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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 15:03

Emmanuelle, dansez !

 

Au Théâtre de la Cité, à Nice, on trouve une programmation dynamique et éclectique. Meyer Cohen, le maître du Château, est lui-même un metteur en scène averti. Je l’avais croisé lors de son adaptation de « l’Étranger » de Camus au Festival de théâtre de Roquebrune-Cap Martin. Dimanche après midi, il présentait dans son théâtre une jeune comédienne, Emmanuelle Lorre, accompagnée par le pianiste Michaël Creusy.

 

Nougaro aurait eu 80 ans en septembre ! Alors les hommages se multiplient. Cet été à Roquebrune, j’ai pu entendre Alain Illel chanter Nougaro face à la mer de Monte-Carlo. C’est moins original que le projet d’Emmanuelle Lorre de mettre en scène les chansons de Nougaro.

 

« 17 de ses textes lus, parlés, cités, joués, chantés, fredonnés »… nous promettait l’affiche. Mais on ne voit pas souvent Emmanuelle Lorre chanter sur scène. Dommage ! Elle le fait très bien lors d’une chanson très amusante où Nougaro s’imagine dans une cure thermale. Son corps en prend un coup et le rythme du texte aussi. Pour la première fois depuis le début du spectacle, la comédienne laisser aller son corps au rythme du texte. Elle ne déclame plus, mais vit le texte. Et puis encore dommage que ce texte arrive à la 45e minute du spectacle ! Auparavant, on a un peu subi une dizaine de textes très proches par la texture (sic !) les uns des autres. La folie de la comédienne ne se met pas en place. Sa robe noire ne contribue guère à donner du panache au spectacle. Mais Emmanuelle, Nougaro, ce n’est pas Édith Piaf ! Nougaro, c’est la joie, le rythme brésilien de ses partitions ! Et, même s’il est mort, il l’a dit lui-même : « Dansez sur moi le jour de mes funérailles ! ». Alors, Emmanuelle, dansez !

 

 

Heureusement, Emmanuelle n’est pas triste sur scène. Le public rit souvent. Ce sont pourtant des habitués des chansons de Nougaro. Mais, la plupart du temps, ils ont écouté la musique du maître toulousain sans faire attention au charme des paroles. Le projet d’Emmanuelle, notre comédienne, tient bien la route. Et elle a du talent. Assurément ! Cependant, la mise en scène ne la sert pas. Ne la sert pas également l’ordre des textes proposés. Dans le répertoire de Nougaro, il y a des textes tristes, des textes joyeux, des textes fous. Il faut mixer le tout dès les premières minutes. Ne pas laisser le spectateur se fondre dans son fauteuil. Et le pianiste ? Il dit deux ou trois phrases pendant tout le spectacle. Son physique de Gotainer en fait un parfait personnage nougarien !

 

Nougaro, ça pète le feu ! Alors, il faut en mettre plein la vue avec un tel spectacle ! Nougaro, c’est comme si on sortait au fond d’une maison du Sud-Ouest un bon vieux cassoulet et que, derrière la maison, on entendait le corbeau qui croasse, le coq gaulois qui se prend pour une pendule et les camarades brésiliens venus des bidonvilles ! Alors, Emmanuelle, « débarque avec ton Brésil »… En plus, il faut se préparer aux futurs jeux Olympiques à Rio ! Là il va y avoir du tempo… On ira là bas, faire du sport, avec notre bon vieux Nougaro ! 

 

Thierry Azzopardi

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Fables de ma fontaine, de Claude Nougaro

Mise en scène : Emmanuelle Lorre

Avec : Emmanuelle Lorre et Michaël Creusy

Théâtre de la Cité • 3, rue Paganini • 06000 Nice

04 93 16 82 69| télécopie 04 93 16 13 64

infos@theatredelacite.fr

Réservations : 04 93 16 82 69

Emmanuelle Lorre sera au Théâtre de l’Impasse du 9 au 25 octobre 2009 à 20 h 30 pour les représentations des Fables de ma fontaine de Nougaro. Théâtre de l’Impasse • rue de la Tour • Vieux Nice

04 93 16 17 51

15 € | 12 € | 10 €

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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commentaires

Lionel VERAN 29/10/2009 09:48



Je viens de prendre connaissance de ce débat et je ne peux manifestement pas rester muet, même si je n'ai pas encore eu la possibilité de voir ce spectacle. Car, comme l'a rappelé Emmanuelle, les
dates de ses représentations tombaient très mal avec mon agenda.

Cependant, je me permets de donner mon avis car j'ai assisté aux premières lectures d'Emmanuelle sur ces textes et son parti pris, son désir, et sa volonté de jouer ce spectacle correspondent
pleinement à ce que j'ai pu lire dans les critiques positives de ses défendeurs.

Emmanuelle voulait monter Fables de ma fontaine de Claude Nougaro et pas un spectacle sur l'aspect festif de l'œuvre de Claude Nougaro.

Elle voulait un musicien sur scène et Michaël Creusy a été pressenti parce qu'il est musicien, mais surtout pour sa sensibilité et, bien sûr, pas pour son physique.


Les premières lectures ont été abordées avec beaucoup de professionnalisme, de recherche, d'humilité, de bienveillance et de respect face à ces textes qui ne sont en aucun cas des chansons, mais
de petites histoires, voire des contes ; même si Nougaro lui-même a voulu y insérer des chansons de son répertoire.

La construction du spectacle, l'enchainement des textes sont bien plus subtils qu'il en ont l'air. Même si les textes ne se répondent pas au premier abord, il y a bien plus qu'une logique
dans ce déroulement, surtout dans la première partie.


Une des premières évidences était de ne pas «singer» Claude Nougaro et je ne suis pas supris d'entendre que ce n'est pas le cas.


Je tiens à ajouter que si je n'ai pas pu assurer ce qui était prévu, c'est-à-dire la mise en scène, c'était pour des questions de disponibilité de ma
part.


J'invite tous les gens qui connaissent C.Nougaro et tous ceux qui ne le connaissent pas à aller voir ce spectacle, car ceux qui l'aiment le retrouveront et ceux qui ne sont pas forcement séduits
par ses chansons redécouvriront un grand poète.



GREBILLE 15/10/2009 10:19



Bonjour,


Emmanuelle Lorre a su relever un défi : monter pour la première fois en France, après Claude NOUGARO, "les fables de ma fontaine".


La prestation de la comédienne est époustouflante ! Quel challenge que d'oser incarner le petit taureau de Toulouse. Challenge d'autant plus réussi qu' Emmanuelle Lorre joue Nougaro, voire joue
avec Nougaro, mais ne fait pas du Nougaro.


Car la performance est là : interpréter un spectacle écrit par Nougaro, sans en faire l'imitation.


J'ai lu quelques commentaires relatifs à l'architecture de ce spectacle, la place et l'ordre des textes. S'il est bien un domaine qui ne ressort pas du pouvoir d'Emmanuelle Lorre, c'est bien
celui-là. Pour ceux qui l'ignorent, "Les fables de Ma Fontaine" est une oeuvre en soi, dont on ne peut changer à sa guise les textes interprétés ou leur déroulement. De la même manière que l'on
ne peut changer l'ordre des scènes d'une pièce de Molière.


Il en est autremenent de l'interprétation, selon le talent du comédien. Et sur ce point, Emmanuelle Lorre nous a livré l'une de ses plus exaltantes représentations.


" Les fables de ma fontaine" se joue encore tout le mois d'octobre sur Nice : réservez vos soirées !



Emmanuelle Lorre 13/10/2009 18:20


Que d'effervescence !
Nous ne faisons pas la critique du critique, et toutes les remarques positives comme négatives nous permettant d'avancer sont les bienvenues.
Nous sommes tout à fait ouverts et partants pour un débat sur les critiques théâtraux de la région.
Lionel Véran devait initialement assurer la mise en scène de "Fables de ma fontaine". Au final, son agenda ne lui a pas permis de le faire. Nous avons donc retiré son nom de tous les supports
de communication. Et il ne figure plus sur notre site depuis juillet.
Lionel est un ami. Nous ne l'aurions jamais oublié !
A bientôt.
Emmanuelle Lorre et Michaël Creusy


thierry azzopardi 13/10/2009 05:06


j'ajouterai une interrogation : sur le site de votre compagnie Epigramme (vous voyez que je me documente) vous annoncez une mise en scène de Lionel Veran. Sur l'annonce du spectacle au théâtre de
la Cité je ne retrouve pas son nom et que vous annonciez une mise en scène d'Emmanuelle Lorre...Pouvez vous être plus clair ? Il se trouve que je connais bien Lionel Veran. Pourquoi avoir omis son
nom ?


thierry azzopardi 13/10/2009 04:12


Mais il ne s'agit pas d'acheter le Dvd, de connaître les textes de Nougaro...Il ne s'agit pas d'une critique universitaire...C'est vous qui réclamez un ton professoral...Les Trois coups, ce n'est
pas la Revue des Deux mondes. Je prends le parti de celui qui rentre dans une salle pour voir un spectacle...Et il n'est pas question de venir avec un dossier sur le spectacle pour 
l'apprécier...Moi j'adore le fait qu'Emmanuelle et ses amis viennent faire la critique du critique...Et vous évoquez mon humilité...c'est très amusant...La moindre humilité c'est encore d'accepter
les critiques...Surtout que la mienne n'est pas insultante...En tous cas cela ouvre un débat sur le théâtre de la région qui n'a pas (et vous le dites très bien) une véritable critique. Merci pour
mon minimum syndical...même si nous sommes tous ici bénévoles et fiers de l'être...Pour terminer je vous rappellerai simplement une simple citation : "Sans la liberté de blâmer il n'est pas d'éloge
flatteur"...


Joseph Leboeuf 13/10/2009 01:56


à Thierry Azzopardi : l'humilité n'a jamais tué personne !

Vous vous dites content d'avoir "suscité autant de réactions". Ce contentement me paraît tout aussi
égomaniaque, professoral et prétentieux que votre "critique". Vous vous permettez de nous remettre à notre place avec une suffisance peu professionnelle. Le travail d'un critique n'est pas
d'éduquer les masses !
Voulez-vous un scoop ?
Les spectateurs et les artistes ne sont pas vos élèves.

A Nice, comme partout ailleurs, malheureusement, la critique se contente souvent de recopier le communiqué de presse en y ajoutant quelques éloges flatteurs et inintéressants. Tout le monde le sait
depuis longtemps !  Vous vous êtes donné la peine d'aller un peu plus loin... On ne va pas crier au génie journalistique pour ce minimum syndical.

Tout aussi malheureusement, la critique se contente également souvent de critiquer en toute partialité (et non de faire une critique), de "casser" avec amertume, pédantisme et inculture. De
s'ériger en juge détenteur de vérité, de donner des leçons etc. Là, par contre, vous êtes resté au premier degré. Du haut de votre plume, vous vous êtes laissé entraîner par votre vision de Nougaro
et, fait plus grave, par votre ignorance d'une part essentielle de son oeuvre. 

Votre point de vue de comédien et de metteur en scène ne nous intéresse nullement sur les colonnes d'un journal (encore un vilain péché d'orgueil !). Seul votre point de vue de critique nous
préoccupe ici.

Je ne vois absolument pas ce qu'il y a de constructif ni de de-constructif dans votre écrit ! Vous avez encore un long chemin à parcourir sur la voie du journalisme.

Si nous devons apprendre à lire les critiques, apprenez à les écrire, à creuser, à argumenter. Lisez les dossiers de presse, faites des recherches sur les auteurs, les oeuvres, les artistes etc. La
documentation et l'objectivité sont parmi les éléments qui permettent de différencier le journaliste de la commère.

Personne n'attendait de vous que vous criiez "à la perfection de ce spectacle". En aucun cas.
Je ne pense pas qu'Emmanuelle Lorre ou Michaël Creusy soient des artistes réclamant de ronflants dithyrambes. Leur humilité me semble indéniable puisque l'une se plaint d'être privée "d’un vrai débat sur les partis pris de mise en scène et d’interprétation" et que le second vous remercie "pour ce regard franc sur ce spectacle". 
Je connais très bien Emmanuelle Lorre et j'aime son professionnalisme, son perfectionnisme, son talent et son ouverture d'esprit. Michaël me semble fait du même bois.
Je sais qu'ils savent lire, sont ouverts aux critiques (aux vraies) et à la remise en question.

Ce qui ne semble pas être votre cas. 

De plus, vous nous avez prouvé que vous étiez capable d'éloges complaisants. Vous avez, en effet, grassement flatté Meyer Cohen au passage... Ce qui est hors de propos puisqu'il n'est ni le metteur
en scène, ni l'acteur, ni l'auteur, ni le producteur de ce spectacle. Peut-être avez-vous un spectacle à essayer de "caser" chez lui ?... 

Alors, Thierry, soyez humble ! Avouez que vous ne connaissiez pas "Fables de ma fontaine", que vous n'avez rien compris au Nougaro de ces textes et achetez-vous le DVD. Faute avouée... 


martine blaszka 12/10/2009 08:29


INCULTURE! voilà là un critique digne de ce nom ou comment faire la critique d'une oeuvre sans en savoir 1 ligne! Tout est parfaitement respecté dans cette
représentation des "fables de ma fontaine", il est certain que vous ne connaissez absolument pas Claude Nougaro. On ne s'improvise pas critique d'art dramatique, aussi je vous conseille de lire (ou
relire, mais j'ai 1 doute sur le fait d'une relecture) :
1°) "l'impromptu de l'Alma" de Eugène Ionesco  (1956 avec entre autres: C.Piéplu et Tsilla Cheltton)
2°)"point de crique" de Romain Rolland 
Emmanuelle Lorre et Michaël Creusy montre là tout leur talent et leur amour pour ce texte magnifique. Ils sont sublimes.
Quant à Meyer Cohen (que j'adore par ailleurs) ses mises en scène ne sont jamais aller plus loin que la rue Paganini à Nice. On le saurait!...
Et puisque comme vous le dites, vous avez choisi la ville du citron,et bien, remplissez le vôtre de tous les textes magnifiques que nous a offerts Claude Nougaro.


thierry azzopardi 12/10/2009 06:10


Je suis content d'avoir suscité autant de réactions. Il est vrai que la critique à Nice se réduit souvent aux éloges de Nice matin. Il faut désormais apprendre à lire une critique constructive ou
de-constructive parfois. J'ai bien insisté sur le talent d'Emmanuelle. Mais je n'ai pas crié à la perfection de ce spectacle ! Bien sûr, Nougaro a conçu ainsi ce spectacle, dans cet ordre et dans
ses textes...Mais Nougaro c'est Nougaro ! Il appartient à chacun de nous après de prendre ses marques par rapport à une adaptation. C'est mon point de vue de critique, de comédien et de metteur en
scène...


Jéjé 12/10/2009 01:57


...Et, ceux qui n'ont jamais trop apprécié les chansons de Nougaro (c'est mon cas) se fichent du Brésil et de ses rythmes, ou bien d'un Nougaro sautillant, dansant et chantant ! Par contre ils(et
moi avec) se réjouissent de découvrir à travers ces "Fables de ma Fontaine" un Nougaro d'une sensibilité extraordinaire, d'un humour intelligent, d'une poésie tendre et crue, tout ça, servi par une
comédienne talentueuse, dans une mise en scène pure et sobre ! Merci Emmanuelle de m'avoir fait découvrir un autre Nougaro. Et surtout pas de sambas ou bossa sur la scène et encore moins de
chansons...! Nougaro est vivant simplement : c'est Emmanuelle !


catherine Lauverjon 11/10/2009 13:16


Quel étonnement à ma lecture de la critique du spectacle " Fables de ma fontaine" de Claude Nougaro ! Un "Critique " est une personne dont le métier est de porter un jugement sur "Une oeuvre", une
appréciation sur la "valeur d'un texte" (Petit Larousse), et qui doit donc  avant toute chose,  connaître parfaitement le sujet sur lequel va porter sa "critique". Or , je constate que ce
n'est pas du tout le cas en qui concerne "Fables de ma fontaine" de Claude Nougaro ! Ces textes ont été représentés par la comédienne Emmanuelle Lorre (excellente, au demeurant) dans l'ordre
exact  (tels que les a écrits Nougaro) et qu'ils ne sont pas destinés à être chantés mais "dits" ! Et réduire Nougaro à un Coq Gaulois, un cassoulet et des brésiliens sortant de leurs
bidonvilles me semble totalement ahurissant !


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