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Mardi 24 juillet 2012 2 24 /07 /Juil /2012 13:07

 En direct du Festival et du Off d’Avignon 2012

 

Tragédies en sous-sol

 

Œuvre scénique au carrefour de plusieurs genres, « le Siphon », présenté à Villeneuve en scène par la compagnie basque Le Petit Théâtre de pain, replace la question politique au cœur d’un théâtre populaire et divertissant dans le meilleur sens de ces termes.

 

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« le Siphon »

© Djeyo / Le Clou dans la planche

 

La compagnie a emprunté son nom à une citation d’Ariane Mnouchkine, évoquant la galerie de personnages en mie de pain sortis des mains et de l’imagination d’une femme juive affamée, enfermée dans le ghetto de Vilnö, qu’elle faisait jouer chaque soir pour ses compagnons d’infortune – histoire au‑delà du tragique, mais pourtant vraie, et fondatrice : « Si nous oublions le petit théâtre de pain du ghetto de Vilnö, nous perdons le théâtre. ».

 

Reprenant à leur compte cette citation dans leurs créations à la fois intimes et collectives, questionnant les inégalités sociales à travers des archétypes très déterminés, les artistes du Petit Théâtre de pain investissent le plateau dans la nécessité d’un art généreux et tendu vers le public. Avec le Siphon, sorte de Pulp Fiction mélangeant habilement les genres et les narrations, du polar au film noir en passant par la tragédie chorale ou le mélo romanesque, l’équipe a choisi d’explorer l’insondable, la naissance de la violence, à travers ce qui catalyse échanges, mobilité, solitude et anonymat dans un immense creuset souterrain : le métro.

 

Sous une ville imaginaire qui n’a rien à envier à Paris, un drame familial met en scène quatre sœurs tchékhoviennes qui se déchirent après la mort accidentelle de leur père. L’une d’entre elles devient meurtrière pour le venger et abréger les souffrances des déclassés de la société. Elle sera traquée par deux flics de la vieille école, plus subtils qu’il n’y paraît. On croise aussi le destin tragique d’une prostituée menacée de mort, qui démarre une relation incertaine avec un garçon naïf. De leur côté, deux chauffeurs de métro en dépression chronique plaquent tout pour emmener leur rame à Mourmansk, parce qu’ils n’ont jamais vu la neige…

 

Un roman-photo haletant

Sur cette trame foisonnante, les séquences spectaculaires s’imbriquent harmonieusement avec des scènes plus intimistes, dessinant un roman-photo haletant, digne d’un feuilleton moderne d’Eugène Sue. Investi par une triple choralité – les passagers silencieux du métro, les punks philosophes et plus vrais que nature, et une meute de chiens inquiétants et muets –, le monde souterrain est plein de drames et de mystères plus ou moins sanglants. Mais c’est aussi le lieu des rencontres, de l’espoir et du recueillement.

 

Dans un décor laissant une large place au travail de l’imagination, fait de quelques tiges de métal, de plaques de Plexiglas, de rideaux de plastique et surtout d’un travail impeccable et exigeant sur les lumières et les découpages scéniques, quasi cinématographiques, dix comédiens jouent plusieurs rôles. Ils le font dans un véritable esprit de troupe portant, malgré quelques maladresses, une incarnation collective, une écoute et une générosité trop rares. Par leur énergie et leur ingéniosité, ils font vivre une réflexion originale sur la violence qui naît de la responsabilité et de l’individualisation de nos sociétés confinées, et qui affirme, message naïf mais nécessaire, que la solution se trouve souvent dans la prise de risques, la découverte et le partage. 

 

Sarah Elghazi

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Le Siphon, d’Aurélien Rousseau

Une création du Petit Théâtre de pain

Mise en scène : Ximun Fuchs

Avec : Mariya Aneva, Cathy Coffignal, Maika Etchecopar, Hélène Hervé, Fafiole Palassio, Éric Destout, Manex Fuchs, Guillaume Méziat, Tof Sanchez et Lontxo Ynarte

Lumière : Josep Duhau

Création musicale : Ximun Fuchs

Espace sonore : Philippe Barandiaran et Peio Sathy

Scénographie : Josep Duhau et Ximun Fuchs

Construction : Ponpon

Costumes : Muriel Liévin et Odile Béranger

Mise en corps : Laure Terrier, compagnie Jeanne‑Simone

Chorégraphie : Guillaume Méziat

Régie générale : Josep Duhau

Administration : Elorri Etcheverry, Aurélie Lambert et Vincenç Claverie

Dans le cadre du festival Villeneuve en scène

École Montolivet • Villeneuve-lès-Avignon

http://www.villeneuve-en-scene.fr/

Réservations : 04 32 75 15 95, règlement immédiat possible par C.B.

Par Internet : reservation@villeneuve-en-scene.com

Sur place, à la billetterie de la plaine de l’Abbaye (face place du Marché) à partir du 2 juillet 2012 de 10 heures à minuit

Sur votre mobile : téléchargez l’application « villeneuve en scene » (App Store et Androïd Market)

Du 6 au 24 juillet 2012 à 21 h 30, relâche les 15 et 16 juillet 2012

Durée : 2 heures

13 € | 7 € | 5 €

Publié dans : FRANCE-ÉTRANGER 1998-2012 - PUBLIER UN COMMENTAIRE ? - Voir les 0 commentaires
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