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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 22:39

Au fil des Passions


Par Céline Doukhan

Les Trois Coups.com


Jeudi 21 mars, c’est le deuxième jour de répétition de l’orchestre des Passions avant le concert de vendredi soir. Les vents vont rejoindre les cordes, et on va tester le « matos » préparé par les musiciens pour pallier l’absence de partition originale pour la partie cruciale de premier violon…

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Jean-Marc Andrieu | © Céline Doukhan

Aujourd’hui, les répétitions se déroulent dans le lieu du concert : le Théâtre Olympe-de-Gouges, dans le centre de Montauban. Sur le parvis, c’est l’ébullition : plusieurs classes des écoles de la ville attendent de pénétrer dans le théâtre pour assister à une partie de la répétition. Il est 14 h 45, certains sont là depuis une demi-heure. Les musiciens, eux, arrivent au compte-gouttes. Enfin, Jean-Marc Andrieu fait son apparition. On peut rentrer dans la salle, avec moult injonctions au silence des maîtres et maîtresses, et cet ultime argument pour avoir le calme : « On est rentré dans le théâtre ! ».

Pour l’orchestre, cette heure de répétition n’en sera pas une : entre les extraits didactiques et les explications d’un Andrieu devenu clone occitan de Jean-François Zygel, le travail sur la partition n’avance pas. Qu’importe, Andrieu prodigue avec bonhomie explications et métaphores. « Les cordes, c’est une belle famille… La contrebasse, c’est la grand-mère de l’orchestre. » Les enfants sont attentifs et, pour certains, agitent même frénétiquement les bras à la manière du chef !

Trois quarts d’heure plus tard, les enfants quittent le théâtre. La « vraie » répétition va pouvoir commencer. Et il y a du pain sur la planche : plusieurs passages doivent être passés en revue, et il faut tester la partie de premier violon écrite le matin même par les violonistes Diana Lee et Hélène Médous pour, chose incroyable, en pallier l’absence pure et simple dans la partition – tout cela avant la pause. Après, est prévu rien moins qu’un filage de l’ensemble du programme…

Un son et des cheese-cakes crémeux

Le son de l’orchestre est assurément beaucoup plus précis et homogène que la veille, l’ambiance plus concentrée : finies ou presque, les discussions détendues entre les musiciens. Jean-Marc Andrieu se permet cette fois de demander de rentrer dans les subtilités : « P, ça veut dire piano et pas pisseux ! », lance-t-il pour obtenir un son plus dynamique. Ou bien, gouleyant : « Beaucoup plus crémeux ! ».

Le « matos » préparé par Diana et Hélène pour la partie de premier violon a l’air de fonctionner. Pourquoi Jean-Marc Andrieu est-il allé pêcher une partition à laquelle manque précisément cette partie cruciale ? « Un certain goût du challenge ! », nous répondra ce spécialiste de la reconstitution de partitions anciennes.

C’est la fin de la journée. L’attention des musiciens est plus que jamais mise à rude épreuve : au moins aussi attentivement que celles du chef, ce sont maintenant les savantes explications du serveur du restaurant Ô thé divin que chacun écoute avec ardeur. Nous voici en effet devant une ardoise et des gâteaux plus alléchants les uns que les autres. Tartes, scones et autres cheese-cakes ont l’air de susciter plus d’enthousiasme chez certains musiciens que les molles harmonies de Saint-George, dont d’aucuns jugent l’écriture « amateur » et répétitive.

Mais il est déjà l’heure de repartir, cette fois pour répéter avec les vents : deux hautbois et deux cors. Des vents qui, explique la hautboïste Laura Duthuillé, sont surtout là pour donner une « couleur » à l’orchestre, comme ce fut souvent le cas au début de l’époque classique.

Et, de fait, la présence des vents renforce immédiatement le son d’ensemble. Jean-Marc Andrieu est ravi : « Avec vous, c’est joli, c’est mieux, ça redonne le moral, on reprend goût à la vie, quoi ! ». Rires dans l’orchestre. Sauf que, rapidement, on ne rigole plus : la répétition a pris du retard, on ne pourra sans doute pas faire de filage. Une mauvaise nouvelle, puisque ce filage devra donc être réalisé au dernier moment, le lendemain, pour ce qui est normalement un « raccord », une ultime mise au point avant le concert… 

Céline Doukhan


Voir Entretien avec Marion Dupouy, 2013, par Céline Doukhan.

Voir la chronique nº 1, 2013, de Céline Doukhan.

Voir aussi Vivaldi prima donna 2011, critique de Céline Doukhan.

Voir aussi Festival de La Chaise-Dieu, 2012, chronique nº 3 de Céline Doukhan.

Voir aussi Entretien avec Jean-Marc Andrieu, 2011, par Céline Doukhan.

Voir aussi Festival Passions baroques, 1re édition, 2011, chronique nº 1 de Céline Doukhan.


Festival Passions baroques à Montauban, sous la direction artistique de Jean-Marc Andrieu

www.les-passions.fr

Divers lieux de la ville

Réservations : 05 63 63 60 60 ou 05 34 44 18 18

Du 22 mars au 24 mars 2013

20 € | 12 € | 10 €

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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