Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 14:58

Les fauves aussi ont du cœur


Par Céline Doukhan

Les Trois Coups.com


« Le Prince tigre », ou l’harmonie délicate du théâtre d’ombres au service d’un conte chinois, avec en prime de la (bonne) musique en direct.

prince-tigre-615 dr

« le Prince tigre » | © D.R.

Le Prince tigre, spectacle jeune public estampillé « à partir de trois ans », est comme un mille-feuille délicat et parfumé. La base en est un conte chinois : une tigresse rendue haineuse par la perte de ses deux petits (tués par des chasseurs cruels) sème la terreur dans les villages. Seule solution, selon le devin local : expédier sans attendre dans la forêt le jeune fils du roi, Wen. Un sacré gaillard, ce Wen : plein de courage, il apprend à se débrouiller tout seul dans la jungle. Vient alors le moment de la rencontre, d’une tendresse touchante, entre le petit d’homme et la bête féroce. Mais, comme de bien entendu, le terrifiant félin se laissera bien vite attendrir par celui qui sait voir le cœur derrière le fauve…

Comment cuisiner cette histoire ? Une histoire pas nunuche pour deux sous, finalement – même si elle se termine bien. Pourquoi la tigresse est-elle en colère ? À cause de la mort tragique mais surtout injuste de ses petits. Comment l’apprivoiser ? En surmontant sa peur, et en partageant les richesses et les savoirs. Avec ce matériau, le Théâtre de l’Ombrelle use de la stylisation des silhouettes, de la délicatesse des mouvements et des couleurs chatoyantes des arrière-plans. Il parvient ainsi à un mélange un peu magique entre l’abstraction des silhouettes noires en deux dimensions et la touche si humaine des voix et des mouvements.

Silhouette pataude et cocasse

Les petits procédés tout simples utilisés par les comédiennes derrière leur écran permettent par ailleurs des effets très réussis : ombre grandissante de la tigresse, silhouette malgré tout pataude et cocasse de la grosse mâchoire lapant dans un petit bol. Comme tous les bons spectacles pour enfants, celui-ci pourra donc être vu avec plaisir par les adultes également.

Enfin, la musique composée et interprétée par Ninon Foiret donne des accents tantôt énigmatiques, tantôt guillerets à cette histoire. Une panoplie d’instruments à vents et à percussions est mise à profit pour nuancer les ambiances. C’est parfois légèrement étrange, mais pas lourdement folklorique. Comme pour souligner que la musique remplit un rôle semblable à celui du récit, la musicienne est aussi celle qui raconte l’histoire. Alors, certes, on n’ira pas jusqu’à dire que le spectacle regorge de trouvailles renversantes, ni qu’on est ressorti de là complètement subjugué. Mais il y a là largement de quoi distraire fort intelligemment petits et grands, et c’est plus que bien. 

Céline Doukhan


Le Prince tigre, d’après Chen Jiang-hong

L’École des loisirs, 2005

Théâtre de l’Ombrelle

www.theatredelombrelle.fr

Mise en scène : Colette Blanchet

Conception des ombres et du jeu : Françoise Rouillon et Colette Blanchet

Avec : Françoise Rouillon, Colette Blanchet et Edwige Wood, Ninon Foiret ou Marjolaine Ott

Création décors : Nadia Gaborit

Musique originale : Ninon Foiret

Réalisation vidéo : Vincent Blanchet

Théâtre municipal de Fontainebleau • rue Richelieu • 77300 Fontainebleau

Réservations : 01 64 22 26 91

Le 5 février 2013 à 10 heures et 14 h 30 (matinées scolaires), le 6 février à 18 h 30

Durée : 50 minutes

9 € | 6 €

Partager cet article

Repost 0
Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
commenter cet article

commentaires

Rechercher