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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 15:13

Ça swingue aux concerts d’été


Par Jean-François Picaut

Les Trois Coups.com


Deux soirées ont été consacrées au jazz dans le Festival symphonique et populaire de Rennes (du 27 août au 1er septembre 2012). C’est une nouveauté que « Les Trois Coups » se devaient de signaler.

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Guillaume Saint-James | © Jean-François Picaut

Jeudi 30 août 2012 : Megapolis de Guillaume Saint-James

Megapolis est la version pour orchestre symphonique, sextette de jazz et boîte à sons de Polis, un album Plus loin music dont nous avons déjà dit ici tout le bien que nous en pensions. On ne reviendra donc pas sur l’analyse détaillée de l’œuvre.

La présence de l’orchestre symphonique donne à Megapolis une envergure que ne pouvait pas avoir le seul sextette. On ne parle pas seulement des masses sonores particulièrement adaptées à rendre le foisonnement et le bouillonnement d’une grande cité. En ce sens, les tutti sont impressionnants de puissance. La version symphonique met en évidence le talent de compositeur de Guillaume Saint‑James, aussi bien dans l’architecture générale que dans les détails, qui sont d’une grande finesse.

Ce soir, notre placement, ou un défaut de la sonorisation, ne donnait pas toute leur ampleur aux cordes, mais on pouvait parfaitement apprécier le jeu des vents qui venaient souvent en appui au sextette. Chaque pupitre de la formation est bien mis en valeur. Nous avons particulièrement apprécié une belle intervention très élégiaque de l’accordéon (Didier Ithursarry), un remarquable solo mélodique, très grave, de Jean‑Louis Pommier (trombone). Geoffroy Tamisier (trompette) a été très présent mais moins, bien sûr, que le leader, Guillaume Saint‑James (saxophones et composition), vraiment excellent, dont nous avons surtout aimé une intervention très swing et son rôle dans Un papillon pour Maria, joué en bis. Il serait injuste de ne pas saluer le travail effectué par l’Orchestre symphonique de Bretagne sous la direction très expressive de Didier Benedetti.

Vendredi 31 août 2012 : Aurore quintette

On nous avait annoncé Aurore Voilqué en quartette, nous la retrouvons en quintette : Aurore Voilqué (violon et chant), Siegfried Mandacé (guitare et composition), Basile Mouton (contrebasse), Jerry Edwards (trombone) et Mourad Benhammou (batterie).

Le quartette d’Aurore Voilqué a longtemps été catalogué comme « jazz manouche ». Le programme de ce soir fait de reprises et de quelques compositions déborde largement ce cadre. On entendra donc l’inusable Nuages de Django Reinhardt, mais aussi From This Moment on (Cole Porter), Gone With « What » Wind (Charlie Christian) et deux très belles compositions de Siegfried Mandacé : Conversation et Peace in New Orleans.

On avait croisé Aurore Voilqué, il y a quelques années, comme violoniste classique dans l'Orchestre pour la paix, fondé et soutenu par Miguel Angel Estrella, la voici violoniste de jazz. Et elle chante aussi, d’une voix agréable, merveilleusement ductile pour épouser toutes les subtilités rythmiques. Ce soir, elle interprète de façon originale et avec beaucoup d’humour : Quand je monte chez toi d’Henri Salvador et la chanson le Rififi, écrite et composée par Jacques Larue et Philippe‑Gérard, interprétée par Magali Noël dans le film de Jules Dassin *.

Le jeu d’Aurore Voilqué au violon se caractérise par une grande virtuosité, un phrasé très souple et une très grande musicalité, y compris sur la chanterelle. On saluera aussi la prestation de Jerry Edwards au trombone, le jeu de Siegfried Mandacé, remarquable d’invention (on regrette que sa modestie l’empêche d’accaparer un peu plus l’attention). Quant à Mourad Benhammou, son toucher à la batterie est un vrai régal, et puis quelle virtuosité sans jamais forcer la note !

Ces deux soirées ont rencontré un vrai succès populaire, comme tout le festival qui a battu ses records d’affluence : il y avait même des gens debout pour Megapolis. C’est un signe de la vitalité du jazz à Rennes et donc un véritable espoir pour les deux clubs qui vont s’ouvrir cette saison. C’est aussi, pour les programmateurs du Festival symphonique et populaire, un encouragement à poursuivre dans la voie qui vient d’être ouverte. 

Jean-François Picaut


Du rififi chez les hommes.


Festival symphonique et populaire, avec l’Orchestre symphonique de Bretagne

Du 27 août au 1er septembre 2012

Halle du Triangle, boulevard de Yougoslavie à Rennes

Et cour de la Banque populaire de l’Ouest • 6, rue de la Monnaie • 35000 Rennes (réservations nécessaires)

Orchestre symphonique de Bretagne • 29, rue Saint‑Melaine • 35000 Rennes

Tél. 02 99 275 275

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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