… convoquer…
éclairer ? ceux des autres, et partager ce qui sera resté.
Troisième coup. Le rideau se lève sur une nouvelle scène. Merci aux Trois Coups de l’avoir entrouvert…
Aurore Krol
« Si je voulais être journaliste quand j’étais petite, c’est qu’à mes yeux il s’agissait du plus beau métier du monde. Depuis, j’ai étudié, voyagé, aimé des êtres et des œuvres, pleuré, vibré et frissonné. J’ai découvert des choses trop intimement liées à la passion pour les envisager comme un métier. De peindre un tableau, d’écrire un poème, de danser où d’interpréter un personnage, j’en vis, mais au sens premier du terme. Je ne suis pas capable de délimiter ces élans, de les maîtriser. De ces passions, néanmoins, peut naître une chose plus raisonnée, sans pour autant perdre son émotion vive. Cette chose, appelons-la « texte journalistique » : une réflexion moins intime, mais tout aussi charnellement ressentie et tendue vers le partage. Car, si je connais (pour l’avoir ressentie) l’urgence, la beauté et la vulnérabilité d’un acteur, j’ai forcément envie que tout se passe pour le mieux quand le public et les comédiens se rencontrent, se retrouvent, ou se découvrent. J’écris donc une mise en lumière, une médiation, un hommage aux artistes et un partage avec ceux qui, comme moi, ont le cœur qui s’accélère quand le rideau se lève. Mon avis est celui d’une spectatrice dont le regard s’est aiguisé au fil des années, c’est une subjectivité assumée, une critique pas forcément positive, mais toujours infiniment respectueuse du travail artistique. Participer aux Trois Coups, c’est prolonger l’enthousiasme. C’est permettre à toutes ces sensations de se confronter à d’autres regards qui viendront, je l’espère, les enrichir. Et le journalisme reste donc, selon moi, le plus beau métier du monde. »
Nathalie Legardinier
L’art et le langage, inexorablement intriqués. L’art de sculpter les mots, de les placer en résonance, écho du langage du corps : voilà le théâtre, une danse subtile entre le silence, les bruissements et les cris, les dits et les non-dits. Bref, j’écris. De la poésie, du théâtre, des histoires. J’écris pour mes amis, des artistes, des sculpteurs, des peintres. Je prépare en ce moment une lecture musicale sur Michaux. Et je vais au spectacle. Depuis toute petite comme ça, même quand je ne comprenais rien. C’est ainsi que mon âme s’est éveillée, à la bougie d’un clair-obscur. Ce que j’aime, je le défends ; ce que je n’aime pas, j’en parle. Je n’encense pas, je ne démolis pas… Enfin, ça peut arriver… J’ai très envie de partager un bout de vie avec les Trois Coups, depuis L’Isle-sur-la-Sorgue, Lyon ou Paris. Toujours à disposition des mots, jusqu’à la folie.
Léna Martinelli
Léna a un doctorat d’études théâtrales de l’université Paris III. Elle est journaliste pour la Revue Théâtre/Public, le magazine la Scène, le site Mouvement, etc. « Coups de cœur, coups de gueule, coups de sang. Passionnée du spectacle vivant, j’aime partager mes découvertes ou mes déceptions. Car j’attends beaucoup de l’art, qu’il me transporte ou me laisse scotchée sur place, qu’il me divertisse, me bouscule, me choque, me transforme. À coup sûr, j’aime partager mes émotions, les traduire par des mots sensés, prolonger les rencontres par des portraits sensibles. Parallèlement à mes activités d’auteur et d’enseignante en arts du spectacle, je mets mon savoir-faire de médiatrice culturelle au service d’artistes ou de structures. »
Hedwige Mazel
L’art est la quintessence de l’humanité. L’art et la critique sont une confrontation de deux intelligences émotionnelles distinctes. Comme le talent, qui est semblable à la beauté, la critique est subjective. Le grandiose est universellement accessible. Toute compréhension est donc permise dans chaque écoute, chaque geste, chaque regard. La presse a ce rôle d’informer. Grâce à l’art, elle redonne de la sensibilité même aux sujets les plus arides. Elle défend la vérité dans une quête éternelle qui contient mille interprétations, bien qu’il n’y ait en définitive qu’une seule réponse : la question en elle même. Finalement, l’œuvre et l’artiste se suffisent-ils pour exister ?
Aurélie Mazzeo
Le Conservatoire d’art dramatique de Nantes et cinq ans de lettres. La vocation et l’alternative. Croquer, écrire et ouvrir les sens. Novarina et Arrabal et Beckett. Et la langue nouée et la joie pure et la nourriture céleste. Et la chair nue devant les chairs carapacées, un espace et l’univers. Regarder quelqu’un, et lui parler. Regarder quelqu’un, et leur parler. Pétrir l’argile, faire de l’or avec de la boue, mâcher la poésie, la laisser marcher sur chaque organe, et beau, et vrai, et plus que jamais. Et découvrir qu’on peut, qu’il faut, qu’on doit, qu’on est. Et tout art en un seul. Et la liberté. Et la liberté ! L’humanité dans le théâtre, et moi dans l’humanité.
Fatima Miloudi
« “Le théâtre”. Le mot seul évoque un monde de libertés. La pensée et les sensations réunies. Un endroit où se révèle ce qui, au quotidien, est caché. Tout est là devant soi : ce que l’on tait, ce qui ne s’énonce pas, ce qui est vécu psychiquement et qu’on ne sait comment partager. Un espace où apprendre à regarder l’âme humaine. Des dramaturges, c’est sans doute Bernard-Marie Koltès qui m’a le plus profondément touchée. L’impression de rencontrer un humain parmi les hommes. Le théâtre, pour moi, c’est la manifestation sur scène de notre humanité ». Après ses études à Strasbourg, Fatima Miloudi, professeur de lettres modernes, enseigne à Nîmes. Elle poursuit, par ailleurs, une licence en médiation culturelle. Outre son parcours littéraire, elle a étudié la musique et a un premier prix de clarinette. Elle concilie aujourd’hui ses passions : théâtre, musique et arts.
Vincent Morch
Vincent a grandi dans une famille où la musique et la scène tenaient une place importante. À titre amateur, il a lui-même pratiqué le piano et pris des cours de théâtre. Après des études de lettres et de philosophie, et une expérience d’enseignement en Afrique, il travaille maintenant dans une maison d’édition littéraire indépendante. « Je suis très heureux de faire fructifier ma formation littéraire et ma sensibilité artistique à travers la rédaction de critiques pour les Trois Coups. J’aime la rencontre charnelle que le théâtre seul, avec la danse, peut créer entre l’artiste et le spectateur ; j’aime le courage des acteurs qui se mettent à nu devant des inconnus, dans une vulnérabilité profondément touchante ; j’aime la puissance de ce choc, qui peut mener à la séduction absolue ou au rejet le plus catégorique – à la nausée même. À la joie de cette rencontre paradoxalement authentique – car tout, dans le théâtre, est artificiel – se joint pour moi la joie d’en rendre compte par l’écriture, dans un souci constant d’honnêteté et de rigueur. »
Trina Mounier
Si j’avais pu, dans la vie, j’aurais été spectateur de théâtre… pas seulement de temps en temps pour le plaisir, non, spectateur professionnel… et ni de film ni d’opéra, mais bien de théâtre. Sans doute à cause du lien très particulier qu’opère le théâtre entre texte et spectacle. J’aime le charnel, gouleyant ou rocailleux, des mots, des phrases… Et je dis bien spectateur, pas acteur, pour satisfaire mon côté contemplatif et taiseux… Et parce que je sais, et j’aime, écouter ou simplement entendre… Écrire ? Je n’aime pas tellement écrire, c’est une activité qui me remplit d’inquiétude… Et pourtant, je me suis arrangée pour ne faire que cela, pour vivre de cela, des mots si difficiles à trouver et à coucher sur le papier, et surtout à relire… Bizarre comme on construit sa route… L’essentiel est que, à la croisée des chemins, écrire sur le théâtre m’est apparu comme une évidence…
Delphine Padovani
Je me promène depuis longtemps avec des papiers et des stylos pour fabriquer des histoires, griffonner des animaux ou produire des analyses. À faire le compte, les lignes dédiées aux arts scéniques l’emportent haut la main. Parmi elles, les meilleures n’inventent rien et commentent plutôt ce qui existe déjà. Je prends racine dans les jardins d’écriture plantés par les autres. J’entre dans les spectacles comme dans de grandes machines, pour voyager à travers scène. Je découvre, j’examine, je me nourris, je réagis. Voilà comment je me suis payé le luxe de consacrer six ans à la rédaction d’une thèse en études théâtrales. Voilà pourquoi je frappe désormais à la porte des Trois Coups, pour apprendre à écrire autrement sur le spectacle vivant, mon île enchantée.
Olivier Pansieri
« Je suis heureux et honoré d’écrire pour les Trois Coups. Jusqu’à présent, tout ce que j’y ai lu était vivant, indépendant et bien informé. Peu de journaux peuvent en dire autant. Je ne peux promettre d’être toujours impartial, étant passionné. En revanche, je réfléchis avant d’écrire et j’aime les textes, les poètes (“auteurs” m’agace, excusez) et leurs interprètes. J’ai une petite préférence pour les spectacles “qui disent quelque chose”, mais une grande aversion pour les sectarismes. Shakespeare restant dans ce domaine, comme dans beaucoup d’autres, mon modèle. Comme il le dit si bien dans son Conte d’hiver : “La mémoire est la sentinelle de l’esprit.”. Autrement dit, vive les anciens à la lumière desquels on peut (et doit ?) juger les modernes. Si je pouvais vous aider à faire entendre, si j’ose dire, cet autre son de cloche… »
Mathilde Penchinat
Est-ce le plaisir d’avoir dansé sur scène et dans des lieux les plus improbables (bois, palais de justice, salle de cinéma…) ? Ou l’excitation ressentie dans mon enfance lorsque j’attendais le début d’une pièce dans un des fauteuils rouges du Théâtre de Nîmes ? C’est sans doute cette double expérience de danseuse et de spectatrice qui m’a donné le goût du spectacle. Je pense d’abord aux interprètes en train de se (pré)parer. Puis je me laisse emporter dans leur univers jusqu’à perdre les repères spatio-temporels (réels !). Pour atteindre cette immersion, il faut une performance artistique réussie, mais aussi une connexion entre le public et la salle. Place à la fascination, la surprise, l’ennui ou la déception. Toutes ces sensations m’ont poussée, après ma licence de lettres et mon master de communication, à écrire. Merci aux Trois Coups de m’encourager à continuer.
Jean-François Picaut
Professeur agrégé de lettres classiques, titulaire d’un D.E.A. de littérature française, chroniqueur (littérature et littérature de jeunesse) à Radio Rennes, rédacteur en chef de l’Unité 35. Jean-François a enseigné du collège à l’université, en France, en Turquie et au Sénégal. Codirecteur de la revue d’histoire ancienne, Poikilia, de 1990 à 1995 avec Pierre Brulé (professeur à Rennes-II). Coauteur avec Jean Rohou, Francine Dugast et Michèle Touret (Rennes-II) d’ouvrages didactiques. Auteur d’articles de revue, de brochures pédagogiques, de nouvelles, de textes dramatiques. Parolier et librettiste, etc. « Longtemps professeur puis conseiller à la culture dans une collectivité territoriale, je nourris depuis l’enfance une passion pour le théâtre. Depuis, l’opéra et la musique sous toutes ses formes se sont aussi disputé mon cœur. Le spectacle vivant, la lecture et l’écriture sont des aliments quotidiens nécessaires à ma vie d’homme et de citoyen. C’est parce que les Trois Coups les défendent avec intelligence et talent que je suis fier de rejoindre “la Belle Équipe”. »
Laura Plas
« Alors qu’est-ce que vous êtes ? Rien de définitif, rien qui n’obéisse à une définition, rien qui ne m’interdise d’autres territoires. Si vous y tenez, il paraît que j’enseigne. On me l’a dit. Moi, quand j’ouvre la porte et que j’avance vers mon bureau, je prends une voix. J’assume mon rôle le mieux que je le peux… Je joue un jeu sérieux. Vous n’êtes même pas comédienne ! Être ou ne pas être… ? Et si on changeait de verbe ? Ce que je peux vous dire, c’est ce que j’ai fait : traduire, lire, jouer, voir des pièces de toutes sortes et toute ma vie, et puis, avec d’autres, inventer des décors, concevoir des affiches, bidouiller des programmes, créer des bandes-son… Dans tout ce faire, il y avait sans doute un peu de ce que j’étais. De tout ce faire, il y a sans doute un peu de ce que je suis. Maintenant, je vous vois venir : vous allez me demander… ce qu’est le théâtre. Et vous allez répondre : … par ce que j’aime au théâtre. J’aime les corps qui transpirent et qui crient. J’aime aussi la fragilité de chaque représentation et la collectivité qu’elle crée, les mots de révolte contre le présent, les ponts étranges et magnifiques entre des temps imaginaires et le réel. J’aime les rouages et les gens. J’aime le risque de la déception. Pour comprendre ce que j’aime, pour comprendre pourquoi je suis déçue, j’aime poser des mots grâce aux Trois Coups : rien de définitif, rien qui soit une prescription, rien qui n’interdise d’autres interprétations. »
Praskova Praskovaa
« Vincenzo, les Trois Coups, ou la Force du destin ! Professeur des voix, artiste lyrique, metteuse en scène, musicologue, ma vision du spectacle vivant est celle de l’acteur et du spectateur. De la projection du verbe à l’envolée lyrique, l’art, en grec ancien, signifie “technique”, je ne l’oublie jamais ! Le milieu théâtral et musical actuel, à la merci des aléas budgétaires, a besoin d’être accompagné par la presse. Il puise sa légitimité dans le soutien critique de ses pairs, d’où mon engagement à écrire. Encenser, défendre ou accuser la création artistique, c’est être un citoyen responsable du beau, bien fait, parfois renversant, et du talent de ces exécutants. La preuve ! Le rêve universel perdure et, de toute évidence, un théâtre aussi grand soit-il ne contient pas les songes qui le dépassent… »
Martine Rieffel
Oui, oui, j’aime pouvoir chroniquer des pièces de théâtre sur les Trois Coups ! Cela correspond à ma tendance boulimique en cette matière, en donnant mes impressions, qu’elles soient positives ou négatives. Quoique « négatives » soit un bien grand mot : j’aime ou je n’aime pas, mais je sais apprécier le travail d’un artiste, et loin de moi l’idée de dénigrer une œuvre pour le plaisir de faire un bon mot ou d’apporter le coup blessant, gratuit et facile à l’auteur ou l’interprète. Donc, les retours passionnés de spectacles, oui. Pas le lynchage. Je vis à Avignon et, chaque année, j’attends avec impatience ces quelques semaines de profusion théâtrale, de découvertes et d’enchantements qu’offre le Festival.
Delphine Roucaute
Aller au spectacle, c’est renouer avec la joie enfantine du « et on ferait comme si ». Rester dans le noir, les yeux emplis d’images plus ou moins folles, et sortir un peu de soi. On ferait comme si on était acteur, danseur, ou chanteur. Et quand on a de la chance, les trois en même temps. Le temps d’un aller-retour de rideau, s’imprégner de ce qui évolue sur scène, et s’extraire de soi pour mieux y replonger. Dans la vraie vie, je suis étudiante en journalisme à l’École supérieure de journalisme de Lille, après être passée par une prépa littéraire et une licence d’histoire-géographie. J’ai fait de la danse modern’jazz et contemporaine pendant une dizaine d’années. Et, du lycée à la fac, j’ai entretenu mes rêves de comédienne à travers différents cours de pratique théâtrale. C’est avec délice que je me fais spectatrice et critique.
Maud Sérusclat-Natale
Titulaire d’une maîtrise de lettres modernes ; d’un master « enseignement du français » (D.E.S.S.), spécialisation en français langue étrangère ; du C.A.P.E.S. de lettres modernes ; d’un master de recherche en littérature française (D.E.A.). « Je nourris depuis ces trois dernières années une vive passion pour le théâtre, que j’ai redécouvert depuis que je suis enseignante. J’ai eu l’occasion de franchir ses portes avec un autre œil, moins formaté, plus simplement sensible, curieux et certainement plus libéré depuis ma sortie de l’université, ce qui me permet quotidiennement de faire partager cette passion à mes élèves, souvent étrangers à l’univers de la scène mais réjouis de le découvrir. »
Bénédicte Soula
Journaliste art et culture. Certains ont dans leur panthéon des dieux du stade, des idoles faites de rock ou de toute autre matière musicale, des icônes hollywoodiennes, des divinités en papier glacé. Mes héros sont trop nombreux à convoquer, mais disons que pour filer jusqu’au bout la métaphore, Victor Hugo est leur Zeus et Picasso leur Jupiter… Les livres ont décidé de mon existence. Ils m’ont conduite à l’université de lettres et sciences humaines de Clermont-Ferrand, où j’ai rencontré Assia Djébar, Vassili Alexakis et le regretté poète palestinien Mahmoud Darwich. M’ont menée jusqu’à la maîtrise de lettres, puis jusqu’à l’École de journalisme de Toulouse, où je m’agrippais à l’idée chimérique mais attendrissante de « vivre de la critique ». Quoi qu’il en soit, cette école de l’efficacité stylistique m’a apporté tout ce qui manquait à la leçon universitaire. Et réciproquement. Au terme de cette double formation, je me suis sentie « réunie ». Et prête à écrire. Une fois diplômée, je me suis spécialisée en « art et culture », couvrant, entre autres choses, l’actualité théâtrale toulousaine, et reprenant par ailleurs le chemin de la faculté pour une formation libre en histoire de l’art. Je collabore à diverses publications dont les magazines Parcours des arts et À Toulouse, et enseigne, dans un collège, les toutes premières techniques de presse. Restait à réaliser mon rêve de critique. Les Trois Coups l’exaucent désormais.
Marion Souliman
Pour moi, le théâtre est l’art qui va le plus loin. Il est une invitation au voyage permanente grâce aux textes, grâce aux comédiens aussi, qui nous prennent par la main et nous montrent ce que nous sommes, ce que nous avons été, ce que nous pouvons ou pourrions être. Le théâtre transmet une « espèce de chose » qui fait du bien souvent là où ça fait un peu mal, et les comédiens y sont habillés d’une lumière qui n’est pas seulement celle des projecteurs. Ce que j’aime dans le théâtre, c’est cette histoire de don et de contre-don. C’est une véritable histoire d’amour que j’entretiens avec cet art avec, par conséquent, ses passions folles mais ses colères noires aussi.
Élise Ternat
Élise est titulaire d’un master 2 en philosophie et d’une licence d’histoire de l’art. Avec le corps comme principal objet d’investigation durant ses études, elle a choisi de poursuivre la question et d’interroger son sujet de prédilection sous le prisme du spectacle vivant… Une passion en amenant une autre, le monde du spectacle pour lequel elle travaille désormais ne l’a plus quittée. L’équipe des Trois Coups non plus puisque depuis février 2008, elle ne cesse d’y associer intérêt et curiosité avec le plus grand des plaisirs.
« Les Trois Coups », c’est un journal en ligne, bien sûr. Mais c’est aussi une association, qui a besoin d’être soutenue par des adhérents.
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