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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 17:28

« Une musique où l’émotion est primordiale »


Par Jean-François Picaut

Les Trois Coups.com


ping-machine-615 christophe-alary

Ping Machine | © Christophe Alary

Les Trois Coups.— Fred Maurin, vous êtes le guitariste, le compositeur, l’arrangeur de Ping Machine : peut-on considérer que vous en êtes le leader ?

Fred Maurin.— Oui, au sens où c’est moi qui écris la musique pour Ping Machine et organise la vie de l’orchestre. Ceci étant dit, Ping Machine est un vrai groupe, ce n’est pas une somme d’individualités. Cette dimension collective est primordiale. C’est uniquement comme cela, en jouant ensemble, encore et encore, qu’on peut proposer une musique créative et laisser place à un véritable lâcher-prise sur scène pour toucher vraiment le public.

Les Trois Coups.— Ping Machine, c’est un drôle de nom pour un groupe humain, non ? Est-ce à dire que vous jouez une musique mécanique, sans émotion ?

Fred Maurin.— C’est tout le contraire ! Nous jouons une musique où l’émotion est primordiale : une musique organique, dense dans son propos, mais qui garde une grande fluidité pour l’auditeur. Jouer notre musique ensemble a un sens que chacun peut percevoir aux concerts. Le but, c’est la communion des musiciens avec le public.

Souci permanent de la matière sonore, construction de morceaux aux formes originales et recherche de nouveaux territoires mélodiques et harmoniques : dans notre nouveau répertoire, j’ai intégré des éléments que l’on rencontre plutôt dans la musique contemporaine ou bien dans le rock, avec un son plus brut à certains moments. Cela met les improvisateurs dans des situations totalement nouvelles, mais c’est ça qui est stimulant !

Pour l’anecdote, le nom du groupe provient de la première scène d’un film des Monty Python, le Sens de la vie, une scène d’accouchement très particulière…

Les Trois Coups.— Ping Machine est un groupe jeune. Pouvez-vous nous rappeler les circonstances de sa naissance ?

Fred Maurin.— Après avoir joué plusieurs années avec certains musiciens de Ping Machine, du trio au quintet, j’ai monté, en 2004, un groupe de 10 musiciens. Cela a été un véritable déclic. En 2007, l’arrivée de plusieurs nouveaux musiciens a donné un nouveau souffle au projet, et le répertoire a alors évolué, allant plus loin dans la recherche d’un son original, bousculant les habitudes de chacun.

En 2009, nous avons trouvé un label allemand, Neuklang, et nous avons enregistré Random Issues. Depuis, nous sommes programmés dans des lieux plus grands, et l’année 2011 s’annonce pleine d’évènements. C’est plus difficile dans les festivals à cause de la prise de risque que cela implique pour les programmateurs. Un disque est prévu juste avant l’été 2011.

Les Trois Coups.— Peut-on parler de big band à propos de Ping Machine, et quel est le sens d’une telle formation au xxie siècle ?

Fred Maurin.— Big band est un terme connoté en France, lié à l’image des grands orchestres de jazz des années 1930 à 1960, alors que le terme ne veut dire que « grand ensemble ». Même si nous intégrons à la musique que nous jouons des éléments liés à l’histoire du big band, nous ne nous retrouvons pas vraiment dans l’acception française de ce terme. On peut se poser les mêmes questions vis à vis du terme jazz.

On pourrait discuter des heures sur l’évolution du jazz en grand ensemble sur les vingt dernières années. Pourtant, l’essentiel est d’aller aux concerts et de juger par soi-même. C’est une scène très active qui crée en permanence de la nouvelle musique et qui, de ce fait, est en résistance !

Les Trois Coups.— Ça n’est pas, quand même, une forme de folie, un groupe permanent de treize musiciens, avec souvent des invités de surcroît, à une époque où tout le monde parle d’une crise du spectacle et de la difficulté à trouver des financements ?

Fred Maurin.— Totalement ! Mais si on doit limiter les formes d’expression artistique en fonction de la pression économique qui résulte de choix politiques, alors c’est la fin de la création, non ? Heureusement, beaucoup de gens nous soutiennent par leur présence au concert (c’est la meilleure mobilisation collective pour défendre la création artistique !), les médias spécialisés nous suivent de près, et les institutions et les sociétés civiles sont encore heureusement très présentes en France pour aider la création. Il faut tout faire politiquement pour que cela dure. C’est la raison d’être de Grands formats (www.grandsformats.com) qui fédère les grands ensembles de jazz en France.

Les Trois Coups.— Vous allez vous produire à la M.J.C. Bréquigny de Rennes, un haut lieu du jazz breton depuis plus de vingt ans, le 27 janvier prochain : est-ce votre premier passage en Bretagne ? Connaissez-vous un peu la scène jazz dans la région ?

Fred Maurin.— C’est la première fois que nous venons jouer en Bretagne avec Ping Machine, mais la plupart des musiciens du groupe sont déjà venus jouer avec d’autres projets. J’ai quelques contacts avec la scène régionale via des rencontres que j’ai eues au cours de mon parcours. En tout cas, Ping Machine est très heureux de venir jouer à Rennes.

Les Trois Coups.— Si vous aviez à convaincre un spectateur, qui ne vous connaît pas du tout, de venir au concert du 27 janvier, que lui diriez-vous ?

Fred Maurin.— Venez au concert ! Si la musique a une force, c’est bien en concert que l’on peut la ressentir. Et je peux vous promettre qu’avec Ping Machine vous recevrez une forte dose d’émotions et d’énergie.

Les Trois Coups.— Merci, Fred Maurin, de vous être gentiment prêté à cet entretien.

Fred Maurin.— Merci et rendez-vous le 27 janvier 2011 !

Propos recueillis par

Jean-François Picaut


Ping Machine en concert

www.ping-machine.com

www.myspace.com/pingmachine

M.J.C. Bréquigny • 15, avenue Georges-Graff • 35200 Rennes

Réservations : 02 99 86 95 95

www.mjcbrequigny.com

Le 27 janvier 2011 à 20 h 30

15 € | 12 € | tarif « Sortir » : 10 €

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