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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 17:48

« La Contrebasse »

de Patrick Süskind

 

Mise en scène : Diden Berramdane

Création lumières, vidéo et son, costumes et accessoires : Diden Berramdane

Théâtre Sainte-Marie-d’En-Bas • 38, rue Très-Cloîtres • 38000 Grenoble

Du 4 au 28 novembre 2010, du mercredi au samedi à 20 h 30 ; les dimanches 7, 14, 21 et 28 novembre 2010 à 17 heures ; relâche le lundi et le mardi

 

contrebasse-300« Quand je tire mon archet, c’est un petit morceau de mon cœur vivant que je déchire. Ce que je fais, ce n’est que la discipline d’une vie où aucun jour n’est férié. J’accomplis mon destin. »

Pascal Quignard, Tous les matins du monde

 

La Contrebasse, un phénomène théâtral

Ce texte a plus de vingt-cinq ans. À l’origine, c’était une pièce radiophonique, et Patrick Süskind était encore un auteur complètement inconnu. Le texte a été traduit dans une vingtaine de langues, la traduction française par Bernard Lortholary paraissant en 1989. Des centaines de mises en scène, un public énorme, d’innombrables lecteurs ont fait de ce texte un véritable phénomène, attirant des interprètes très divers, des acteurs vedettes et des anonymes, des scènes d’État et quelques scènes privées, des institutions comme des jeunes compagnies.

 

Un théâtre populaire

Ce monodrame a comme héros un homme moyen, un contrebassiste anonyme, une sorte « d’ouvrier spécialisé » de l’orchestre classique. Seul dans sa chambre, avec son instrument, ses rêves brisés, son désespoir, sa mauvaise foi, son petit alcoolisme, ce « quelqu’un » – comme dit l’auteur – parle, en attendant qu’il soit l’heure d’aller au travail. Il s’empêtre dans ses pensées, se dévoile, se met à nu, s’effondre, cherche à se relever. Ce « quelqu’un », cet homme sans nom, soliloque comme bon nombre de personnes seules, à quelques pas de la folie peut-être…

De par sa forme, de par le succès qu’elle a rencontré, absolument partout où elle a été jouée, la Contrebasse est un exemple magnifique – et rarissime – de théâtre populaire contemporain : un texte noir, douloureux, à l’humour grinçant et qui reste pourtant accessible au plus grand nombre. Car il y est question à la fois de l’intime et du collectif, d’un être humain, dans ses grandeurs et ses petitesses, aux prises avec la machinerie sociale – ici représentée par l’orchestre classique, corps hiérarchisé par excellence.

Au travers de toute une réflexion sur l’art, sur l’histoire de la musique classique, sur le fonctionnement cloisonné de l’orchestre, au travers de son amour pour une chanteuse d’opéra, qu’il sait qu’il ne pourra jamais atteindre, il y a du tragique et de la lutte des classes qui s’expriment dans ce texte. Le personnage se révolte et se débat, cherche des moyens d’exister malgré tout, d’avoir lui aussi « son heure de gloire », même si ce court moment d’existence et de visibilité, risque de signer sa perte définitive…

Ce n’est donc sans doute pas que le ton, souvent drolatique, du texte qui en a fait le succès, mais bien cette reconnaissance profondément intime qu’éprouve le public à l’écoute de ce monologue.

Au travers de ce personnage anonyme qui parle seul, c’est l’expérience existentielle inhérente à l’humain qui prend corps : la solitude, la misère affective et sociale, le long périple de la construction identitaire, le besoin de reconnaissance, les angoisses existentielles… Ainsi que toutes les petites parades que l’on s’invente, les petites béquilles que l’on se trouve, afin de pouvoir continuer à « donner le change »…

 

Recueilli par

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Théâtre Sainte-Marie-d’En-Bas • 38, rue Très-Cloîtres • 38000 Grenoble

Réservations : 04 76 42 01 50 ou theatrediden@wanadoo.fr

Du 4 au 28 novembre 2010, du mercredi au samedi à 20 h 30 ; les dimanches 7, 14, 21 et 28 novembre 2010 à 17 heures ; relâche le lundi et le mardi

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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