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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 18:06

Drôlement fort,
cet Antoine Defoort !


Par Aurore Krol

Les Trois Coups.com


La performance comique, c’est plutôt rare. Avec « Indigence = élégance », Antoine Defoort offre une prestation digne d’un homme-orchestre protéiforme. Une équipée loufoque, absurde et dense, et cela sans se prendre au sérieux un seul instant. Ainsi, le comédien opère en entraînant le spectateur dans un voyage à l’humour subtil et aux situations dadaïstes, prenant le contre-pied d’une certaine scène contemporaine ultracryptée et intellectualisée.

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« Indigence = élégance » | Antoine Defoort

Sous un aspect foutraque et désinvolte, l’artiste enchaîne avec intelligence des situations qui explorent les incongruités du quotidien et les divagations d’un personnage gentiment allumé. Cette démonstration, oscillant entre théorie et expérimentation, est une mise en abyme pleine d’autodérision. En effectuant des passerelles volontairement très aléatoires, Antoine Defoort entame en effet une déconstruction des procédés narratifs et scéniques. Égratignant au passage, mais sans méchanceté, certains lieux communs artistiques devenus éculés.

Du côté de la mise en scène, on se situe dans le minimalisme assumé. Sans utiliser d’effets techniques complexes – un ordinateur posé sur une table et quelques vidéos projetées sur une toile de fond –, l’artiste transforme néanmoins ce spectacle en un concentré d’invention et de surprise. Et si tout cela donne l’air d’être bidouillé, le spectateur peut quand même être étonné par la structure très carrée de l’ensemble. Antoine Defoort a ce talent certain pour toujours retomber sur ses pieds avec brio après avoir donné l’impression de se perdre ou de s’embrouiller.

Une poésie fragile sous l’humour absurde

Avec son articulation précieuse et son timbre de grand sensible, sa posture d’orateur un peu strict, il a quelque chose du mime maladroit, du clown triste parfois : une poésie fragile sous l’humour absurde… et il est génial. On rit de bon cœur, tout en étant attendri par son allure de naïf paumé qui aurait flirté du côté de la ringardise vestimentaire. Il faut retenir, par exemple, cette merveilleuse association d’un costume-jogging avec des expressions faciales impossibles.

Antoine Defoort finit alors par donner au spectateur l’impression d’être dans son propre salon et d’assister avec une bande d’amis à une soirée potache, une série d’improvisations décousues et conviviales. Mais tout cela fait sens, plus encore quand, en sortant de la salle, on s’attarde sur le titre de la performance. Effectivement, dans cet assemblage de bric et de broc, quelques pépites de bonheur ont été subtilement mises en relief, des fous rires et de l’émotion tout en finesse. On peut appeler ça de la vraie élégance. 

Aurore Krol


Indigence = élégance, d’Antoine Defoort

Conception et réalisation : Antoine Defoort

Résolution des problèmes relatifs et absolus : Julien Fournet

Production : L’Amicale de production (ex-Frietsoep Inc.)

Soutien : L’L, lieu de recherche et d’accompagnement pour la jeune création, Le Vivat, La Malterie

Diffusion : Camille Gibrat / L’L

Atelier 210 • 210, chaussée Saint-Pierre • 1040 Bruxelles • Belgique

Site du théâtre : www.atelier210.be

Courriel de réservation : info@atelier210.be

Réservations : 0032 (0)2 732 25 98

Du 28 au 29 janvier 2011 à 20 heures, dans le cadre du festival Édition(s) limitée(s)

Durée : 1 heure

16 € | 13 € | 8 €

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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