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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 16:30

En sucre candi : coloré

mais trop sucré


Par Laura Plas

Les Trois Coups.com


Novembre : les chocolats garnissent déjà les rayonnages des supermarchés et les spectacles de Noël se multiplient. Parmi eux, « l’Enfant au grelot », l’adaptation théâtrale et musicale du célèbre film de Jacques‑Rémy Girerd. Version colorée, et survitaminée, c’est un produit calibré pour plaire. Mais on est plus du côté de Star Academy que de la poésie.

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« l’Enfant au grelot » | © D.R.

L’Enfant au grelot est un nouveau classique pour la jeunesse. Un orphelinat pour cadre, Noël pour contexte, des personnages gentillets : rien donc que de très convenu. L’intrigue, elle‑même, est assez ténue. La voici : la veille de Noël, le Père Noël, qui faisait la grève depuis qu’il avait malencontreusement laissé choir son bambin de son traîneau, retrouve son fils : l’enfant au grelot. La suavité des retrouvailles et la magie de Noël font que l’on s’en contente.

C’est peut-être en raison de cette faiblesse narrative, ou pour trouver l’égal du beau graphisme du film d’animation, que Léon, le metteur en scène, nous propose une adaptation gavée de chansons. Ceux qui aiment les comédies musicales seront servis. Une chanson n’est pas terminée que déjà on enchaîne sur une autre. Et l’histoire n’est presque qu’un prétexte. D’ailleurs, convenons‑en, les cinq interprètes font preuve de professionnalisme. Ils sont engagés, et poussent fort bien la chansonnette, en esquissant des pas de danse. Résultat : de jolis tableaux d’ensemble. Rien à dire si on aime les chansons version Star Academy (citée comme référence dans le spectacle), et si on tolère un volume sonore un peu élevé. Parents et enfants tapent des mains, et rêvent en écoutant des couplets sirupeux.

Mais le plus réussi, c’est l’écrin du spectacle. Scénographie et costumes nous offrent un festival de couleurs et de trouvailles. Trop souvent, quand on voit un spectacle jeunesse, on cherche les étiquettes de Tati sur les costumes et on s’attend d’une seconde à l’autre à voir le décor s’écrouler. Ici, au contraire, un soin particulier a été apporté : on y distingue une grande cohérence et du bon goût. Si la fée se prend pour une star (dans une chanson vraiment bête), il faut dire qu’elle a trois costumes à paillettes, des jupes très courtes. De quoi faire rêver toutes les petites filles : Barbie n’a qu’à bien se tenir ! Quant à la scénographie, jolie, ingénieuse, elle est aussi pleine d’humour et d’invention. On vous laisse en découvrir les qualités.

Plaire à tout prix

Même la mise en scène présente quelques moments charmants : une fuite en catimini sur les toits, une danse amoureuse entre Mamie Rose et le facteur, par exemple. Si seulement on ne cherchait pas tant à plaire ! Pourquoi faut‑il se conformer à la mode en adoptant un langage si jeune, moche et négligé ? Pourquoi faut‑il musicalement ne rien oser de différent de ce qu’on entend sur les ondes ? Si, comme le dit Mamie Rose, la recette du bonheur, c’est beaucoup de sucre candi, gare à la crise de foie du spectateur ! 

Laura Plas


L’Enfant au grelot, d’après le film l’Enfant au grelot de Jacques‑Rémy Girerd

Livret : Pascal Joseph

Mise en scène : Léon

Direction musicale : Éric Melville

Avec : Jean-Christophe Gutierres, Charlotte Hervieux, Katia Markosy, Pascal Sual, Julie Wingens

Théâtre des Nouveautés • 24, boulevard Poissonnière • 75009 Paris

Réservations : 01 47 70 52 76

www.theatredesnouveautes.fr

Métro : Grands-Boulevards

Du 27 octobre 2012 au 13 janvier 2013, les mercredi et samedi à 14 h 30 et le dimanche à 11 heures hors vacances scolaires ; du mardi au samedi à 14 h 30 et le dimanche à 11 heures durant les vacances scolaires

Durée : 1 h 15

Tarif unique : 20,50 €

À partir de quatre ans

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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