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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 13:15

L’argent fait le bonheur

 

« La Cagnotte », pièce écrite en 1864, met en scène une petite bourgeoisie provinciale étriquée et ridicule. Le Théâtre Amazone, sous la baguette de Laurence Andreini, met en jeu et en chansons cette comédie en cinq actes de Labiche et tente de redonner à cette pièce quelque peu désuète une actualité.

 

cagnotte-615 philippe-sebert

« la Cagnotte » | © Philippe Sebert

 

L’ennui règne à La Ferté-sous-Jouarre. Alors, quoi de mieux pour ces petits notables de province que de se réunir régulièrement pour leur éternelle partie de cartes. Grâce au jeu, l’argent récolté dans la cagnotte depuis une année représente à ce jour une belle somme. Il va falloir trouver comment le dépenser tous ensemble. Après un débat houleux, décision est prise d’aller à Paris.

 

Chacun a sa raison secrète de vouloir faire ce voyage, l’un pour aller voir un dentiste, l’autre pour visiter des abattoirs, la vieille fille pour aller à un rendez-vous galant. Et voilà tout ce petit groupe de nantis qui arrive dans la capitale. S’ensuit alors toute une série de chassés-croisés et de quiproquos. Mensonges des uns, méprises pour les autres, l’aventure vire très vite au cauchemar. Accusés de vol, eux-mêmes volés, ils sont tous envoyés d’abord au commissariat puis « au dépôt »…

 

Avec talent et dextérité, Labiche tire les ficelles de cette comédie de mœurs. La vivacité des dialogues et la complexité de l’intrigue permettent de tenir le spectateur en haleine jusqu’au dénouement final. La noirceur des personnages et leur mesquinerie, l’exaltation de la puissance de l’argent dans ce petit monde étriqué : tous ces ingrédients poussés à l’extrême provoquent le rire. Le spectateur, qui détient les clés de toutes les méprises des diverses situations, est placé dans une situation privilégiée et regarde le spectacle comme les enfants devant une représentation de Guignol.

 

Labiche se complaît à noircir à outrance

Toute la pièce est centrée sur le problème de l’argent et des préoccupations matérielles de cette petite bourgeoisie du xixe siècle. Absurdité de la situation, cupidité des personnages, rapports sociaux régentés par l’argent et plus particulièrement lorsqu’il s’agit de mariage, Labiche se complaît à noircir à outrance le tableau avec cette connaissance implacable qu’il a de la mécanique du rire.

 

La mise en scène précise de Laurence Andreini permet de clarifier les situations rocambolesques et de suivre les méandres de l’histoire. Mais, malgré la tentative de donner une lecture contemporaine de la pièce, il est bien difficile de trouver une quelconque modernité au propos. La scénographie tout en bois brut de Philippe Marioge est très ingénieuse. Elle permet une transformation à vue des différents lieux et délimite au fil des scènes de nouveaux espaces de jeu. Les moments chantés sont très plaisants et ponctuent avec efficacité certaines séquences. Les belles lumières d’Étienne Dousselin donnent la couleur des différentes ambiances.

 

Les acteurs sont tous épatants, et campent fort habilement la bêtise et la suffisance de ces petits-bourgeois. L’homogénéité du travail et l’esprit de troupe qui se dégage du Théâtre Amazone donnent une version joyeuse et bon enfant de cette Cagnotte

 

Marie Tikova

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


La Cagnotte, d’Eugène Labiche

Le Théâtre Amazone • 4, rue du Vélodrome • 17000 La Rochelle

06 37 69 86 75

www.theatreamazone.com

administration@theatreamazone.com

Mise en scène : Laurence Andreini

Dramaturgie : Gabrielle Piwnik

Avec : Michel Baumann, Éric Bergeonneau, Christian Caro, Cyril Dubreuil, Carole Fages, Damien Henno, Jean-Marc Lallement, Benoît Marchand

En alternance : Marie-Aude Weiss et Isabelle Védie

Scénographie : Philippe Marioge

Costumes : Florence Laforge

Lumières : Étienne Dousselin

Son : Michaël Schaller

Chants : Christine Van Beveren

Construction décor : Michel Pearson-Le Pied en coulisse

Création graphique : Marine Denis

Bureau de production : Prima donna

Théâtre de l’Épée-de-Bois • la Cartoucherie, route du Champ-de-Manœuvre • 75012 Paris

Réservations : 01 48 08 39 74

www.epeedebois.com

Du 1er au 20 mars 2011, du mardi au samedi à 21 heures, samedi et dimanche à 16 heures, relâche le lundi

20 € | 14 €

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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