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Samedi 2 avril 2011 6 02 /04 /Avr /2011 17:11

Ils (s)ont encore frappé(s)

 

Autour du thème des « cris de guerre », l’Ensemble Clément-Janequin fait sérieusement tanguer La Péniche Opéra.

 

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« Les Cris du cri : cris de guerre » | Koen Broos

 

Ces « cris » sont le troisième spectacle d’une série de quatre, après les Cris de la rue et les Cris érotiques et avant les Cris de la mort, à venir en mai. Bref, le cri n’a pas de secret pour le haute-contre Dominique Visse et ses comparses (voir Cris de Paris). On retrouve donc avec bonheur dans ce nouvel opus les ingrédients qui firent toute la saveur et la grande qualité des précédents spectacles : l’excellence de la technique du chant, un répertoire éclectique et surprenant ainsi qu’une bonne dose d’humour.

 

L’excellence du chant, d’abord : les cinq voix d’hommes accompagnées à l’orgue forment un ensemble impressionnant de précision et d’homogénéité. Et quelle énergie ! Chacun excelle dans son registre vocal, avec une expressivité et une articulation remarquables qui sont un bonheur pour les oreilles.

 

Bien plus qu’un simple concert

Le répertoire, ensuite : l’ensemble a le chic pour dénicher des morceaux inattendus, ou parfois plus connus, et les assembler pour former un programme inédit qui croise les époques et les styles en un cocktail détonant. On put ainsi entendre une désopilante Chanson des spermatozoïdes côtoyant la Guerre de Janequin, mais aussi la Chanson de Craonne, chant antimilitariste datant de la Première Guerre mondiale réhabilité par… Valéry Giscard d’Estaing en 1974 !

 

Mais cette volonté d’éclectisme va plus loin. Dominique Visse et La Péniche Opéra ont en effet passé commande à des compositeurs contemporains pour ces quatre spectacles sur les cris. On applaudit des deux mains cette volonté de découvrir et faire découvrir, de ne pas s’enfermer dans les recettes assurées du succès. Par contre, force est d’admettre que, malgré toute la bonne volonté du monde, l’immense sympathie qu’on a pour Dominique Visse, le talent de ce dernier et celui du percussionniste Clément Ducol, on n’adhère pas vraiment à la musique de Bruno Ducol, absconse et finalement assez ennuyeuse.

 

Le programme n’inclut cependant pas que de la musique, s’enrichissant d’interventions du philosophe Dorian Astor sur « le cri des philosophes » et surtout du biologiste Damien Schoëvaërt. Avec un grand sens de la pédagogie, ce dernier a gratifié le public d’une présentation scientifique éclairante sur les mécanismes vocaux du cri, puis élargi son propos à l’utilisation du cri comme arme de guerre – chez l’alligator comme chez le samouraï. Grâce à M. Schoëvaërt, les spectateurs pourront briller dans les salons en expliquant pourquoi Milou, terrassé en voyant une petite araignée, ne peut ni fuir ni attaquer… Il y eut aussi le cri muet mais intense de Djénébou Bathili, comédienne en langue des signes. Autant de points de vue qui firent de ce spectacle bien plus qu’un simple concert.

 

Un solide sens de l’humour

Enfin, dernier ingrédient capital : un solide sens de l’humour, à la fois dans le choix du répertoire et son interprétation gourmande. Le thème a priori dur de la guerre pouvait-il être traité de façon ni plombante ni légère ? C’est ce défi qu’ont relevé avec brio tous les intervenants de cette soirée unique en son genre. Qu’inventeront-ils pour le dernier soir sur les Cris de la mort ? 

 

Céline Doukhan

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Les Cris du cri : cris de guerre, par La Péniche Opéra avec l’Ensemble Clément-Janequin

www.penicheopera.com

http://www.dominique-visse.com

Direction musicale : Dominique Visse

Mise en espace : Mireille Larroche

Avec : Dominique Visse (haute-contre), Hugues Primard (ténor), Vincent Bouchot (ténor), François Fauché (baryton), Renaud Delaigues (basse), Élisabeth Geiger (orgue), Clément Ducol (percussion), Dorian Astor, Damien Schoëvaërt, Djénébou Bathili mise en scène par Virginie Lasillier

Œuvres de Clément Janequin, Denis Levaillant, Matteao Flecha, Georges Kastner, Ricet Barrier, Vincent Scotto, Charles Sablon, Bruno Ducol, Vincent Bouchot

La Péniche Opéra • 46, quai de la Loire • 75019 Paris

Réservations : 01 53 35 07 77

Le 28 mars 2011 à 20 h 30

Prochain spectacle : Cris de la mort le 16 mai 2011 à 20 h 30

Durée : 2 heures

24 € | 19 € | 12 € | 8 €

Publié dans : FRANCE-ÉTRANGER 1998-2012 - PUBLIER UN COMMENTAIRE ? - Voir les 0 commentaires
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