ACCUEIL | POURQUOI CE JOURNAL ? | L’ÉQUIPE DES RÉDACTEURS | LE LIVRE D’OR | NOUS ÉCRIRE | NOUS SUR FRANCE CULTURE | NOUS SUR « LE MONDE »
« Au théâtre, il n’y a rien à comprendre, mais tout à sentir. » Louis Jouvet
Du jazz ou rien
Du big band au quartette en passant par une sorte d’orchestre de chambre jazz, le festival de Vienne célèbre ce soir la « french touch », en français dans le texte, avec deux vedettes italiennes…
Alice Perret, avec Bigre !
© Jean-François Picaut
Jeudi 5 juillet 2012
Bigre ! : un big band affûté
Promouvoir la scène régionale du jazz est, on le sait, un des objectifs avoués de Jazz à Vienne. C’est encore le cas cette année avec le Amazing Keystone Big Band qui a fait l’ouverture du festival au Théâtre Antique avec une adaptation remarquée de Pierre et le loup. Deuxième illustration, ce soir, avec Bigre !, le big band lyonnais.
Cet orchestre, à l’origine duquel on trouve Romain Dugelay (saxophone baryton) et Félicien Bouchot (trompette), qui en sont aussi les principaux compositeurs, n’en est pas à ses débuts. Distingué comme « Révélation Jazz magazine », il a aussi été finaliste du Concours national de jazz de la Défense et du Tremplin jazz(s)RA en 2011.
L’ensemble a crânement assuré la première partie de la soirée avec sa musique haute en couleur, métissée, à dominante funk, mais sans négliger le rock et avec des clins d’œil aux formes les plus contemporaines. Un programme où l’humour, dans les titres et dans la musique, a toute sa place et qui met en valeur aussi bien le collectif que de solides individualités.
Aldo Romano et Enrico Rava quartet : le sens du chant
Aldo Romano (batterie) et Enrico Rava (trompette), les deux septuagénaires du jazz italien se connaissent et s’apprécient depuis près d’un demi‑siècle. Le jazz est leur univers. Aldo Romano aime rappeler que, s’il n’en avait pas fait, il aurait vraisemblablement suivi sa vocation « naturelle » : devenir carreleur ou maçon. Tous deux affirment qu’ils ne pourraient pas être musiciens s’ils ne faisaient pas de jazz. Ils partagent aussi une même conviction : pour eux, la musique, même instrumentale, doit rester la transposition du chant. Cela explique sans doute qu’ils sont, l’un et l’autre, de grands mélodistes. Ce sont aussi deux grands modestes qui assurent que leur style n’est rien d’autre qu’une adaptation à leurs limites, qu’ils qualifient même de faiblesses ou de manques. Voilà des limites heureuses !
Enrico Rava
© Jean-François Picaut
Ils se produisent ce soir dans la formation qui a enregistré Inner Smile, le dernier album paru chez Dreyfus jazz sous le nom d’Aldo Romano. Le quartette est donc complété par Thomas Bramerie et Jean‑Baptiste Trotignon, deux quadragénaires dont la réputation n’est plus à faire.
Le jeu des quatre musiciens illustre parfaitement la définition du jazz donnée par Enrico Rava : « Le jazz, c’est la démocratie idéale, chacun apporte sa contribution à l’ensemble en fonction de ses capacités et reçoit selon ses besoins », même si la trompette de Rava est vraiment somptueuse ce soir. Il prétend jouer sur la trompette de Louis Armstrong, celle qui lui avait été volée en 1968… Aigus éclatants, moelleux quand il le faut, vélocité, sens du placement, le trompettiste a vraiment occupé une place de choix sans chercher à accaparer toute l’attention. Il fallait voir ses échanges avec le piano de Trotignon, ses clins d’œil à un Bramerie aux anges. Mais ce qui frappait sans doute le plus, c’était la volontaire discrétion d’Aldo Romano. On a mieux compris ce qu’il voulait dire quand il affirmait que le plus grand plaisir est d’écouter les autres.
Peut-être le meilleur exemple de l’alchimie du groupe est‑il à chercher curieusement dans cet il Camino d’Aldo Romano (adapté par Nougaro en Rimes), ici interprété en trio, sans Rava. Si la pluie, intermittente, n’avait pas un peu terni la fête, cette soirée aurait été un pur bonheur. ¶
Jean-François Picaut
Les Trois Coups
Jazz à Vienne 2012, trente-deuxième édition
À Vienne (Isère) du 28 juillet au 13 août 2012
Festival Jazz à Vienne • 21, rue des Célestes • 38200 Vienne
Tél. +33 (0)4 74 78 87 87
Fax +33 (0)4 74 78 87 88
Renseignements : www.jazzavienne.com
Billetterie : billetterie@jazzavienne.com
Commandez en ligne et imprimez vous‑mêmes vos billets à domicile : Infoline : 0892 702 007 (0,34 euros/min)
« Les Trois Coups », c’est un journal en ligne, bien sûr. Mais c’est aussi une association, qui a besoin d’être soutenue par des adhérents.
Lire la suite.
Derniers commentaires