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Samedi 16 juin 2012 6 16 /06 /Juin /2012 16:41

Le 20 juin, Orléans s’enflamme pour le jazz

 

Du 20 au 30 juin 2012, la ville d’Orléans accueillera la vingt‑deuxième édition d’Orléans’ jazz. À cette occasion, « les Trois Coups » ont souhaité rencontrer Stéphane Kochoyan, le directeur artistique du festival.

 

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Stéphane Kochoyan

© service communication Vienne Agglo

 

Les Trois Coups. — Stéphane Kochoyan, vous avez été nommé directeur de l’É.P.I.C. (établissement public à caractère industriel et commercial) Jazz à Vienne en novembre dernier. C’est un poste à plein temps. Comment avez‑vous réussi, néanmoins, à préparer l’édition d’Orléans’ jazz 2012 ?

Stéphane Kochoyan. — Vous avez raison, le poste que j’occupe à Vienne est un poste à temps plein puisque je suis le directeur de l’établissement public et le titulaire des deux licences de spectacle. Avant d’accepter le poste, je me suis donc assuré que mon président, Christian Trouiller, m’autoriserait à poursuivre mon travail dans les autres festivals. Il faut dire que la situation, imprévue, était assez singulière puisque je venais de signer un nouveau contrat avec Orléans, Nîmes et Barcelonnette, Barcelonnette où j’étais programmateur depuis dix‑huit ans ! De ce côté, le message était plutôt : « Ne nous laisse pas tomber ! ». Il faut dire aussi que ma tâche dans ces trois festivals est d’une autre nature qu’à Vienne : trouver une cohérence artistique au festival, négocier les contrats et puis passer la main aux administratifs.

 

Les Trois Coups. — Envisagez‑vous néanmoins, à plus ou moins long terme, de renoncer à la direction artistique d’Orléans’ jazz et des autres festivals dont vous avez la charge ?

Stéphane Kochoyan. — Comprenez‑moi bien : mon souhait n’est pas de cumuler, mais de faire partager ma passion pour le jazz. D’ailleurs, ma nomination à Vienne a changé beaucoup de choses dans ma vie. Je vis désormais dans cette ville alors que j’étais installé à Paris depuis vingt‑cinq ans. En tout état de cause, je m’arrêterai immédiatement si je me rends compte que mon engagement à Vienne fait le moindre tort aux autres festivals et vice versa. Je n’oublie pas que je n’aurais jamais été recruté à Vienne si je n’avais pas réussi à Orléans, où nous avons quand même réuni 42 000 spectateurs l’an passé : je suis très reconnaissant aux Orléanais ! Mais je ne suis pas inquiet : quand j’ai des contacts avec un artiste ou ses représentants, je ne mets guère plus de temps à l’inviter si je l’invite pour l’une ou l’autre des manifestations. Je pense même que mon nouveau poids est favorable à l’ensemble.

 

Les Trois Coups. — Pour cette vingt-deuxième édition d’Orléans’ jazz, des travaux en cours dans la ville modifient la géographie coutumière du festival. À quels changements devront s’habituer les fidèles de la manifestation ?

Stéphane Kochoyan. — Ces travaux affectent le jardin de l’Évêché, cet endroit superbe, découvert par mon prédécesseur, André Francis. Pour compenser cette perte, nous allongeons la période de programmation au campo Santo et nous y ouvrons deux scènes. D’autre part et pour la première fois, nous occuperons le jardin de l’Hôtel‑Groslot (un Évêché en plus petit) et la place de la Loire : c’est à ces nouveaux lieux que devront s’accoutumer nos habitués.

 

Les Trois Coups. — Y a-t-il également des innovations en matière de programmation ?

Stéphane Kochoyan. — Oui, les deux choses sont liées. Du 20 au 23 juin 2012, les quatre premiers jours du festival envahiront le jardin de l’Hôtel‑Groslot et la place de la Loire avec deux scènes complémentaires. Dans ces deux lieux, les musiciens seront d’abord des musiciens régionaux, et tous les concerts seront gratuits. À l’Hôtel‑Groslot, la programmation sera assurée par l’association Le Nuage en pantalon. On y entendra Vincent Viala, Dub Trio, Walabix, Marcel et Solange, etc. « Place au jazz » prendra ses quartiers cette année place de la Loire où la programmation sera assurée par Pierre Richard et l’association O’jazz. Synaptic Project, O Jazz O, Les Pommes de ma douche, Claude Tissendier, entre autres, s’y produiront.

 

Les Trois Coups. — Et au campo Santo ?

Stéphane Kochoyan. — Au campo Santo, les quatre premiers jours, du 23 au 26 juin 2012, seront réservés aux Lauréats du monde. Une grande scène accueillera chaque soir deux formations nommées ou primées durant l’année lors de concours nationaux, internationaux ou par l’académie du Jazz. On pourra écouter Émile Parisien, la jeune et très prometteuse chanteuse Agathe Iracema, Daniel Humair, Martin Dine, Sébastien Llado, Éric Legnini et Harold Lopez Nussa, en particulier. Au sein d’un petit village, une scène moins imposante permettra de finir la soirée par un dernier concert. À noter qu’environ mille enfants sont également attendus au campo Santo pour le concert jeune public. Tous ces concerts sont gratuits. Enfin, le campo Santo accueillera, du 27 au 30 juin 2012, les plus grands artistes de la scène internationale pour des concerts exceptionnels et payants, cette fois. On y retrouvera tous les styles de jazz et toutes les générations avec Al Jarreau, Ahmad Jamal, Ayo en concert acoustique, Earth Wind and Fire, Roberto Fonseca, Tigran Hamasyan, Richard Bona, etc.

 

Les Trois Coups. — L’an passé, une querelle a agité le milieu du jazz en France sur la place faite aux musiciens nationaux. À vous entendre, il semble que cette place soit importante à Orléans. Quelle est la politique d’Orléans’ jazz en ce domaine ?

Stéphane Kochoyan. — Cette année, et comme à l’accoutumée, nous ferons travailler 80 % d’artistes et techniciens français sur toutes nos scènes. Vous savez, mon credo a toujours tenu en trois points : programmer tous les styles de jazz ; faire toute sa place à la jeune génération du jazz, c’est elle qui assurera l’avenir de nos salles et de nos manifestations dans les cinq à dix ans à venir ; veiller à engager des musiciens français, et les musiciens de talent ne vivent pas qu’à Paris (nous avons une très belle scène régionale autour d’Orléans !). Ce dernier point suppose un véritable soutien aux artistes et aux acteurs culturels dans les régions. Et, bien sûr, il faut s’occuper du jeune public.

 

Les Trois Coups. — Orléans’ jazz, nous l’avons vu, ce sont aussi de grands artistes internationaux. Parmi les personnalités que vous accueillez cette année au campo Santo, de qui attendez‑vous le plus ?

Stéphane Kochoyan. — Au risque d’être injuste, je citerai deux noms, des jeunes, pour les aider : Tigran Hamasyan et Harold Lopez Nussa. Pourquoi ? Parce que tous les deux ont parfaitement intégré toute la tradition classique du jazz, d’Ellington à Monk et au‑delà, mais aussi la tradition de leurs pays : l’Arménie et Cuba. Appuyés sur ces deux traditions, ils créent la musique de demain. Il n’y a pas d’avenir pour un art qui ne s’appuie pas sur une tradition et ne soit pas fécondé par elle.

 

Les Trois Coups. — Merci, Stéphane Kochoyan, de vous être prêté à nos questions. Tous nos vœux accompagnent la vingt‑deuxième édition d’Orléans’ jazz.

Stéphane Kochoyan. — Merci beaucoup, souhaitons‑nous du beau temps ! 

 

Propos recueillis par

Jean-François Picaut

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Orléans’ jazz 2012, trente-deuxième édition

Du 20 au 30 juin 2012

Site : http://www.orleans.fr/orleansjazz-2012

Contact : OrleansJazz@ville-orleans.fr

Publié dans : FRANCE-ÉTRANGER 1998-2012 - PUBLIER UN COMMENTAIRE ? - Voir les 0 commentaires
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