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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 19:01

Le Grand Parquet a jeté l’ancre !


Par Laura Plas

Les Trois Coups.com


Après avoir essuyé une tempête en 2009 (1), Le Grand Parquet a jeté l’ancre au 35, rue d’Aubervilliers. Sa belle aventure artistique et humaine se poursuit dans le XVIIIe mais cette fois côté jardin (d’Éole). C’est l’occasion pour « les Trois Coups » de mieux vous faire connaître ce théâtre… qui est bien plus qu’un théâtre.

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Le Grand Parquet | © D.R.

Petite visite dans un autre monde

Vous marchez dans la grisaille du XVIIIe arrondissement, mais voilà qu’apparaît une sorte de baraque foraine aux couleurs vives et chaudes. Si vous vous enhardissez alors à pousser la porte, vous pénétrez dans un autre monde douillet et bigarré ! Un bar pour boire un verre en refaisant le monde, de petites tables pour feuilleter un grand journal ou grignoter un morceau, et puis encore des fauteuils où l’on peut s’enfoncer. Le regard est comme aimanté par des accessoires et éléments de décors fabuleux et multicolores. Quand vous marchez, vous entendez le bruit doux et familier du bois. C’est le parquet qui donne son nom et une partie de son âme au lieu.

Eh bien, jouez maintenant !

Ce parquet, François Grosjean, le directeur artistique et une poignée de courageux utopistes sont allés le dénicher dans l’est de la France. Avant, on le montait et on le démontait pour faire danser de village en village. Maintenant, il s’est ancré dans le XVIIIe, et on y joue. Mais le lieu a conservé son esprit : à la fois populaire, festif et nomade. Dans ce théâtre (où longtemps d’ailleurs une roulotte a fait office de bureau), les équipes ont, en effet, continué à aller vers les gens, cette fois d’école en association, de place en réunion. Elles ont dialogué, proposé une programmation à l’image du quartier : multiculturelle et très variée. Alors, cap sur le Rajasthan avec le Théâtre en tête, sur le Mali avec la Cie BlonBa, sur l’Afrique et l’Asie avec le Naïf Théâtre de Richard Demarcy.

Ouvert, expérimental, humain

Ouvert sur le monde, Le Grand Parquet l’est tout autant à l’expérimentation artistique. On y découvre des formes insolites : conférences gesticulatoires de Franck Lepage, étranges bricolages-voyages de Roland Shön, sans parler des inclassables créations marionnettiques d’Ilka Schönbein [et ici], par exemple. Bien souvent, ces formes sont de fait propres à leur concepteur et ont un côté artisanal. D’ailleurs, François Grosjean présente sa démarche de programmation de la manière suivante : « Je recherche le côté artisanal, perfectible d’un spectacle : tout ce qui rapproche le spectacle vivant de l’humain. ». Ajoutons qu’il s’agit aussi d’une démarche audacieuse et courageuse. On prend des risques, on les partage avec les artistes. Car, non seulement le théâtre programme des spectacles qu’il n’a pas vus, par confiance pour des artistes compagnons, mais il en assure aussi en partie la production et la diffusion.

De cour à jardin

Lieu culturel éphémère créé à la demande de la mairie du XVIIIe arrondissement, Le Grand Parquet a ainsi plongé ses racines pendant sept ans dans le cœur d’un quartier, comme dans celui de ses artistes et spectateurs. Et ses racines se sont révélées si profondes que, finalement, Le Grand Parquet n’a pas fermé. Il est seulement passé de la cour de l’ancienne halle Pujol, au jardin d’Éole, a agrandi ses bureaux. Lorsque la mairie tiendra ses engagements pour les derniers aménagements, ce sera encore mieux.

Quel beau programme !

Mais déjà une belle saison a commencé. Au programme : des tournées et de nouvelles productions (Ménélas Rhapsodie de Simon Abkarian, Circulaires au service des instruments de mesure de Roland Shön, la Petite Sirène d’Ilka Schönbein et Laurie Cannac), la résidence de la compagnie Les Rémouleurs. Ceux qui auraient loupé le coche auront la chance de découvrir aussi de magnifiques reprises : Gyromance de Roland Shön, Faim de loup ou la Vieille et la Bête d’Ilka Schönbein, Avenir radieux, une fission française de Nicolas Lambert, par exemple. Les compagnons seront tous au rendez‑vous à prix tout doux, et de petits nouveaux aussi comme Simon Abkarian. Et vous ? 

Laura Plas


Le Grand Parquet • jardin d’Éole • 35, rue d’Aubervilliers • 75018 Paris

Réservations : 01 40 05 01 50

Site du théâtre : www.legrandparquet.net

Tarifs : 15 € | 10 € | 5 € | 3 €

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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