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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 20:52

Pierrick Pédron poursuit sa route sur les pas de Charlie Parker


Par Jean-François Picaut

Les Trois Coups.com


Après les séances consacrées à Charles Mingus et Antonio Carlos Jobim, les concerts thématiques imaginés par Jacques Vidal avec le soutien de la fondation B.N.P.-Paribas se poursuivent. « Les Trois Coups » ont rencontré celui qui sera au cœur du prochain concert dédié à Charlie Parker, Pierrick Pédron. Nous avons également interrogé le saxophoniste (alto) sur son dernier enregistrement avec Greg Houben.

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Pierrick Pédron | © D.R.

Les Trois Coups. — Pierrick Pédron, tout le monde connaît votre passion pour le « Bird », Charlie Parker. Pouvez-vous nous raconter votre première rencontre ?

Pierrick Pédron. — Volontiers, même si ce fut un échec. Et puis précisons que je ne l’ai pas connu vivant !

J’ai eu mon premier saxophone vers six, sept ans et j’ai commencé à jouer mes premiers thèmes vers huit ans. Le tout premier, je m’en souviens encore, c’était Le travail, c’est la santé, d’Henri Salvador ! Mon professeur à Hillion, un village près d’Yffiniac, ma commune de résidence dans les Côtes-d’Armor, s’appelait Georges Gouault. C’était surtout un accordéoniste, il avait accompagné Bourvil sur scène. Il enseignait cet instrument à ma sœur.

Vers dix, onze ans, alors que je l’interrogeais, avec ma mère, sur les musiciens de jazz, il nous conseilla d’écouter Charlie Parker. Il ajouta : « C’est le plus grand. ». Avec mes parents, nous fîmes l’acquisition, à Saint-Brieuc, d’un vinyle édité par un label italien, dans une collection qui s’appelait quelque chose comme « Les Grands du jazz ».

Élevé dans une famille éloignée du jazz, j’ignorais tout de son histoire et à fortiori du be-bop. Le son était très mauvais, et je me trouvai tout à fait désarçonné, ce fut une cruelle déception !

Les Trois Coups. — Vous avez donc eu une seconde chance…

Pierrick Pédron. — Heureusement ! Vers seize ans, un de mes amis, un peu plus âgé, est entré au C.I.M., cette école de jazz et de musiques actuelles, créée à Paris en 1976. Quand il revenait en Bretagne, il n’avait que le jazz à la bouche. L’époque était alors celle de la fusion et du jazz-rock.

Quand je suis moi-même arrivé au C.I.M., j’ai eu Bernard Duplaix comme professeur. C’était un professeur très rigoureux, actif dans plusieurs pupitres de la section des saxophones. Comme j’étais altiste, il m’a fait écouter, entre autres, Cannonball Adderley et… Charlie Parker. C’est de là que date ma première vraie rencontre avec le Bird.

Les Trois Coups. — Le coup de foudre a été immédiat ?

Pierrick Pédron. — Non. Au C.I.M., la vie musicale était très intense et très variée. J’y ai côtoyé plusieurs figures de la scène actuelle, comme les gens de Sixun, par exemple. Quand je rentrais en Bretagne, je jouais entre autres avec deux pianistes que vous connaissez bien, Pascal Salmon et Didier Squiban. Notre style musical n’était pas fixé.

En 1996, avec Vincent Artaud (contrebasse), nous avons remporté un prix de groupe au concours de la Défense. C’est de là qu’est né le collectif Les Nuits blanches, qui comprenait aussi Baptiste Trotignon (piano). Nous organisions au Petit Opportun, des soirées à thème, avec des artistes connus, comme Lionel Belmondo (saxophone). Dans ce club, mais dans un autre contexte, j’ai aussi rencontré Peter King, un autre altiste important pour moi.

C’est de cette époque-là, j’allais vers mes vingt-huit ans, que date mon compagnonnage intellectuel et musical avec Charlie Parker. La révélation s’est produite en écoutant cet album qu’il a enregistré avec des cordes. Depuis, je n’ai cessé d’approfondir ma connaissance de son œuvre, de le travailler et de l’interpréter.

Les Trois Coups. — C’est donc tout naturellement que Jacques Vidal vous a proposé de tenir le « rôle » de Charlie Parker pour la troisième édition des concerts thématiques qui lui sera consacrée.

Pierrick Pédron. — Je connais bien Jacques Vidal puisque je joue dans son quartette. C’est d’ailleurs à ce titre que j’ai participé au premier concert thématique, consacré à Mingus. J’apprécie également beaucoup les autres membres du groupe : Alain Jean-Marie (piano), avec qui je viens de vivre une expérience magique à Caen, et Philippe Soirat (batterie).

Les Trois Coups. — Qu’allez-vous interpréter ?

Pierrick Pédron. — Des compositions de Charlie Parker, évidemment, mais aussi des chansons, des standards, qu’il aimait interpréter.

Les Trois Coups. — La pression n’est pas trop grande ?

Pierrick Pédron. — Pour être franc, je dois répondre que non. J’ai une très grande confiance dans le groupe et puis je peux m’appuyer sur ma longue pratique. Enfin, il n’est pas question d’imiter Parker, mais bien de faire revivre son esprit.

Les Trois Coups. — Le schéma du concert sera identique aux précédents ?

Pierrick Pédron. — Oui. Comme les fois précédentes, la présentation sera assurée par Franck Médioni et Yannis Perrin animera le quiz.

Les Trois Coups. — Fort bien. Nous lui souhaitons un franc succès comme les deux premiers. Peut-on conclure par quelques mots sur l’album Greg Houben Quartet Meets Pierrick Pédron, chez Plus loin Music ?

Pierrick Pédron. — Ah, avec plaisir, car c’est une réalisation qui m’a beaucoup plu.

Les Trois Coups. — C’est le fruit d’un long compagnonnage ?

Pierrick Pédron. — Il ya longtemps, bien sûr, que je connais Steve Houben, comme saxophoniste et flûtiste, mais j’ignorais jusqu’à l’existence de son fils Greg.

Notre rencontre a eu lieu en marge du Festival de Liège en 2009, et très vite le contact s’est établi. Le projet d’enregistrement, lui, est né grâce à Jean-Pierre Bissot, le directeur du Festival de Gaume.

Les Trois Coups. — Comment définiriez-vous l’ambiance de cet album ?

Pierrick Pédron. — Je crois qu’il porte la marque de notre collaboration, très sympathique, avec Greg Houben (trompette) et ses musiciens : Pascal Mohy (piano), Sal La Rocca (contrebasse) et Rick Hollander (batterie). C’est un disque très zen, dominé par l’esprit de la ballade, composé à un morceau près par Greg Houben et Pascal Mohy. Il me semble, en toute modestie, que ça sonne superbement.

Les Trois Coups. — C’est une opinion pleinement partagée.

Pierrick Pédron. — Merci.

Les Trois Coups. — C’est nous qui vous remercions de nous avoir accordé cet entretien. 

Propos recueillis par

Jean-François Picaut


Greg Houben Meets Pierrick Pédron,
par le Greg Houben Quartet

Avec Greg Houben (trompette), Pierrick Pédron (sax alto), Pascal Mohy (piano) et Sal La Rocca (contrebasse)

En concert les 29 et 30 octobre 2010, Duc des Lombards, Paris

Label : Plus loin Music • 8, rue du 7e Régiment-d’Artillerie • 35000 Rennes

+33 (0) 223 488 879

www.plusloin.net

Contact : Arielle Berthoud, • attachée de presse • 3, rue Auguste-Bartholdi • 75015 Paris (France)

Tél. 00 33 (0)1 77 13 59 27

Tél. mobile : 00 33 (0)6 09 70 72 18

Courriel : arielle.berthoud@noos.fr

Charlie Parker : Bird et son héritage

Avec : Pierrick Pédron (saxophone), Alain Jean-Marie (piano), Jacques Vidal (contrebasse) et Philippe Soirat (batterie)

Association Jacques Vidal Quintet

Contact : Dominique Matray• 2, bis cité Popincourt • 75011 Paris

Tel. +33 06 18 28 19 24

Courriel : do.matray@yahoo.fr

Site : http://www.jacquesvidal.com/

Soirée présentée par Franck Médioni

Jeudi 28 octobre 2010 à 20 heures précises

L’Abbaye-jazz club • 22 , rue Jacob • 75006 Paris

Métro : Saint-Germain-des-Prés

15 € | 10 €

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