Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 juillet 2014 6 26 /07 /juillet /2014 10:58

Ne pas décevoir un public fidèle et motivé


Par Jean-François Picaut

Les Trois Coups.com


Pour la 37e année consécutive, Marciac, petite bastide du Gers, va accueillir l’un des festivals de jazz les plus importants en Europe. Pour évoquer cette nouvelle édition, « Les Trois Coups » ont rencontré Jean-Louis Guilhaumon, le fondateur de l’évènement qui reste toujours son principal artisan.

jean-louis-guilhaumon-615 dr

Jean-Louis Guilhaumon | © Jean-François Picaut

Les Trois Coups : Cet été, Jean-Louis Guilhaumon, de nombreux festivals ont été perturbés par le mouvement social des intermittents. Les festivaliers de Jazz in Marciac sont-ils exposés à de semblables désagréments ?

Jean-Louis Guilhaumon : Pour l’instant, je n’en vois pas de signe avant-coureur. J’espère que non. En tout cas, ce que je puis dire, c’est que je suis, c’est que nous soutenons les légitimes revendications des intermittents du spectacle. Je souhaite que des négociations en cours débouchent sur des amendements qui y feront droit.

Les Trois Coups : Jeff Beck, on le sait, a dû annuler toute sa tournée européenne, cette année. Marciac est touché. Avez-vous prévu un concert de substitution ?

Jean-Louis Guilhaumon : Nous regrettons évidemment l’absence de Jeff Beck… Et s’il a l’occasion de revenir en Europe l’année prochaine, c’est avec plaisir que nous l’inviterons à nouveau. Cette année, nous présenterons à notre public un autre guitar hero en la personne de Joe Satriani « Satch », virtuose influencé par Jimmy Hendrix. Et nous sommes sûrs que celui qui fut le soliste de Mick Jagger et de Deep Purple nous offrira, un concert mémorable.

Les Trois Coups : La crise touche pratiquement tous les festivals qui ont, pour la plupart, réduit leur durée, diminué le nombre de concerts ou joué sur la notoriété des artistes. On ne constate rien de tel à Marciac. Vous avez un secret, Jean‑Louis Guilhaumon ?

Jean-Louis Guilhaumon : Aucun secret, je vous assure. Ou alors, si : la fidélité extraordinaire d’un public mobilisé. Comment ne pas répondre à cette fidélité et à cette confiance ? C’est pourquoi nous avons pris le pari de ne pas pondérer notre budget et de poursuivre notre chemin. Vous le savez, Jazz in Marciac ce n’est pas seulement un festival. C’est un projet culturel qui a redynamisé l’ensemble d’un territoire rural. Aujourd’hui, ce projet se développe tout au long de l’année grâce à L’Astrada, notre nouvel équipement, qui propose environ cinquante levers de rideau annuels, pour une programmation majoritairement orientée vers le jazz. C’est notre manière de lutter contre la crise ! Pour être plus sérieux, outre la mobilisation de notre public, nous avons la chance d’avoir conclu avec nos partenaires et mécènes des conventions qui favorisent la mise en œuvre de nos projets.

Les Trois Coups : L’Astrada, j’allais y venir car si, traditionnellement, Jazz in Marciac ce sont les concerts sous le grand chapiteau et le festival Bis au cœur de la bastide, L’Astrada y conquiert chaque année une place plus importante. Vous devez être particulièrement fier, entre autres, de la soirée qui réunira, le 9 août, Michel Portal, Vincent Peirani et Bojan Z ?

Jean-Louis Guilhaumon : Évidemment, c’est une belle soirée qui réunit trois générations de talentueux musiciens français ou, à tout le moins, européens. Vous avez raison, pour la troisième année, cette nouvelle scène s’affiche sans complexe. Outre les artistes que vous avez cités, nous sommes fiers d’y accueillir de très jeunes talents comme Leïla Martial ou Mélanie de Biasio, mais aussi de grands noms comme Benny Golson ou The Cookers, et je pourrais citer aussi le Belmondo Family Sextet, Pierre de Bethman et le projet Looking for Parker qui réunit Géraldine Laurent, Manu Codjia et Christophe Marquet. Cette salle conquiert son public, pendant le festival et à l’année, par son excellente acoustique et une grande proximité avec l’assistance.

Les Trois Coups : La dernière fois que j’ai vu Omara Portuondo sur scène, c’était à Jazz in Marciac en 2012. Elle n’avait chanté, avec difficulté, que quelques chansons et ne s’était guère éloignée des coulisses. Ce concert d’adieu, n’est-ce pas le concert de trop ?

Jean-Louis Guilhaumon : Non, je ne le crois pas. Ce sera un grand moment d’émotion. Je n’oublie pas qu’elle-même et le Buena Vista Social Club ont fait une partie de l’histoire de notre festival. Ce sera donc un grand moment d’émotion et d’échange qui nous permettra d’évoquer les grands disparus comme Ibrahim Ferrer qui donna chez nous son dernier concert. Au cours du festival, nous retrouverons aussi les jeunes pousses qui font vivre la musique cubaine : Roberto Fonseca au chapiteau et Harold Lopez Nussa à L’Astrada.

Les Trois Coups : Y a-t-il une thématique à cette 37e édition ?

Jean-Louis Guilhaumon : Il y a en tout cas un vrai fil rouge : le duo. Nous accueillerons dans cette formation ces très grands noms du jazz que sont Herbie Hancock et Wayne Shorter, Chick Corea et Stanley Clarke et, même s’ils seront entourés, Wynton Marsalis et Richard Galliano, Kenny Baron et Stefon Harris. Je pourrais ajouter Roberto Fonseca et Fatoumata Diawara, Bireli Lagrène et Thomas Dutronc… Mais nous pourrons aussi entendre le maître Ahmad Jamal, Tigran Hamasyan, Avishaï Cohen, et le quartette de Daniel Humair avec Émile Parisien qui a été formé ici, etc. Ce sera une très grande et très belle édition, j’en suis sûr.

Les Trois Coups : Merci, Jean-Louis Guilhaumon, de vous être prêté de si bonne grâce à nos questions.

Propos recueillis par

Jean-François Picaut


Jazz in Marciac 2014, trente-septième édition

Du 28 juillet au 17 août 2014 à Marciac (Gers)

Réservations : 0892 690 277 (0,34 € / min)

Site : www.jazzinmarciac.com

Partager cet article

Repost 0
Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
commenter cet article

commentaires

Rechercher