Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 04:38

C’est parti pour la 31e édition de Jazz à Vienne


Par Jean-François Picaut

Les Trois Coups.com


Après une trentième édition particulièrement réussie, Jazz à Vienne commence une nouvelle décennie avec beaucoup d’entrain et quelques changements administratifs. Nous vous proposons un petit tour d’horizon avec Jean-Paul Boutellier, la cheville ouvrière du festival depuis ses débuts.

jean-paul-boutellier-615 jf-picaut

Jean-Paul Boutellier | © Jean-François Picaut

Les Trois Coups. — Dans le courant de l’année écoulée, Jazz à Vienne qui avait jusque-là un statut associatif est devenu un É.P.I.C. (Établissement public à caractère industriel et commercial). Vous l’aviez souhaité, Jean-Paul Boutellier, qu’en attendez-vous ?

Jean-Paul Boutellier. — Le premier objectif est une pérennisation plus assurée du festival. Avec un budget d’environ 4,5 millions d’euros, la gestion associative devenait de plus en plus difficile pour nous. L’obligation d’attendre la clôture d’un exercice pour engager le suivant, par exemple, était un frein pour une programmation qui anticipe sur plusieurs saisons. Le nouveau statut nous donne donc plus de champ pour préparer l’avenir. C’est une ouverture assurément.

Les Trois Coups. — Qu’est-ce que cela change pour le festivalier, le spectateur ?

Jean-Paul Boutellier. — Rien, théoriquement. Le public ne devrait voir aucune différence. Il trouvera toujours le même nombre de scènes. L’esprit de la programmation n’a pas changé. C’est pour l’équipe en charge du festival que les choses changent, en mieux !

Les Trois Coups. — Toujours dans le domaine de la gestion : tous les programmateurs se disent touchés par la crise, est-ce également le cas de Jazz à Vienne ?

Jean-Paul Boutellier. — Il est évident que la crise affecte les ressources des spectateurs potentiels. Quand on a du mal à assurer ce qui est vital (la nourriture, le logement, etc.), aller au spectacle n’est pas à l’ordre du jour, et ça se comprend. Je crois que c’est cette année que l’impact de la crise sera le plus fort, d’autant que l’augmentation des cachets nous a conduits à une hausse modérée du prix payé par le spectateur. Pour pallier cela, nous mettons un point d’honneur à proposer de nombreux spectacles qui, pour être gratuits, n’en sont pas moins de qualité.

Les Trois Coups. — Cette question touchait aussi le domaine des subventions.

Jean-Paul Boutellier. — Sur ce plan, nous sommes sans doute, à Jazz à Vienne, beaucoup moins pénalisés que d’autres puisque notre festival est financé à 80 % par le public et les partenaires. Et là, nous revenons à ce que j’ai dit tout à l’heure. Il faut toujours s’adapter.

Les Trois Coups. — Vous avez certainement suivi la controverse initiée par le pianiste Laurent Coq et qui a beaucoup agité le monde du jazz au printemps dernier. Un des points soulevés était l’emploi des musiciens français. Comment se situe Jazz à Vienne sur ce plan précis ?

Jean-Paul Boutellier. — Cette polémique me paraît plus nocive qu’autre chose pour les musiciens eux-mêmes. Elle fait du mal aux musiciens français. Opposer les programmateurs et les musiciens, c’est une fausse querelle. Nous sommes sur le même bateau. Quel est le problème ? Depuis trente ans que je suis les choses de près, j’ai vu croître considérablement les lieux de spectacles (festivals, scènes, etc.), le nombre des musiciens a augmenté encore plus vite : le problème c’est que le public n’a pas progressé dans la même proportion.

Les Trois Coups. — À quoi l’attribuez-vous ?

Jean-Paul Bouteiller. — Malgré des progrès indéniables, l’éducation musicale est en cause, évidemment. Elle doit être encore plus ouverte et plus concrète : c’est à elle qu’il incombe de former les jeunes qui sont le public de demain. Il ne faut pas hésiter, non plus, à pointer du doigt le rôle des scènes nationales : beaucoup d’entre elles se sont laissé capturer par le théâtre. L’impact de cette politique est important. Enfin, et c’est sans doute l’essentiel, il faut mettre en cause la baisse, considérable, de la couverture médiatique, surtout pour les médias nationaux et principalement pour la télévision. Le confinement de la musique, pas seulement du jazz, sur des chaînes thématiques, souvent payantes, est un obstacle à sa diffusion.

Les Trois Coups. — C’est sans espoir ?

Jean-Paul Boutellier. — Non, évidemment, mais il faut un sursaut, de la lucidité, du courage et l’union de toutes les parties intéressées.

Les Trois Coups. — Chaque année, Jazz à Vienne met en exergue un(e) artiste, un genre musical, un style. L’an passé, vous aviez attiré notre attention sur Mart’nalia et Esperanza Spalding. Le spectacle de la Brésilienne a été un grand moment, et chacun peut suivre l’essor impressionnant de la contrebassiste-chanteuse. Sur quoi souhaitez-vous attirer notre attention, cette année ?

Jean-Paul Boutellier. — Sur notre grande soirée consacrée aux big bands. Ces formations sont victimes d’une forme de désamour qui me paraît vraiment injuste. Nous le montrerons, j’en suis sûr, lors de la soirée du 5 juillet au Théâtre Antique. La réunion des deux big bands, le Laurent Mignard Duke Orchestra et le Michel Pastre Big Band, pour nous faire revivre la session de juillet 1961 où Duke Ellington et Count Basie enregistrèrent ensemble First Time (Columbia), sera un grand moment de musique et d’émotion. Et d’autres big bands, ce soir-là et à d’autres occasions, nous feront redécouvrir, grâce à de jeunes talents le plus souvent, tout le charme de cette musique généreuse et festive.

Les Trois Coups. — Merci, Jean-Paul Boutellier, d’avoir bien voulu répondre à nos questions. Les lecteurs des Trois Coups peuvent suivre le déroulement du festival grâce aux reportages que nous effectuons régulièrement.

Jean-Paul Boutellier. — Merci à vous. Je souhaite que vous-même ainsi que les lecteurs des Trois Coups preniez beaucoup de plaisir à Vienne jusqu’au 13 juillet. 

Propos recueillis par

Jean-François Picaut


Festival Jazz à Vienne (38), 31e édition

Du 29 juin au 11 juillet 2011

Festival Jazz à Vienne • 21, rue des Célestes • 38200 Vienne

Tél. +33 (0)4 74 78 87 87

Renseignements : www.jazzavienne.com

Billetterie : billetterie@jazzavienne.com

Commandez en ligne et imprimez vous-mêmes vos billets à domicile :

Infoline : 0892 702 007 (0,34 euros/min)

Partager cet article

Repost 0
Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
commenter cet article

commentaires

Rechercher