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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 22:06

Un comédien à mille facettes

 

Dans « Giacomo sur les planches », Gilbert Ponté interprète le deuxième volet de sa trilogie autobiographique avec brio à la Manufacture des Abbesses. Il est seul sur scène et incarne pourtant une vingtaine de personnages qui ont marqué sa jeunesse. Giacomo a fait ses premiers pas sur les planches du Off d’Avignon 2008, et on ne peut que lui souhaiter un brillant avenir.

 

« Petit pas pour l’homme, grand pas pour l’humanité », c’est la tête dans les étoiles que Giacomo a grandi dans cette cité française où les immigrants italiens poursuivaient leurs rêves. C’est un endroit où un enfant vit sur la Lune, où les histoires de cosmonautes rivalisent avec celles de Zorro, où se côtoient des caractères italiens hauts en couleur. Le public est plongé dans cet univers de la fin des années 1960, où il rencontre ceux qui ont aidé Giacomo à se construire.

 

« Imagine, imagine, le théâtre, c’est de l’imagination » conseille l’oncle Eddy à la petite Sandrine. Ce n’est pas seulement de l’imagination du spectateur qu’il est question, mais du talent du comédien, qui parvient à nous immerger dans son monde. Gilbert Ponté incarne des personnages sans cesse différents tant sur le plan physionomique que vocal et ce, avec une virtuosité étonnante. Il donne ainsi une dimension à la fois comique, poétique et émouvante à son spectacle. On est donc loin de l’idée que le père de Giacomo se fait du théâtre : « Le théâtre, c’est pas un métier, c’est des conneries ! ».

 

« Giacomo sur les planches » | © B.-M. Palazon

 

Le comédien semble jongler naturellement d’un personnage à l’autre comme avec les accessoires qui lui servent de décor. En effet, la scène est presque nue, meublée seulement par une table, une chaise et des strapontins, dont Gilbert Ponté exploite toutes les possibilités. Il parvient même à incarner les objets qui lui manquent. Par ailleurs, les lumières s’accordent parfaitement au jeu de l’acteur et donnent une consistance au décor. Ainsi, le rouge éclaire l’antre du démon, et crée une atmosphère fantastique. Les sons, quant à eux, inscrivent l’action dans son contexte historique. Par contre, les projections vidéo m’ont semblé parfois superflues, quoique révélant probablement la volonté de l’artiste d’associer différentes techniques artistiques.

 

Finalement, Giacomo sur les planches met en scène un comédien interprétant un enfant qui rêve lui-même d’être comédien. Le théâtre dans le théâtre semble inévitable lorsque l’on traite de l’autobiographie d’un acteur. Cependant, la mise en abyme du drame est tellement dense qu’elle désoriente parfois le spectateur. En tout cas, Giacomo sur les planches est drôle et touchant. On ne peut alors que regretter que la salle ne compte guère ce soir plus de spectateurs que la scène de personnages. À vous d’inverser la tendance ! 

 

Noémie Doutreleau

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Giacomo sur les planches, de Gilbert Ponté

Mise en scène : Stéphane Aucante

Avec : Gilbert Ponté

Décors : Cédric Teyssier

Lumières et vidéos : Kosta Asmanis

Son : Richard Gilil

Costumes : Clothilde Fortin

Manufacture des Abbesses • 7, rue Véron • 75018 Paris

Réservations : 01 42 33 42 03

À partir du 1er octobre 2009, du jeudi au samedi à 21 heures et dimanche à 17 heures, relâche les 12 novembre et 25 décembre 2009

Durée : 1 h 30

24 € | 13 €

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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Marisa Tiné 18/01/2011 14:37



j'ai assisté à ce troisième volet du spectacle de Gilbert Ponté après avoir vu le premier à Limoges dans une salle comble. Dommage qu'à Paris le public ne soit pas au rendez-vous car il rate un
artiste et un spectacle de qualité. J'adhère totalement à votre article qui décrit avec exactitude les multiples facettes du talent incontestable de cet artiste. Je ne peux que
recommander au public de venir en nombre découvrir ou revoir Gilbert Ponté.



Mitya RAHTZ 17/01/2011 14:15



Pour avoir vu en janvier 2011 le 3ème volet de cette trilogie, "Le monde est grand, Giacomo" à l'Espace Kiron (les années '80 cette fois), je rejoins votre article sur la virtuosité
protéiforme de cet acteur étonnant qui avec son seul corps, sa(ses !) voix et un visage terriblement plastique, (re-)crée sous les yeux du spectateur tout un monde, une galerie de personnages
bien dessinés. On ne fait pas que voir et entendre leurs tics de langage ou leurs gestes caractéristiques, on éprouve leurs chagrins, on partage leurs espoirs, on est meurtri par leurs
amertumes. Ma propre déception fut grande, d'ailleurs, de constater que ce spectacle peine manifestement à trouver son public, tandis que parmi les rares spectateurs, pas un n'est sorti de
la salle autrement qu'enchanté. Bref, allez voir Gilbert Ponté, vous ne le regretterez pas.



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