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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 22:02

Excellente Ana Varela


Par Laura Plas

Les Trois Coups.com


La compagnie Micomicón débarque à Paris pour nous découvrir un petit trésor du répertoire espagnol : « la Dama boba » de Lope de Vega. Théâtre dans le théâtre, énergie et dérision sont au rendez-vous dans ce théâtre de tréteaux.

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Le festival Don Quijote offre l’occasion de découvrir au cœur de Paris tout un répertoire d’œuvres en langue espagnole. Y sont en effet proposés des classiques et des créations contemporaines, des pièces espagnoles mais aussi latino-américaines. Cette année, c’est déjà la 22e édition qui bat son plein dans les beaux cadres du Café de la danse et de l’Institut Cervantès ! Au menu ce soir-là, une comédie du célèbre et prolifique Lope de Vega : la Dama boba, œuvre délicieuse, mais difficile à trouver dans la langue de Molière ! Quel paradoxe quand on sait que notre Jean-Baptiste national s’en inspira pour écrire… l’École des femmes !

Comme chez Molière, nous voici en effet face à une jeune fille simplette à qui l’esprit viendra miraculeusement avec l’amour. Mais ici la petite chatte est bien vivante. Finea, l’idiote, a pour sœur une femme savante : Nise. Cette dernière attire d’ailleurs, telle une Célimène ou une Armande, tout un monde de poètes et de peintres… au grand désespoir de son papa. L’intrigue ne s’organise plus autour d’un trio (le tuteur despotique, la jeune fille et l’amant), mais des couples se font et défont. La fable présente de très nombreux retournements et des surprises désopilantes. On n’en dira pas plus, vous en laissant le plaisir.

Un roman comique

On sent de fait qu’ici il s’agit avant tout de faire rire par tous les moyens : la satire, les situations rocambolesques, les caractères outrés. La Dama boba est ainsi avant tout une machine théâtrale, proposant de sacrées gageures pour des comédiens. Car il s’agit pour tous de jouer des types sans sombrer dans la caricature. Surtout, l’actrice qui interprète Finea doit jouer l’idiotie, puis l’idiotie feinte… en montrant bien la différence entre les états. C’est aussi difficile que d’interpréter un mauvais acteur dans le Songe d’une nuit d’été, et c’est ce que parvient à faire pourtant Ana Varela.

De manière générale, la mise en scène de la compagnie Micomicón assume la théâtralité de l’œuvre de Lope de Vega. Tout d’abord, elle propose une mise en abyme de la pièce. Nous voyons en effet une troupe d’aujourd’hui incarner les acteurs d’une troupe des années 1940, interprétant elle-même les personnages de la pièce de Lope de Vega. Le petit théâtre de tréteaux de cette troupe digne du Roman comique par son dénuement s’inscrit ainsi dans le cadre immense du plateau. Les couleurs chaudes s’opposent au cadre noir du Café de la danse. La scénographie et les costumes soulignent donc le décalage avec notre époque alors même que les comédiens brouillent les pistes en s’adressant à nous et en inscrivant leur représentation à Paris. On nous découvre en outre les coulisses de ces histrions qui font du théâtre avec les moyens du bord.

Ensuite, le metteur en scène, Laïla Ripoli, dirige ses comédiens en les inscrivant dans le registre de la farce. Les mêmes acteurs jouent différents rôles, se changent à vue (avec de nombreux accidents mis en scène). Quelle énergie est la leur ! Les hommes endossent les vêtements des femmes, les galants sont des caricatures de bellâtres ou d’intellectuels. Et même Nise n’est pas épargnée. On rit donc beaucoup. Si on se dit souvent que les acteurs tirent un peu sur la corde et n’évitent pas des procédés potaches, on sait qu’il s’agit ici d’un choix assumé. Chansons, danses, liesse et sucreries sont au programme de ce spectacle où le plaisir qu’éprouvent les interprètes devient contagieux. Un sympathique moment dans l’esprit du théâtre de tréteaux. 

Laura Plas


La Dama boba, de Lope de Vega

Compagnie Micomicón

Mise en scène : Laïla Ripoli

Assistant à la mise en scène : Claudio Tobo

Avec : Manuel Agredano, Teresa Espejo, Marcos León, Mariano Llorente, Ana Varela, Antonio Verdú

Voix à la radio : José Luis Patiño, Concha Cueto

Scénographie et graphisme : Arturo Martin Burgos

Costumes : Almudena R. Huertas

Lumières : Luis Perdiguero et David Roldán

Musique et danses : Marcos León

Café de la danse • 5, passage Louis-Philippe • 75011 Paris

Site du théâtre : www.cafedeladanse.com

Métro : arrêt Bastille

Réservations : 01 47 00 57 59

Jeudi 28 novembre 2013 à 20 heures

Durée : 1 h 30

22 € | 17 €

Spectacle en espagnol

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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