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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 16:42

Entretien

avec Pierre-Marie Cuny (4)


Par Céline Doukhan

Les Trois Coups.com


Le théâtre comme lieu de vie. La périphérie du plateau et la pluridisciplinarité : rencontres de 19 heures, conférences sur l’art contemporain.

Pierre-Marie Cuny. — Moi, j’ai l’ambition de proposer que ce théâtre soit un centre de ressources culturelles, pas seulement un lieu de diffusion artistique. C’est-à-dire que, bien sûr, on peut y rencontrer des spectacles, mais finalement rencontrer des spectacles, c’est quoi ? C’est rencontrer des femmes et des hommes. Sans comédiennes et comédiens, sans marionnettistes, il n’y a pas de théâtre. C’est pourquoi j’ai voulu traiter aussi la périphérie du plateau, pour que notre théâtre ne soit pas un garage à spectacles. On vient voir le spectacle, et puis on se tire…

Il y a trois objectifs. À terme, que le théâtre devienne un lieu de vie. Si ce lieu de vie est uniquement palpable le temps du spectacle, ce n’est plus un lieu de vie. C’est un lieu où les gens doivent pouvoir se dire – qu’ils viennent ou ne viennent pas : « Tiens, en dehors du plateau, il y a une causerie par-ci, une conférence par-là »… Le théâtre, ça doit être le lieu de la rencontre. Et, deuxième objectif, ce doit être le théâtre de la vie, c’est-à-dire « j’ai autant de plaisir à voir des spectacles que d’entendre quelqu’un de compétent parler d’un sujet, qu’il soit scientifique, politique, philosophique, sociologique, anthropologique, etc. ». Rencontrer des gens qui ont un authentique savoir sur un sujet.

Troisième objectif : c’est, pour tous les gens qui voudraient aller plus loin dans l’exploration d’un spectacle, leur donner les moyens de le faire. Et c’est pourquoi, effectivement, certains spectacles donnent lieu à des « rencontres de 19 heures ». C’est aussi bien des rencontres à 19 heures, deux ou trois jours avant le spectacle, mais ce sont également des débats après. Cela concerne tous les sujets qui peuvent porter à réflexion ou à étonnement – par exemple, pour la Confidence des oiseaux, j’ai demandé à Luc Petton de bien vouloir faire une rencontre autour de son travail depuis vingt ans avec les oiseaux. C’est un type qui est complètement incroyable. Le deuxième prétexte à rencontre, c’est donc la singularité d’un langage artistique.

Théâtre municipal de Fontainebleau

© Service communication de la ville de Fontainebleau

Troisième sujet à rencontre, les personnalités qui retravaillent des répertoires extrêmement connus : Adel Hakim, qui va venir nous faire une rencontre de 19 heures sur « Vaudeville et mise en scène ». Ou alors des sujets qui ont fait l’objet de créations, comme la Chapelle-en-Brie, d’Alain Gautré, auteur contemporain, seine-et-marnais d’origine, à qui j’ai demandé s’il pouvait animer une rencontre pour nous parler de sa relation avec la Seine-et-Marne – parce que je vous assure que le texte est vraiment très caustique sur la Seine-et-Marne !

Après, vous avez bien sûr des débats. Par exemple, les Mains sales, avec Maggiori, philosophe, journaliste, et Philippe Lançon, critique littéraire et journaliste, autour de la question de Sartre en 2009. Il y a également un professeur de français remarquable, du lycée François-Ier, qui organise pour un club d’élèves, disons des passionnés ou des motivés, une programmation qu’il a appelée, comme nous d’ailleurs, l’école du spectateur. Jusqu’à présent, sa programmation est composée de huit spectacles, mais ses huit spectacles, il les programmait toujours à la Colline, au Rond-Point, etc., jamais à Fontainebleau. Mais cette année, il a pris deux de ses huit spectacles à Fontainebleau, les Mains sales et Des gens de Zabou Breitman sur le travail de Depardon. J’en suis très content. Et c’est lui qui a dit : « Je voudrais bien animer un débat parce qu’il va y avoir beaucoup d’élèves, et je voudrais que ce débat leur soit un peu dédié, que les grands intellectuels écoutent ces jeunes qui vont prendre la parole spontanément autour d’une pièce qui est un peu un « monument ».

Pour terminer sur la pluridisciplinarité de ce théâtre, j’ai voulu aussi réinstaurer un cycle de conférences sur l’art contemporain qu’avait abandonné la commune, avec ce magnifique voyage, Transport contemporain, autour de huit grands musées, Berlin, Gand, Stockholm, etc. Et puis après, ce sera terminé, vous savez pourquoi ? Parce que le revers de la médaille, c’est que nous sommes une toute petite équipe. Je n’ai pas de chargé de com’, de relations publiques, d’action culturelle. Je ne vis qu’avec l’accompagnement de stagiaires. Mais si on fait déjà bien ça, c’est très chouette, pour une ville de 18 000 habitants.

Recueilli par

Céline Doukhan


Théâtre de Fontainebleau • 6, rue Denecourt • 77300 Fontainebleau

Responsable : Pierre-Marie Cuny

Réservations : 01 64 22 26 91

Courriel : theatre.fbleau@wanadoo.fr

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