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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 22:57

Sous le soleil exactement


Par Jean-François Picaut

Les Trois Coups.com


Qui pourra encore croire aux saints de glace, quand, un 12 mai, Coutances s’éveille sous le soleil et qu’une douce chaleur fait lézarder les festivaliers entre deux concerts ? En tout cas, la trente et unième édition de Jazz sous les pommiers commence sous les meilleurs auspices, et nul ne s’en plaindra.

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Céline Bonacina | © Jean-François Picaut

Samedi 12 mai 2012

Céline Bonacina : l’alliance de l’énergie et de la délicatesse

Depuis cinq ans, la jeune saxophoniste accumule les distinctions : nommée dans la catégorie Révélation instrumentale des Victoires du Jazz 2011, lauréate du tremplin Rezzo jazz à Vienne 2009, 3e prix du Concours national de jazz de la Défense 2007, 1er prix du Tremplin jazz de La Ciotat 2007. C’est dire si Céline Bonacina est attendue avec impatience par le public du théâtre qui l’a découverte pour la première fois en 2008.

Le programme de ce concert est largement emprunté à Way of Life, son dernier album chez Act (2011). On y retrouve les complices habituels de son trio (Kevin Reveyrand à la basse électrique, Hary Ratsimbazafy à la batterie) et le guitariste Nguyën Lê, qui est aussi l’invité de l’album.

Le concert débute par Course pour suite (Céline Bonacina). D’entrée de jeu, la saxophoniste y démontre au baryton, son instrument de prédilection, les qualités qui sont sa marque de fabrique, l’intensité de son engagement et son énergie. Parmi les morceaux que nous avons préférés, citons, outre Course pour suite, Ekena (Céline Bonacina / Hary Ratsimbazafy), Jungle (Céline Bonacina) et Entre deux rêves (Roland Molinier).

Le style Bonacina, ce sont des attaques vigoureuses et un vibrato sensuel. Au baryton, de suaves aigus succèdent à de déchirantes raucités. Dans une ballade, son soprano peut passer de sublimes instants oniriques à des pics paroxystiques. Une mélodie à l’alto peut soudainement s’ensauvager.

À ses côtés, Hary Ratsimbazafy s’impose comme un magicien des rythmes, dont la souplesse féline constitue à elle seule un spectacle. Kevin Reveyrand fait mieux que d’assurer la rythmique, il peut se montrer virtuose, et sa sonorité est indispensable à l’ensemble. Enfin, Nguyên Lê est toujours le guitariste inspiré que l’on connaît.

L’ovation qui salue les quatre musiciens est méritée, et le public, même après un rappel brillant, semble sortir à regret.

Don Byron New Gospel quintet : entre jazz et gospel

À la salle Marcel‑Hélie, le public a d’abord paru surpris par l’attitude un peu froide de Don Byron. Très vite, cependant, le jeu très subtil du saxophoniste et clarinettiste fera dresser l’oreille aux spectateurs attentifs. Et puis, comment résister à la voix puissante et chaude et au swing impeccable de sa chanteuse, Barbara Walker ?

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Diego el Cigala | © Jean-François Picaut

Diego el Cigala : le tango à la flamenca

Toutes les dames attendaient le beau Diego pour le dernier concert du jour à la salle Marcel‑Hélie, mais c’est toute une salle qui sera conquise à la fin du récital. Il fait son entrée, bien sanglé dans son costume noir à la coupe près du corps, la chemise blanche largement échancrée, longue chevelure soigneusement calamistrée et longue barbe de prophète. Il sait manifestement qu’il est la coqueluche de la gent féminine.

De sa voix haute, légèrement fêlée, il interprète, à la manière du flamenco, un grand nombre de tangos enregistrés sur son album Cigala & tango (Cigala Music / El Pais). Son interprétation fait comprendre pourquoi il a été récompensé comme Meilleur Album de tango 2011 aux Latin Grammy Awards. Il faut aussi saluer la prestation remarquable de Jaime Calabuch au piano et l’extraordinaire présence à la contrebasse de Yelsy Heredia, qui chante également.

En débit de la grogne de certains puristes qui pestent de ne pas entendre de bandonéon pour des tangos ni de guitare pour du flamenco, c’est une immense ovation debout de toute la salle qui salue la fin du récital.

Demain, ce sera la journée populaire consacrée aux fanfares. 

Jean-François Picaut


Jazz sous les pommiers du 12 mai au 19 mai 2012

Renseignements : +33 (0)2 33 76 78 50

Billetterie : +33 (0)2 33 76 78 68

http://www.jazzsouslespommiers.com/

De 29 € à 6 €

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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