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« Au théâtre, il n’y a rien à comprendre, mais tout à sentir. » Louis Jouvet
Sur les multiples chemins d’Éric Lareine
Éric Lareine et leurs enfants sortent un deuxième album, « Embolie », fusion de jazz pour l’éclectisme, de rock pour l’énergie, et de poésie pour la liberté. Le courage des nouveaux départs, l’espoir et la générosité : voilà ce qui transpire de cet album envoûtant.
Éric Lareine | © Dorothy Shoes
Les Trois Coups. — Vous présentez votre album comme un « road-movie intérieur ». En quoi consiste ce voyage ?
Éric Lareine. — Les deux tiers des chansons ont été écrites ces deux dernières années, et il s’est passé des choses dans ma vie qui ont complètement bouleversé le sens de mes textes. La mort est entrée dans notre maison… L’album s’appelle Embolie, pas au sens de la maladie, mais au sens de l’accident, de quelque chose qui te tombe dessus. C’est comme la carte de la mort au tarot, quand on la tire, ça ne veut pas dire que l’on va mourir, mais qu’il va y avoir un grand bouleversement, une révolution.
Les Trois Coups. — Comment se passe le processus de création ?
Éric Lareine. — Ce sont les textes qui viennent d’abord. Je nourris les musiciens de textes, et ils font la musique ensuite. Je sais par expérience que ce qui les intéresse, c’est quand il y a des accidents dans le texte. Je n’écris pas d’alexandrins. J’écris en rythmes impairs comme les Anglo-Saxons, ce qui permet de garder le groove et la syncope. Il faut qu’il y ait des chocs, il faut réveiller les gens… J’écris des textes qui sont denses, avec plein de mots, et je suis obligé de travailler sur l’attention des gens, sinon ils ont l’impression que la sono est mal réglée… Il y a une démarche intellectuelle dans les textes, donc les morceaux sont fabriqués pour que l’attention puisse être soutenue du début jusqu’à la fin.
Les Trois Coups. — Votre écriture est autobiographique, mais elle est passée au filtre de la métaphore poétique. Est‑ce une manière de ne pas trop vous dévoiler ?
Éric Lareine. — C’est une manière de ne pas trop se répandre, de ne pas se vautrer dans le narcissisme… Des fois, c’est très simple, il suffit de remplacer le je par un tu, et grâce à ça les gens peuvent l’entendre. La première fois que j’ai employé le nous, j’étais émerveillé par l’effet que ça produisait. J’utilise aussi le il, ou le elle, j’adore faire ça. Par exemple, dans la chanson la Fée d’Égypte… je suis une fée d’Égypte. Je l’ai composée à partir d’une série de dessins de ma fille…
Les Trois Coups. — Il y a plusieurs interprétations possibles de vos chansons, vous laissez de la place à l’auditeur…
Éric Lareine. — Il faut que ça respire, que les gens aient le temps de se faire leur idée. C’est ça, la littérature, la poésie : transmettre plus que ce que tu as pensé, transmettre le moyen pour l’autre de rebondir. La poésie m’est tombée dessus à l’adolescence, violemment, et c’était ça l’effet que ça me faisait : d’abord une identification, et puis après, je délirais dessus.
Les Trois Coups. — Votre palette vocale est très étendue, de Tom Waits à Chet Baker… Il y a différentes identités qui traversent votre musique et votre manière de l’interpréter. Quel est votre rapport à cette théâtralité ?
Éric Lareine. — Ces histoires d’identité sont centrales. Je pense qu’on a le droit de changer de vie, je l’ai fait plusieurs fois… et du coup, on peut aussi changer de nom. Éric Lareine, c’est mon deuxième nom. On a droit à une deuxième chance, ou même une troisième s’il le faut. Quand j’étais gamin, je pleurais tout le temps, j’étais extrêmement timide, je ne parlais à personne. Et puis un jour, j’en ai eu marre, et à l’occasion d’un déménagement avec mes parents, d’un changement de ville, j’ai changé, je suis devenu le rigolo de la classe ! En même temps, je ne suis pas un menteur, je travestis peut‑être, mais c’est toujours vrai ce que je raconte. Je suis sûrement obligé pour maintenir un cap entre toutes ces identités‑là !
Les Trois Coups. — Vous vous êtes produit récemment avec Loïc Lantoine. Comment l’avez‑vous rencontré ?
Éric Lareine. — Ça date… Dans un club à Boulogne, après avoir joué notre concert, on était allé au bar pour rencontrer les gens, et il y avait un jeune mec entouré de filles qui avaient l’air de lui baiser les pieds… C’était lui ! Ensuite, il a acheté mon disque où il y avait la Complainte du héros, et il se la chantait en play-back devant sa glace… C’est vraiment un très très bon camarade. ¶
Diane Launay
Les Trois Coups
Embolie, d’Éric Lareine et leurs enfants
Sortie le 9 octobre 2012
Le Chant du monde-Harmonia mundi S.A. • mas de Vert • B.P. 20150 • 13631 Arles
Site : http://www.chantdumonde.com/
Courriel : cbreugnon@lechantdumonde.com
Booking : Les Productions du vendredi
Mathieu Cardon : m.cardon@lesproductionsduvendredi.com
05 61 13 62 29 | 06 88 40 03 31
Éric Lareine : chant, harmonica
Pascal Maupeu : guitares acoustiques et guitares électriques
Frédéric Cavallin : batteries, percussions
Cédric Piromalli : piano, claviers
Loïc Laporte : saxophones, clarinettes, guitare basse, guitare baryton et banjo
Théâtre Sorano • 35, allées Jules-Guesde • 31000 Toulouse
Site du théâtre : http://sorano-julesjulien.toulouse.fr/
Courriel de réservation : infos.sorano-julesjulien@mairie-toulouse.fr
Réservations : 05 81 91 79 19
Du 27 au 28 septembre 2012 à 20 heures
Durée : 1 h 45
18 € | 16 € | 10 €
Tournée :
– jeudi 25 octobre 2012 à 21 heures à Fontaine
– vendredi 26 octobre 2012 à 21 heures à Saran
– jeudi 8 novembre 2012 à 21 heures à Hyères
– samedi 10 novembre 2012 à 21 heures à Lignières
– vendredi 16 novembre 2012 à 21 heures à Chambéry
– samedi 1er décembre 2012 à 21 heures à Pompogne
– jeudi 6 décembre 2012 à 21 heures à Paris
– vendredi 7 décembre 2012 à 21 heures à Calais
« Les Trois Coups », c’est un journal en ligne, bien sûr. Mais c’est aussi une association, qui a besoin d’être soutenue par des adhérents.
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