Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 17:10

Le souffle et la voix


Par Jean-François Picaut

Les Trois Coups.com


Traditionnellement, le dimanche à Jazz sous les pommiers est le jour des fanfares. Cette année, Thomas de Pourquery l’a aussi choisi pour donner une de ses dernières créations. Le lundi est consacré aux lycéens, bref, c’est la fête.

thomas-de-pourquery-615 jf-picaut

Thomas de Pourquery | © Jean-François Picaut

Dimanche 5 mai

Crooner par Thomas de Pourquery : chanteur de charme avec humour

Pour sa deuxième année de résidence, Thomas de Pourquery a offert à Jazz sous les pommiers une création de masse. Derrière le chanteur, Crooner réunit, en effet, le big band, l’orchestre d’élèves et l’orchestre d’harmonie de la ville de Coutances, auxquels se joint également la chorale du collège voisin d’Agon-Coutainville. Le répertoire est composé essentiellement de grands standards de Broadway.

Ayant, pour une fois, jeté son saxophone aux orties, Thomas de Pourquery a endossé les habits du chanteur de charme, au moins au figuré. Il démarre son programme avec Strangers in the Night qu’il interprète plutôt sagement, une fois n’est pas coutume. Sa voix chaleureuse de baryton fait merveille dans ce morceau que tant d’artistes fameux ont illustré avant lui. Avec My Heart Belongs to Daddy apparaît la fantaisie puisqu’il l’interprète en voix de tête, avec quelques fioritures. La voix se fait plus chaleureuse pour le tube des tubes, My Way. On retiendra encore une interprétation très rythmée, avec les enfants, de Smoke Gets in Your Eyes, et le clou du spectacle est évidemment New York, New York où la fantaisie reprend le dessus sans nuire à la musicalité. Thomas de Pourquery est sans doute l’un des rares crooners à pouvoir introduire de l’autodérision, une forme d’acidité dans le genre sucré qu’est la chanson de charme. Il a, une nouvelle fois, fait la preuve de ses grandes qualités de chanteur qu’il aura l’occasion d’affirmer encore dans une autre création, Viking : ce sera vendredi 10 mai au Magic Mirrors.

The Ghana Connections par Brassafrik : toute l’énergie de la belge Afrique

Les musiciens belges et africains de Brassafrik ont concocté un savoureux mélange des cuivres et des percussions. Le plat est épicé à souhait et vous donne vite des démangeaisons dans les mains et des fourmis dans les jambes. Ça balance et ça chaloupe à tout va sur des rythmes endiablés illustrés par la danseuse Bode Awa et, quand ça semble vouloir fléchir, King Ayisoba, le chanteur, ne manque jamais de relancer. Que peut-on rêver de mieux en matière festive ?

Mastarija i Imaginacion par le Salijevic Orkestar : les Balkans en fanfare

Neuf cuivres et une percussion, ça vous envoie du lourd selon l’expression consacrée. Après un premier morceau paroxystique mais au son un peu pâteux, les choses s’arrangent. Le groupe a repris la musique d’Underground, le film de Kusturica, sur des arrangements de Goran Bregović : sonorités éclatantes et rythme endiablé sont presque toujours au programme. Cette musique nous rappelle que la Serbie a fait partie de l’Empire ottoman, mais a subi également l’influence latine. On a parfois du mal à entendre le chanteur Predrag Salijevic qui a pourtant une voix agréable et ne ménage pas sa peine. L’esprit est vraiment celui de la fanfare mais on regrette que le saxophoniste et le leader Slobodan Salijevic ne se distinguent pas plus souvent et plus longuement du collectif.

Lundi 6 mai

Soul Rebels : le funk fait danser les lycéens

Les Soul Rebels étaient également au programme d’hier, mais nous avons préféré les entendre avec les lycéens. Ici aussi, nous retrouvons uniquement des cuivres, une batterie incomplète et une grosse caisse. Le groupe nous vient de la Nouvelle Orléans dont on retrouve bien l’esprit actuel dans les compositions. La musique est festive et dansante à souhait, et les lycéens ne se font pas prier pour obéir aux consignes qui leur sont généreusement distribuées. L’un des musiciens pratique le rap, mais on peine à l’entendre dans la masse sonore qui l’entoure. La musique semble surtout proche de la soul, du funk et de la pop. Ici aussi, le collectif domine même si chaque musicien a sa petite partie de soliste. Pour que nous soyons pleinement convaincus, il manque aux Soul Rebels un virtuose charismatique dans le genre de Trombone Shorty (voir Vienne, l’an passé).

À Coutances, on attend le public de pied ferme, Après une soirée où il aura fallu se décider entre le blues d’Heritage Blues Orchestra ou de C. J. Chenier et les groupes de Sylvain Bœuf et de Ravi Coltrane, on entrera dans le cœur du sujet dès mercredi avec des concerts de 12 h 30 à trois heures du matin, jusqu’à l’aube du dimanche ! 

Jean-François Picaut


Jazz sous les pommiers 2013 à Coutances (Manche)

32e édition

Du 4 mai au 11 mai 2013

Contact public : les Unelles • B.P. 524 • 50205 Coutances cedex

Tél. 02 33 76 78 50 | télécopie 02 33 45 48 36

Site : http://www.jazzsouslespommiers.com

Courriel : jslp@jazzsouslespommiers.com

Billetterie : 02 33 76 78 68 (du lundi au samedi, et tous les jours pendant le festival)

Partager cet article

Repost 0
Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
commenter cet article

commentaires

Rechercher