Partager l'article ! « Giacomo sur les planches », de Gilbert Ponté (critique de Noémie Doutreleau), Manufacture des abbesses à Paris: Un co ...
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« Au théâtre, il n’y a rien à comprendre, mais tout à sentir. » Louis Jouvet
Un comédien à mille facettes
Dans « Giacomo sur les planches », Gilbert Ponté interprète le deuxième volet de sa trilogie autobiographique avec brio à la Manufacture des Abbesses. Il est seul sur scène et incarne pourtant une vingtaine de personnages qui ont marqué sa jeunesse. Giacomo a fait ses premiers pas sur les planches du Off d’Avignon 2008, et on ne peut que lui souhaiter un brillant avenir.
« Petit pas pour l’homme, grand pas pour l’humanité », c’est la tête dans les étoiles que Giacomo a grandi dans cette cité française où les immigrants italiens poursuivaient leurs rêves. C’est un endroit où un enfant vit sur la Lune, où les histoires de cosmonautes rivalisent avec celles de Zorro, où se côtoient des caractères italiens hauts en couleur. Le public est plongé dans cet univers de la fin des années 1960, où il rencontre ceux qui ont aidé Giacomo à se construire.
« Imagine, imagine, le théâtre, c’est de l’imagination » conseille l’oncle Eddy à la petite Sandrine. Ce n’est pas seulement de l’imagination du spectateur qu’il est question, mais du talent du comédien, qui parvient à nous immerger dans son monde. Gilbert Ponté incarne des personnages sans cesse différents tant sur le plan physionomique que vocal et ce, avec une virtuosité étonnante. Il donne ainsi une dimension à la fois comique, poétique et émouvante à son spectacle. On est donc loin de l’idée que le père de Giacomo se fait du théâtre : « Le théâtre, c’est pas un métier, c’est des conneries ! ».
« Giacomo sur les planches » | © B.-M. Palazon
Le comédien semble jongler naturellement d’un personnage à l’autre comme avec les accessoires qui lui servent de décor. En effet, la scène est presque nue, meublée seulement par une table, une chaise et des strapontins, dont Gilbert Ponté exploite toutes les possibilités. Il parvient même à incarner les objets qui lui manquent. Par ailleurs, les lumières s’accordent parfaitement au jeu de l’acteur et donnent une consistance au décor. Ainsi, le rouge éclaire l’antre du démon, et crée une atmosphère fantastique. Les sons, quant à eux, inscrivent l’action dans son contexte historique. Par contre, les projections vidéo m’ont semblé parfois superflues, quoique révélant probablement la volonté de l’artiste d’associer différentes techniques artistiques.
Finalement, Giacomo sur les planches met en scène un comédien interprétant un enfant qui rêve lui-même d’être comédien. Le théâtre dans le théâtre semble inévitable lorsque l’on traite de l’autobiographie d’un acteur. Cependant, la mise en abyme du drame est tellement dense qu’elle désoriente parfois le spectateur. En tout cas, Giacomo sur les planches est drôle et touchant. On ne peut alors que regretter que la salle ne compte guère ce soir plus de spectateurs que la scène de personnages. À vous d’inverser la tendance ! ¶
Noémie Doutreleau
Les Trois Coups
Giacomo sur les planches, de Gilbert Ponté
Mise en scène : Stéphane Aucante
Avec : Gilbert Ponté
Décors : Cédric Teyssier
Lumières et vidéos : Kosta Asmanis
Son : Richard Gilil
Costumes : Clothilde Fortin
Manufacture des Abbesses • 7, rue Véron • 75018 Paris
Réservations : 01 42 33 42 03
À partir du 1er octobre 2009, du jeudi au samedi à 21 heures et dimanche à 17 heures, relâche les 12 novembre et 25 décembre 2009
Durée : 1 h 30
24 € | 13 €
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