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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 19:30

Entretien

avec Pierre-Marie Cuny (5)


Par Céline Doukhan

Les Trois Coups.com


Des ambitions à la mesure des moyens disponibles : budget et équipe restreints.

interieur-theatre1 sce-cion-villefontainebleauJ’ai été suffisamment longtemps directeur des affaires culturelles d’un département pour le savoir : ce n’est pas si fréquent, avec 18 000 habitants, d’avoir une programmation de cette qualité. On n’est ni scène nationale ni scène conventionnée, mais je n’ai pas l’ambition d’emmener ce théâtre et la ville vers une scène conventionnée et encore moins une scène nationale. On a un petit budget. Cette programmation, c’est 300 000 € et, en action culturelle, c’est 50 000 €, avec une subvention de l’ordre de 56 000 € du conseil général, due au projet d’action culturelle, et un budget voté par la ville, puisqu’on est en régie municipale.

C’est une gestion très peu souple. La moindre nécessité qui vous vient dans l’instant, de la fleur qu’il va falloir que vous mettiez dans une loge pour une cantatrice aux aimants que vous devez acheter parce que vous n’en avez plus pour les affiches, sur les panneaux d’affichage, en passant par la location de pianos, etc. Tout doit passer en conseil municipal, avec une procédure très lourde. C’est vrai que j’envie mes collègues qui ont des formes associatives, parce que là, tout à coup, il y a une souplesse… Excusez-moi le terme, mais vous avez le carnet de chèques, en somme. Là, toutes ces procédures, c’est un peu long. Quand vous savez que, par exemple, La Coupole à Sénart – et je connais très bien son directeur Jean-Michel Puiffe, donc ça ne m’embête pas de le dire –, c’est 15 millions d’euros, de même que la Ferme du buisson à Marne-la-Vallée ; Évry, scène nationale, c’est dans les 12-13 millions… Voilà. Avec 300 000 €, on a fait ça [cette saison]. C’est pour cela que, qui plus est en ces temps difficiles pour les communes, on n’ira pas au-delà. De toute façon, ce ne serait pas très raisonnable parce que, je le répète, après il faut l’assumer, en termes de résonance de com’, d’action culturelle, etc.

Pour cette enveloppe que nous avons créée, je pense qu’actuellement on installe le décor, et puis, dans les années qui vont venir, on va le parfaire, ce décor. C’est-à-dire que maintenant on va essuyer un peu les plâtres : je ne sais pas si les rencontres de 19 heures vont avoir du succès, si les conférences sur l’art contemporain vont marcher – j’étais content, à la première conférence, on a eu 80 personnes. Je ne sais pas comment va marcher le théâtre dans les quartiers, ni la musique à domicile, parce qu’on va faire aussi de la musique à domicile avec la Péniche-Opéra…

Donc, je plante le décor, le village, puis, après, il faut que je l’entretienne, ce village. Mais je ne pense pas qu’on ira l’année prochaine vers quelque chose de plus, parce qu’il faut ancrer les choses, les diversifier, mais toujours dans la même unité. Et puis, surtout, ce n’est une critique pour personne, mais nous avons une toute petite équipe. Moi-même, qui ai en plus une responsabilité en mairie, un administrateur, une personne qui tient billetterie, accueil et secrétariat, un directeur technique et deux régisseurs. Voilà, j’essaie de faire le mieux possible, le plus fin possible, et en même temps sans élitisme mal placé, mais une réelle qualité quand même, un chatoiement, quelque chose qui excite. Mais, forcément, on n’a pas une Ferrari, on a une bonne routière – et il faut que cette routière s’amuse. 

Recueilli par

Céline Doukhan


Théâtre de Fontainebleau • 6, rue Denecourt • 77300 Fontainebleau

Responsable : Pierre-Marie Cuny

Réservations : 01 64 22 26 91

Courriel : theatre.fbleau@wanadoo.fr

Photo : © service communication de la ville de Fontainebleau

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