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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 16:02

 En direct de Jazz in Marciac 2012, notre envoyé spécial

 

Des bénévoles

et des festivaliers


Par Jean-François Picaut

Les Trois Coups.com


Sans les bénévoles, il n’y aurait pas de Jazz in Marciac, on les rencontre dans tous les emplois. Certains sont d’anciens festivaliers, car on est fidèle à J.I.M. Mais le festival attire toujours de nouveaux bénévoles et festivaliers. « Les Trois Coups » en ont rencontré quelques‑uns.

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Éric et Dominique | © Jean-François Picaut

Mercredi 8 août 2012

Venus de Marciac d’abord, puis du Gers, de Toulouse, du Sud en général, de Paris et de toute la France, les bénévoles, cette année, sont 900 à Jazz in Marciac. La plupart touchent à la musique, beaucoup appartiennent à l’univers de l’enseignement, quelques‑uns (ingénieurs, cadres, etc.) ont des C.V. impressionnants, tous sont des passionnés. 46 % ont entre 18 et 30 ans, 31 % sont au moins quinquagénaires, les 30‑40 ans sont les moins nombreux. Répartis en 36 équipes pilotées par des chefs d’équipe, il n’est pas exagéré de dire qu’ils font tourner le festival. À L’Astrada, au Chapiteau, sur la place de l’Hôtel-de-Ville et ailleurs, ils s’occupent de la logistique, des bars et restaurants liés au festival, de l’accueil des festivaliers et spécialement des personnes handicapées, de la garderie d’enfants, de l’office de tourisme, de l’accompagnement culturel, du cinéma, de l’entretien du site avec les employés territoriaux, de la billetterie, etc. Ceux qui en font la demande peuvent être accueillis au camping provisoire établi à leur intention (géré par des bénévoles !), où, en échange d’une contribution de 25 € pour la durée du festival, ils bénéficient du petit déjeuner et de l’accès aux sanitaires. Ils peuvent également profiter des spectacles sous le chapiteau dans la limite des places disponibles. Nous en avons rencontré quelques‑uns pour connaître leurs coups de cœur.

Élisa, 31 ans, vient de la région parisienne où elle est pigiste de presse. C’est sa première année de bénévolat, et elle a été affectée à l’équipe d’entretien. Elle est venue à Marciac pour vivre une aventure collective, découvrir le Gers et, bien sûr, assister à des concerts. En tête de son palamarès, elle place Roberto Fonseca pour la force de sa personnalité et sa musique aussi singulière que puissante. Ensuite, son choix se porte sur Ibrahim Maalouf pour sa musique passionnante, fusion de plusieurs cultures, qui lui a fait porter un autre regard sur la trompette.

Venus en voisins de Vic‑en‑Bigorre, Dominique Princeau, 54 ans, fonctionnaire hospitalier, détachée au conseil général du Gers, et son mari Éric, 45 ans, infirmier hospitalier, sont coresponsables de l’entretien. Dominique est bénévole depuis douze ou treize ans, elle est d’abord venue comme mère d’élèves musiciens au collège de Marciac. Sa préférée, c’est Youn Sun‑nah, dont elle apprécie la sensibilté, la qualité de chant et le contact avec le public, l’émotion que dégage son concert. Elle cite ensuite Avishaï Cohen, Tamir Hendelman et attend San Severino avec impatience. Éric, lui, est bénévole depuis cinq ans. Il est là pour l’ambiance, la chaleur des relations humaines, pour partager une grande aventure et approfondir sa découverte du jazz. C’est Esperanza Spalding qui a su le conquérir par sa voix peu commune, l’énergie et l’enthousiasme qui se dégagent de son jeu et de son chant. Il a bien aimé également Eric Bibb et Avishaï Cohen.

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Josiane | © Jean-François Picaut

Nous avons pu apprécier la compagnie de Josiane en visitant sous sa conduite les galeries d’art installées de façon permanente à Marciac. Elle vit à Marciac depuis deux ans, mais vivait auparavant à quelques kilomètres. Elle fréquentait le festival, mais c’est la première année qu’elle est bénévole. À 57 ans, Josiane est aide‑soignante auprès de personnes polyhandicapées. Elle consacre quinze jours de ses vacances au festival par goût du contact et des relations avec les gens, mais aussi pour aller écouter ses musiciens préférés au Chapiteau. Elle a été séduite par la musique d’Avishaï Cohen et celle de Roberto Fonseca. Comme elle aime danser, elle a beaucoup apprécié le Buena Vista et Omara Portuondo. Elle sera évidemment là pour la soirée salsa.

Parmi les festivaliers, il y a les professionnels, et ils sont nombreux (artisans, commerçants…), il y a aussi de nombreux représentants d’associations et puis il y a les touristes. Laurence, 44 ans, appartient à la première catégorie. Elle travaille avec son mari au stand Coton des îles, place du Chevalier‑d’Antras. Ils sont fidèles à Marciac depuis cinq ans parce qu’ils apprécient beaucoup l’ambiance générale et qu’ils y retrouvent des clients assidus. Laurence attendait Harry Connick. Elle a bien vu qu’il avait célébré abondamment les vins de Saint‑Mont, mais a beaucoup apprécié le concert. Elle a aimé la voix, le dynamisme et l’énergie du spectacle, le choix du programme, le professionnalisme tout américain du Big Band. Son mari, lui, a préféré la performance de Marcus Miller.

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Claire et Jacky | © Jean-François Picaut

Claire et Jacky Daviau, eux, sont des touristes venus de Vern‑sur‑Seiche en Ille‑et‑Vilaine. Claire, 53 ans, assure l’accueil et le secrétariat dans un établissement pour personnes âgées. Jacky, 55 ans, est fonctionnaire territorial. Il a été frappé par la modestie de la bastide par rapport à la réputation de Jazz in Marciac. Quand ils découvrent la foule sur la place et celle qui envahit le Chapiteau, tous deux sont impressionnés par la réussite de ce projet en milieu rural. C’est leur première visite à Marciac, et ils vont passer la soirée au Chapiteau, une surprise de Jacky pour Claire. Celle‑ci est littéralement séduite par la voix de Stacey Kent. Elle trouve qu’elle dégage de l’amour, de la douceur, de la chaleur, une véritable émotion. Elle aime la simplicité de son chant, son naturel. « On sent qu’elle aime son public, dit‑elle. On a envie de la suivre. C’est vraiment extra. » Jacky approuve. Tous deux ont également aimé le concert du quartette de Manu Katché. Jacky dit qu’il s’est éclaté. Claire parle de l’impression que lui a laissée la voix de Richard Bona, extraordinaire. Le jeu de Stefano Di Battista leur a également beaucoup plu. Ils s’attardent à commenter l’énergie des musiciens, leur humour, la complicité, la connivence entre eux, les sourires échangés. Jacky insiste sur le dynamisme du concert : « C’était époustouflant », dit‑il. « Les deux concerts nous ont scotchés », conclut Claire. Ils se promettent de revenir. Comme on les comprend. 

Jean-François Picaut


Jazz in Marciac 2012, trente-cinquième édition

Du 27 juillet au 15 août 2012 à Marciac (Gers)

Réservations : 0892 690 277 (0,34 € / min)

Site : www.jazzinmarciac.com

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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