Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 17:52

 En direct de Jazz in Marciac 2012, notre envoyé spécial

 

Marciac, une pépinière pour l’avenir du jazz


Par Jean-François Picaut

Les Trois Coups.com


Ce qui frappe dans le projet de Jazz in Marciac, c’est la cohérence d’un projet de développement rural fondé sur la culture et le tourisme. Parmi les hauts faits dont peut s’enorgueillir Jean‑Louis Guilhaumon, le sauvetage du collège de Marciac n’est sans doute pas le moins important. Ce collège est devenu une vraie pépinière de talents, et le monde du jazz lui doit déjà certains de ses plus beaux rejetons.

no-name-septet-615

No Name Septet | © D.R.

Jeudi 9 août 2012

Le collège de Marciac était sur le point de fermer lorsque, en 1993, Jean‑Louis Guilhaumon réussit à y créer une sorte de classe à horaires aménagés musique (C.H.A.M.), dont le modèle, fondé sur le partenariat entre l’Éducation nationale et une association ainsi que sur des modes d’enseignement spécifiques, reste aujourd’hui encore unique en France.

Trois ans plus tard, naît l’association de parents Voy’Jazz, dont le nom vient de sa première action, faciliter le transport (les voyages) des nombreux élèves originaires de l’Ariège voisine. Depuis, les actions de l’association se sont bien diversifiées : soutien logistique aux projets du collège, édition d’un C.D.‑souvenir tous les quatre ans pour que les élèves gardent une trace de leur passage au collège, achat d’instruments de musique et de sonorisation, aide aux voyages scolaires, soutien aux parents éloignés et relais auprès de leurs enfants, stages pour les jeunes sortis du collège, production d’un double C.D. avec livret pour les vingt ans du collège l’an prochain, etc. L’un des deux C.D. sera consacré aux élèves encore collégiens et l’autre aux anciens devenus professionnels ou semi‑professionnels. Quant au livret, il comportera des témoignages divers. L’appellation originale s’est donc enrichie de nombreuses connotations.

Actuellement, l’association poursuit avec opiniâtreté un objectif important : l’ouverture d’une classe jazz et musiques improvisées au lycée Pardaillan d’Auch, ce qui serait la suite logique de la scolarité au collège dans un établissement de proximité, une première tentative à Mirande ne s’étant pas révélée fructueuse. Des jalons ont déjà été posés à Auch avec le fonctionnement depuis trois ans d’un atelier jazz de deux heures hebdomadaires. Le partenariat avec l’association auchoise Cri’Art (labellisée pôle pour les musiques actuelles) garantirait un fonctionnement similaire à ce que permet l’association J.I.M. pour Marciac. Aurélie Filippetti lors de son passage à Marciac le 27 juillet dernier s’est engagée à se faire l’ambassadrice du projet auprès de son collègue Vincent Peillon. Le président Hollande lui‑même a souligné l’intérêt de ce projet exemplaire à bien des égards. Sous de tels auspices, on voit mal ce qui pourrait faire échouer le combat de Voy’Jazz.

Pour conclure cette série de chroniques, nous avons décidé de donner la parole à de jeunes musiciens issus du collège, qui sont donc à la fois des festivaliers privilégiés et de futurs acteurs du festival, comme leurs aînés Émile Parisien et Leila Marcial, entre autres. Certains sont membres du No Name Septet (Cara Lynch au chant, Océane Delaere au saxophone alto, Adrien Dumont à la trompette et au bugle, Jazz Cubota à la guitare, Victor Barrère au piano et clavier, Nelson Salgado à la basse et Hugo Uong à la batterie et aux percussions). Devenus jeunes ambassadeurs U.N.I.C.E.F., leur album Old House, Old Pipes, composé de belles reprises, entièrement produit et réalisé à 1 000 exemplaires par une mobilisation bénévole, est vendu au bénéfice exclusif de cette association humanitaire. Un bel échange, en vérité.

Dans le palmarès de ces jeunes musiciens, on trouve un certain accord sur quelques noms. Parmi les musiciens de No Name, Victor (16 ans, piano) accorde la palme à Avishaï Cohen, suivi d’Ibrahim Maalouf, de Youn Sun‑nah et de Roberto Fonseca. Adrien (trompette, 16 ans) met logiquement Ibrahim Maalouf en tête, il loue le son du trompettiste, sa présence en scène, et le mélange des styles (du jazz à Led Zeppelin !) qu’il effectue. Il cite ensuite Avishaï Cohen et Marcus Miller. Sylvain (élève de première malgré ses 16 ans) est le pianiste du trio Equinox que nous avons également pu apprécier. Son choix se porte également sur Ibrahim Maalouf et Avishaï Cohen, il cite aussi Bobby McFerrin et Youn Sun‑nah. Pierre (16 ans, qui se produit au piano dans des groupes toulousains) choisit également Ibrahim Maalouf (le seul qui le fasse vibrer) avant Kyle Eastwood. Ils justifient l’accord général qui se fait sur Ibrahim Maalouf par l’émotion qu’il dégage et dont ils voient la source dans son inspiration multiculturelle et très personnelle et dans ce qu’ils perçoivent comme une sorte de sincérité.

Nous conclurons sur ces paroles qui reflètent l’avis de ceux qui feront l’avenir du jazz et dont on voit qu’ils n’inscrivent guère les anciens dans leur palmarès.

Ces chroniques s’arrêtent, mais le festival lui se poursuit jusqu’au 14 août 2012, en attendant l’année prochaine. 

Jean-François Picaut


Jazz in Marciac 2012, trente-cinquième édition

Du 27 juillet au 15 août 2012 à Marciac (Gers)

Réservations : 0892 690 277 (0,34 € / min)

Site : www.jazzinmarciac.com

Partager cet article

Repost 0
Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
commenter cet article

commentaires

Rechercher