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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 12:31

« La Parisienne »

d’Henry Becque

 

Voir la critique de Sheila Louinet pour les Trois Coups

Mise en scène : Didier Long, assisté de Jeoffrey Bourdenet

Avec : Barbara Schulz, Jérôme Kircher, Didier Brice, Candice Crosmary, Alexandre Guanse

Décor : Jean-Michel Adam

Lumière : Laurent Béal

Son : François Peyrony

Ensemblière : Aurélie Secondé

 

parisienneEn guise de résumé

Dans sa dernière comédie, la plus connue et la plus réussie, Henry Becque, ami de Zola et de Rodin, plante un superbe et inquiétant personnage de femme ambitieuse, intrigante, jouissant des hommes qui l’entourent tout en les manipulant avec une redoutable efficacité.

 

Note d’intention

Avec la Parisienne, Becque dissèque, implacable et incisif, les travers d’une société bourgeoise affairiste et sans scrupules, toujours prompte à l’hypocrisie derrière la façade. Animé de l’esprit utopiste de 1848, c’est pourtant en déçu de la IIIe République qu’il promène un regard désabusé et sarcastique sur un monde dominé et devisé par l’argent, les passe-droits et les intrigues amoureuses qui ouvrent les portes de la promotion sociale.

Pour Becque, le cynisme devient si naturel qu’il s’exprime avec convenance et légèreté. De fait, la supériorité du dialogue par sous-entendu, déjà expérimentée dans les Corbeaux [voir la critique d’Aurore Krol et celle de Sarah Elghazi], est portée ici à son paroxysme. Becque dépeint la nature humaine la plus courante à ses yeux, celle qui est prête à tous les compromis pour garantir sa tranquillité quitte à céder à la médiocrité et à l’immoralité.

Les personnages, qui présentent aux yeux de tous un ménage à trois établi, veulent échapper aux crises, maintenir un statu quo ; et s’ils n’étaient pas soucieux d’éviter tout éclat, la Parisienne serait un drame.

Mais la distance, le mordant, offrent au spectateur une succession de situations cocasses dans un crescendo féroce. Et pourtant à la fin, rien n’a changé, tout se poursuit inexorablement : une vision pessimiste de l’humain qui gesticule à l’envie, se débat, intrigue sans influer sur le monde qui l’entoure.

« Un jeu d’esprit austère » disait Copeau en parlant de la Parisienne.

Pour Becque, il n’est pas utile de mettre en scène au théâtre un personnage sympathique puisque personne ne l’est en réalité : pour être de son temps, il faut être misanthrope semble-il sous-entendre.

Clotilde, la Parisienne qui a le charme de l’ambiguïté, une coquette « naïve » ? Qui possède par ailleurs un grand sens des réalités. Elle et Lafont, son amant jaloux, colérique, exclusif, se livrent à un rapport de forces qui n’est pas sans évoquer celui d’Alceste et Célimène. Ils se montrent maîtres de l’esquive quand le dialogue les embarrasse.

La Parisienne est une histoire d’un autre temps et pourtant d’une étonnante, « effrayante » ? modernité.

Didier Long

 

Recueilli par

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Voir la critique de Sheila Louinet pour les Trois Coups


Théâtre Montparnasse • 31, rue de la Gaîté • 75014 Paris

Métro : Gaîté / Edgar-Quinet / Montparnasse

Location : 01 43 22 77 74

www.theatremontparnasse.com

Première le 15 septembre 2010

Du mardi au samedi à 20 h 30, matinée samedi à 18 heures et dimanche à 15 h 30 (relâche le lundi)

Prix des places : Carré or 50 €, 46 €, 32 € et 18 €

Collectivités : 32 €

Jeunes (moins de 26 ans) : 10 €

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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