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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 19:39

Travelling arrière sur l’inoubliable Vivien Leigh

 

Le Théâtre de l’Ouest-Parisien vient de créer un tout nouveau festival intitulé Seules… en scène, qui se déroule du 6 au 25 mai au théâtre de Boulogne-Billancourt. En cette période de restriction budgétaire, cette proposition est une belle initiative. Programmation alléchante qui va des « Carnets » de Marina Tsvetaeva avec Natacha Régnier à « la Princesse de Montpensier » avec Marie-Armelle Deguy, en passant par « la Dernière Conférence de presse de Vivien Leigh », magnifiquement interprétée par Caroline Silhol.

 

caroline-silhol-marthe-lemelle-300Vivien Leigh, héroïne inoubliable d’Autant en emporte le vent, bouleversante Blanche Dubois dans Un tramway nommé désir, actrice mythique de la grande époque hollywoodienne, est merveilleusement mise en lumière dans cette Dernière conférence de presse. On y découvre ses côtés les plus sombres, sa drôlerie et ses caprices, mais aussi la tyrannie des studios et la toute-puissance de la commission de censure. Le destin extraordinaire de Vivien Leigh, dotée de toutes les qualités par les fées qui se sont penchées sur son berceau, a vite tourné au cauchemar. Amoureuse éperdue de l’immense acteur Sir Laurence Olivier, sa vie sera jalonnée de drames et peu à peu détruite par la maladie. Fausses couches, électrochocs, tuberculose, elle mourra à 53 ans.

 

Caroline Silhol a adapté le texte de Marcy Lafferty et nous entraîne de l’autre côté du miroir, dans les coulisses des studios. On y apprend que Vivian (de son vrai prénom), mariée très jeune à un avocat dont elle a une fille, rêve de faire du théâtre et déteste le cinéma. Qu’elle souhaite conserver pour la scène le nom de son mari et que l’erreur d’orthographe qui a transformé son prénom en Vivien lui plaît bien. Lorsqu’elle rencontre Laurence Olivier, c’est l’amour fou. Elle abandonne alors mari et enfant pour aller le rejoindre.

 

Elle nous dit aussi que le tournage d’Autant en emporte le vent a duré cinq mois et demi, que le rôle de Scarlett O’Hara lui a été confié alors que le tournage avait déjà commencé, qu’elle était quasiment inconnue et que toutes les jeunes stars d’Hollywood avaient auditionné pour jouer le rôle. Elle nous raconte comment Clark Gable demande à la production que Victor Flemming remplace George Cukor à la réalisation sous prétexte qu’il ne s’occupe que des actrices, après tout c’est lui la star du film. Vivien Leigh se souvient que George Cukor l’a coachée en cachette, qu’elle a connu la gloire en une nuit, et que c’est Spencer Tracy qui lui a remis l’Oscar de la meilleure actrice pour le film.

 

Tout respire classe et raffinement

Tout commence comme une vraie conférence de presse, avec une table sur laquelle trône un gros bouquet de fleurs, deux fauteuils confortables en cuir rouge et, en fond de scène, l’affiche du film Autant en emporte le vent au format XXL. Musique puis entrée de Caroline Silhol/Vivien Leigh très élégante dans un petit tailleur écru à veste cintrée, jupe droite en dessous du genou. Collier de perles, cheveux blonds tirés en arrière et coiffés en chignon impeccable, tout est étudié dans le moindre détail et respire classe et raffinement. Elle s’avance impériale sur le plateau, demande de la lumière, « du bleu derrière et quelques lumières poudrées pour la face » : on s’y croirait. Peu à peu, la parole se délie entre souvenirs et anecdotes, et en réponse à cette question qu’elle se pose à elle-même, « Si c’était à refaire ! », la réponse fuse légère et rieuse : « Je jouerais Scarlett O’Hara et j’épouserais Laurence Olivier ».

 

La mise en scène de Michel Fagadau est sobre et efficace, et le jeu de Caroline Silhol épatant. Elle s’empare avec élégance de ce rôle et lui donne une dimension humaine bouleversante. On est ému, séduit par Vivien Leigh à moins que ce ne soit par Catherine Silhol, par son naturel, sa sincérité, son humour. Et dans la bouche de la fausse Vivien Leigh interprétée par la vraie Caroline Silhol, certaines phrases résonnent, comme : « Je déteste Hollywood, tout y est faux même le climat » ou aussi « Je n’ai pas peur de la mort mais de la folie ». Mots d’auteur ou paroles d’actrice, qui sait ? On assiste à un beau moment de théâtre qui montre l’envers du décor pas toujours rose, où parfois la réalité est bien plus cruelle que la fiction. 

 

Marie Tikova

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


La Dernière Conférence de presse de Vivien Leigh, de Marcy Lafferty

Adaptation : Caroline Silhol

Mise en scène : Michel Fagadau

Avec : Caroline Silhol

Décors : Antoine Malaquias

Lumières : Laurent Béal

Son : Michel Winogradoff

Photo : Marthe Lemelle

Production : Solivagus–Un spectacle de la comédie des Champs-Élysées

Théâtre de l’Ouest-Parisien • 1, place Bernard-Palissy • 92100 Boulogne-Billancourt

Réservations : 01 46 03 60 44

www.top-bb.fr

Du 10 au 12 mai 2011, à 20 h 30

25 € | 20 € | 12 € | 10 €

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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