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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 13:00

« Saudade » et joie de vivre : c’est le Brésil


Par Jean-François Picaut

Les Trois Coups.com


Première soirée à sec depuis quelques jours pour Jazz à Vienne. De toute façon, avec le Brésil, le soleil n’est jamais bien loin. Les trois musiciens de ce soir en apportent la preuve, chacun à sa façon.

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Sergio Mendes | © Jean-François Picaut

Vinicius Cantuária : la mélancolie vaincue

C’est le pianiste et chanteur Vinicius Cantuária qui ouvre les festivités brésiliennes au Théâtre Antique, avant d’aller se produire plus longuement au Club de minuit. Le concert débute curieusement. On a l’impression que Cantuária n’en finit pas d’accorder sa guitare alors que le trio qui l’accompagne – Paul Socolow (contrebasse), Helio Alves (piano) et Adriano Santos (batterie) – a déjà commencé à jouer. Le leader n’a d’ailleurs pas l’air heureux et affiche une mine renfrognée !

Le second titre ne le déride pas plus, tout imprégné qu’il est de cette mélancolie luso-brésilienne, la saudade, qui trouve son expression achevée dans le fado. La voix de Cantuária se prête bien à ce genre.

La fin du concert est heureusement plus gaie, car les trois titres interprétés sont plus proches de la bossa-nova. Le travail du pianiste est absolument remarquable de musicalité. Adriano Santos marie avec bonheur la batterie et les percussions brésiliennes. Vinicius Cantuária déploie toute la richesse de son jeu à la guitare

Eliane Elias quartette : énergie, joie de vivre et brio

La pianiste et chanteuse Eliane Elias ne souhaite sans doute pas qu’on parle d’elle puisqu’elle a refusé toute prise de photographie, pendant les balances, à la conférence de presse et sur scène ! Je respecterai donc son vœu.

C’est vraiment dommage, car il y a beaucoup de bien à dire de son jeu pianistique, de sa prestation vocale, de sa présence scénique et des grandes qualités du trio qui l’accompagne : son mari Marc Johnson (contrebasse), Graham Dechter (guitare) et Rafaël Barata (batterie et percussions)

Sergio Mendes et son orchestre : l’éternelle jeunesse

Sergio Mendes a beau être septuagénaire, il n’en garde pas moins une belle énergie, encore renforcée par la scène. Le maître trône sur une estrade, à l’avant de son orchestre de dix musiciens, d’où il nous fait la gentillesse de présenter son programme dans un français impeccable.

Le programme est composé de titres empruntés aux grands classiques de la musique brésilienne, à la longue carrière discographique de Sergio Mendes commencée en 1961, et de nouveautés. Le pianiste, compositeur, arrangeur et chanteur a su s’entourer de musiciens jeunes et talentueux. Il a même engagé un rappeur, Harrel Harris « H2O ».

La fête, qui comporte plus de 20 titres, parfois très courts, commence par Magalenha que les Brésiliens (surtout les Brésiliennes) du public, chantent avec les interprètes. On entendra bien sûr Ela e carioca, Ipanema et Pais tropical (en rappel), mais la ferveur commence surtout avec Agua de beber. Le public bat des mains, commence à danser, entraîné par H20 qui en adapte une partie en rap. On le retrouvera dans le même rôle pour One Nation.

Même si le côté festif et dansant est dominant dans le concert, l’émotion n’est pas oubliée. C’est le cas avec la superbe ballade O que sera de Chico Buarque. Gracinha Leporace s’y distingue en l’interprétant avec toute la douceur mélancolique qui convient.

Après un époustouflant solo du percussionniste Marco B. dos Santos « Gibi », j’ai moins aimé trois morceaux s’apparentant plus à la pop, voire à la variété internationale (Fool on the Hill, Look of Love et Never Gonna Let You Go). Je serai néanmoins plus indulgent avec le dernier titre interprété en duo par Katie Hampton et Scott Mayo, qui s’illustre aussi aux claviers, à la flûte et particulièrement au saxophone.

Le concert s’achève dans la fête, avec un public très nombreux qui danse, par un certain nombre de tubes dont Maracatu Atomico et l’inoxydable Mas que nada (1966) repris en rappel, que même les enfants chantaient encore en sortant du Théâtre Antique. 

Jean-François Picaut


Jazz à Vienne 2013, 34e édition

À Vienne (Isère) du 28 juin au 13 juillet 2014

Festival Jazz à Vienne • 21, rue des Célestes • 38200 Vienne

Tél. +33 (0)4 74 78 87 87

Télécopie +33 (0)4 74 78 87 88

Renseignements : www.jazzavienne.com

Billetterie : billetterie@jazzavienne.com

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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