Même si Simon Delétang n’est pas un inconnu pour les amateurs de théâtre en raison de son parcours (E.N.S.A.T.T. d’abord, puis comédien et metteur en scène) et de la codirection du Théâtre Les Ateliers avec Gilles Chavassieux qui l’y avait appelé, c’est une page
qui se tourne avec le départ de ce dernier.
Simon Delétang | © David Anémian
La figure de Gilles Chavassieux avait fini par être indissociable de ce petit théâtre du centre-ville qu’il fonda il y a trente-cinq ans. Non seulement parce que ce metteur en scène de
talent y a créé au fil des années tout un répertoire d’une cinquantaine de spectacles, mais aussi et surtout parce que, passionné de littérature contemporaine française et européenne,
particulièrement germanique, il a très fortement marqué la programmation dans ce sens. Le public était assuré de faire aux Ateliers des découvertes de textes inconnus, parfois inédits, de
compagnies formidables venues de toute l’Europe.
C’est dans cet héritage que se situe Simon Delétang, qui sait bien ce qu’il doit à son aîné : « Pour moi comme pour Gilles, il s’agit d’une transition programmée et tranquille
depuis mon arrivée en 2008. De toute façon, Gilles n’est pas vraiment parti : il reste cogérant de la S.C.O.P. Les Ateliers et demeure très actif à l’intérieur du théâtre. La
transformation ne sera donc pas spectaculaire dans un premier temps.
Développer le travail avec les traducteurs
« Cette continuité cependant n’est pas seulement administrative : tous les deux, nous sommes attachés aux écritures contemporaines et engagés dans le soutien aux jeunes compagnies. Sans
doute suis-je un peu plus tourné vers des créations plus scéniques et visuelles, en un mot plus actuelles mais c’est une différence marginale.
« L’essentiel du projet que j’ai présenté consiste à associer les jeunes qui sortent des écoles comme l’E.N.S.A.T.T., celles de la Comédie de Saint-Étienne ou du Théâtre national de
Bretagne, par exemple… Il y a aujourd’hui une telle carence de lieux pour répéter… avec nos deux salles, on peut les aider, leur proposer des résidences, leur fournir les outils pour se
professionnaliser… J’imagine bien une sorte de scènes découvertes qui permettrait de découvrir le travail de ces jeunes compagnies. »
Ce qui paraît le plus original dans l’approche de Simon Delétang, c’est son intérêt pour la traduction, le fait qu’il la considère comme une dimension intégrante de la découverte des textes.
Même si cela paraît évident, ce ne l’est pas, et de trop nombreux metteurs en scène se satisfont de versions françaises existantes, voire médiocres, ou se livrent eux-mêmes à l’exercice, sans
filet. Pour Simon Delétang, il s’agit au contraire « d’aider les traducteurs de théâtre à mettre un point final à leur travail en le mettant en bouche et en scène, et d’arriver à donner
ses lettres de noblesse à ce métier si mal reconnu. Pour moi, il n’y a pas de théâtre sans texte. Le festival Text’Appeal (anciennement Les Européennes) sera l’occasion de faire découvrir
ainsi huit ou neuf pièces du monde entier qui s’écrivent aujourd’hui ».
On espère bien entendu que les subventions suivront et lui permettront de réaliser cet ambitieux programme, car, pour l’instant, la stabilité des financements promis (alors que les dépenses
augmentent), leur arrivée toujours tardive créent de la frustration et l’empêchent de se projeter vraiment, concrètement, dans l’avenir.
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Trina Mounier
Les Trois Coups
www.lestroiscoups.com
Théâtre Les Ateliers • rue du Petit-David • 69002 Lyon
Tél. 04 78 37 46 30
www.theatrelesateliers-lyon.com
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