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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 17:28

« J’interroge la musicalité
du corps »


Par Jean-François Picaut

Les Trois Coups.com


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Wayne Barbaste | © Jean-François Picaut

Les Trois Coups. — Avant de parler de la première édition du festival En avant-scène, parlons de vous, Wayne Barbaste. Pouvez-vous nous présenter votre itinéraire, en quelques mots ?

Wayne Barbaste. — Je suis danseur et chorégraphe. Après une carrière de danseur aux États-Unis chez Alvin Alley Repertory, je suis arrivé en France en 1985 où j’ai travaillé avec la Cie Rick Odums, Off Jazz de Gianin Loringett, Anne-Marie Reynaud… Je suis à Cesson-Sévigné depuis 1992 avec Calabash, dont je suis aujourd’hui directeur artistique.

Le travail de recherche sur la danse jazz que j’effectue interroge la musicalité du corps, en lien avec les origines chorégraphiques du jazz et la création actuelle.

Les Trois Coups. — Parlez-nous de la rencontre entre votre compagnie et l’association Calabash.

Wayne Barbaste. — En 1992, nous avons créé l’association Calabash, qui était à la base une compagnie de danse. Puis à partir de 1996, pour pallier le manque d’outils de diffusion et de connaissance de la culture jazz chorégraphique, nous avons décidé d’organiser des manifestations. Cette nouvelle orientation nous a contraints à cesser la création et la diffusion de la compagnie pour quelque temps.

En 2000, j’ai recommencé le travail de création tout en continuant à organiser des évènements.

À la demande des collectivités, nous avons créé la Cie Wayne-Barbaste pour la partie création et diffusion des œuvres chorégraphiques. Pendant sept ans, l’association Calabash et la Cie Wayne-Barbaste ont fonctionné séparément.

En 2009, il était devenu compliqué de gérer en même temps deux associations qui avaient le même but : défendre la culture et la danse jazz. Les deux ont donc fusionné sous le nom de « Calabash ». Aujourd’hui, Calabash suit deux axes : le travail de compagnie et le Pôle culture jazz.

Les Trois Coups. — Tout cela nous conduit, en 2010, à la naissance du « Pôle culture jazz », à Cesson-Sévigné, pôle dont vous êtes le directeur. Qu’est-ce que la culture jazz, Wayne ?

Wayne Barbaste. — C’est la longue histoire d’une culture communicative, festive, basée sur l’espoir et l’expression. La culture jazz prend sa source chez les esclaves afro-américains. C’est à travers les rythmes de l’Afrique et du travail dans les plantations aux États-Unis que s’est développée la danse, qui était souvent le moyen de dépasser la souffrance et la dureté de la vie quotidienne. Suite à la migration aux États-Unis, les cultures se sont croisées pour aboutir à une nouvelle forme d’expression dansée, c’est une culture très métissée.

Les Trois Coups. — À quel(s) besoin(s) répond la création du Pôle culture jazz à Cesson-Sévigné ? Quelles sont ses missions et ses actions ?

Wayne Barbaste. — Le Pôle culture jazz est une structure de rencontres, d’échanges, d’informations, de questionnements pour les professionnels et amateurs, qui veulent se former, étudier, approfondir leurs connaissances, prendre des contacts, rester curieux… C’est une réponse aux attentes de l’ensemble de la filière du jazz et au manque de documentation et d’informations autour de cette culture.

Le Pôle culture jazz est d’abord une structure d’échange des connaissances pour rendre la danse jazz plus visible, grâce aux manifestations que nous organisons.

Les Trois Coups. — Qui sont vos partenaires dans cette aventure ?

Wayne Barbaste. — La ville de Cesson-Sévigné, où nous sommes depuis 1992, est notre premier partenaire. Nous avons également le soutien de la région Bretagne, de la D.R.A.C., et du département, plus un réseau de structures partenaires. Nous espérons développer le mécénat auprès des entreprises privées.

Les Trois Coups. — Le festival En avant-scène, du 25 février au 2 mars 2011 est le premier grand évènement organisé par le Pôle. Pouvez-vous nous expliquer l’origine de son nom et son projet ?

Wayne Barbaste. — Le Pôle a officiellement démarré en septembre 2010. Le festival est l’héritier du forum des Jeunes interprètes, qui ensuite est devenu le forum En avant-scène», parce que nous y avons développé d’autres actions comme les stages, la culture chorégraphique et l’art cinématographique autour du jazz. Le pôle donne plus de visibilité à un événement déjà repéré et connu dans le milieu, car il se positionne fortement en faveur de la diversité de la culture jazz.

Souvent on trouve des festivals de danse jazz ou de musique jazz, mais on croise rarement les deux; or depuis le début de l’histoire du jazz, l’un a toujours nourri l’autre. En avant-scène montre toute la cohérence autour de cette culture.

Les Trois Coups. — Nous parlons, depuis le début, de Cesson-Sévigné, mais le festival déborde largement le cadre de la cité, je crois.

Wayne Barbaste. — Effectivement. Ainsi, la soirée d’ouverture aura lieu à Rennes dans une salle reconnue pour sa programmation de musiques actuelles, L’Antipode, M.J.C. où le jazz mérite toute sa place. Nous proposons des actions dans les bars de Rennes afin de rendre cette culture la plus accessible possible. Un spectacle jeune public est proposé dans les villes de Pacé et Servon-sur-Vilaine.

Les Trois Coups. — Nos lecteurs auront tout loisir de consulter le programme sur le site de Calabash ou sur celui de Cessson-Sévigné. Pouvez-vous, vous, nous indiquer vos deux ou trois coups de cœur ?

Wayne Barbaste. — C’est très difficile, car la programmation n’a pas été choisie pour le seul festival, mais également pour poser les bases de l’identité et de la culture jazz. Il y a des propositions qui ne se ressemblent pas, et chacune d’entre elles représente des thèmes ciblés et complémentaires. Nous voulons montrer que la culture jazz n’est pas la propriété de l’Amérique. Même si elle est née aux États-Unis, elle est devenue une culture planétaire. Je demande un joker, car mes coups de cœur sont partout pendant ce festival.

Les Trois Coups. — Merci, Wayne Barbaste, d’avoir bien voulu vous prêter à cet entretien. Tous nos vœux accompagnent ce nouveau festival de l’agglomération rennaise.

Wayne Barbaste. — Merci à vous. 

Propos recueillis par

Jean-François Picaut


Festival En avant-scène, 1re édition

Du 25 février au 2 mars 2011

Cesson-Sévigné, Rennes, Pacé, Servon-sur-Vilaine (35)

www.association-calabash.org

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