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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 19:34

Où il est question de fête populaire et de jeunesse


Par Jean-François Picaut

Les Trois Coups.com


Un dimanche ensoleillé a drainé vers Coutances une foule heureuse qui a envahi les rues pour une journée consacrée aux fanfares. Le lundi est traditionnellement consacré à la jeunesse lycéenne, avec un grand concert à la salle Marcel‑Hélie.

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Mahala Raï Banda | © Jean-François Picaut 

Dimanche 13 mai 2012

Mahala Raï Banda : la joie de vivre

Venus de Roumanie, les onze musiciens de Mahala Raï Banda, un ensemble avec cuivres, section rythmique, accordéon et violon dégagent une joie de vivre contagieuse. Leur musique, populaire et festive, ce qui n’exclut pas la virtuosité, fait vibrer la salle Marcel‑Hélie avec un programme de traditionnels roumains et de morceaux originaux où l’on sent une certaine influence klezmer.

Les musiciens assurent volontiers le spectacle et recherchent constamment le contact avec le public qui répond de bonne grâce.

Le Cauchemar d’Hector par La Marmite infernale : musique savante et dérision

Changement complet d’ambiance au théâtre avec La Marmite infernale, le grand orchestre de l’Association à la recherche des folklores imaginaires (A.R.F.I.). Ces Lyonnais se sont fait depuis leurs débuts une spécialité de l’irrévérence. Aujourd’hui, leur souffre‑douleur est Hector Berlioz. Ses œuvres sont joyeusement déconstruites et réinterprétées en présence du buste du grand Hector qui trône en fond de scène. Le buste parle, depuis le purgatoire, et n’envoie pas dire ce qu’il pense de ce traitement moderne !

Chaque musicien ou presque est polyinstrumentiste, et l’inventivité du groupe est sans limites. Le public a cependant paru un peu perdu, parfois, face à cette prestation qui tenait, par certains côtés, de la recherche musicale. Grincements, piaillements, borborygmes, massacres d’instruments, discordances en tout genre, qui évoquent la musique concrète, produisent parfois une cacophonie telle qu’en comparaison le Sabbat des sorcières de la Symphonie fantastique aurait des airs de douce harmonie.

Chaque morceau de ce concert plein d’humour est placé sous la direction du musicien qui s’est chargé de le « cuisiner ». Cela donne des saveurs très diverses, mais la caractéristique commune de ces plats est d’être savamment épicés.

Bagad de Saint-Nazaire et Agadir Nawas : fructueuse rencontre entre cultures

Le mariage entre la musique traditionnelle bretonne et la culture des Gnawas du Maroc n’a rien d’évident a priori. Et pourtant, ce mariage réalisé au festival des Escales à Saint‑Nazaire est particulièrement réussi. Sur une place des Unelles inondée de soleil, un public nombreux a apprécié la rencontre entre dix bagadou (« sonneurs ») et les six artistes gnawas. Rythmes dansants, sonorités orientales et l’humour de Mehdi Nassouli, le Monsieur Loyal de cette prestation, ont conquis les oreilles et le cœur des festivaliers.

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Pink Martini, avec Storm Large | © Jean-François Picaut

Pink Martini : embrasement final

La vedette incontestée du groupe américain fondé en 1994 à Portland (U.S.A.) est à coup sûr sa chanteuse (remplaçante !) Storm Large. Celle qui tient le poste de la titulaire retenue pour cause d’ennuis aux cordes vocales a, en effet, de nombreux atouts à faire valoir, et on ne pense pas d’abord à sa plastique, pourtant avantageuse. Dotée d’une voix puissante dans un registre médian, elle a néanmoins des aigus qui restent charnus et des graves soyeux. Expressive dans tous les registres, du plus léger au plus dramatique, elle a toutes les qualités d’une meneuse de revue et sait jouer de sa sensualité à bon escient.

Mais, dans ce groupe, chacun a son moment de gloire, et Storm Large sait laisser s’exprimer tous ses compagnons et d’abord son alter ego masculin, le chanteur Timothy Nishimoto. On signalera tout particulièrement la remarquable performance de Thomas M. Lauderdale, le pianiste fondateur du groupe.

Les deux concerts de Pink Martini se sont donnés à guichets fermés !

Lundi 14 mai 2012

Noussondia : c’est la fête

Il fallait bien un groupe aussi festif que cet ensemble franco‑africain pour chauffer la salle bourrée de lycéens avant le concert de Blitz The Ambassador. Noussondia signifie « joie partagée » en dialecte dioula. Ce vocable convient aussi bien à l’ambiance du groupe lui‑même qu’à celle qui régnait dans la salle Marcel‑Hélie. Les six musiciens, souvent danseurs également, n’ont pas ménagé leur peine au cours de ce concert, et l’enthousiasme du public lycéen le leur a bien rendu.

Blitz The Ambassador : au carrefour des cultures jeunes

C’est le moment du gros son. Sous la houlette de Blitz, né au Ghana et actuelle vedette new‑yorkaise, le groupe de six musiciens propose une musique au carrefour du jazz, de la soul music et du rap. Blitz lui‑même, malgré un petit bedon naissant, bouge beaucoup et esquisse des pas de danse inspirés du hip‑hop. Le concert est quasiment chorégraphié. Les souffleurs notamment (trombone, trompette et saxophone) mettent fréquemment en scène leurs interventions, mais le guitariste les imite souvent.

Cette révélation des Transmusicales de Rennes a su capter l’attention pourtant volage des lycéens, et le parterre où l’on pouvait danser était souvent préféré aux gradins plus confortables.

Demain, le festival tout public reprendra ses droits et nous conduira à l’apogée du festival, le « pont » de l’Ascension. 

Jean-François Picaut


Jazz sous les pommiers du 12 mai au 19 mai 2012

Renseignements : +33 (0)2 33 76 78 50

Billetterie : +33 (0)2 33 76 78 68

http://www.jazzsouslespommiers.com/

De 29 € à 6 €

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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