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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 12:44

Eh bien, swinguez maintenant !


Par Jean-François Picaut

Les Trois Coups.com


Le Grand Soufflet se déploie en Ille-et-Vilaine du 2 au 11 octobre dans 38 communes et 46 lieux avec près de 80 propositions. Le swing est le fil conducteur de cette 19e édition qui sera dansante et cosmopolite : swing musette, swing des Balkans, swing à l’ancienne et bien sûr électro-swing, toutes les tendances seront représentées à travers le département… Pour jeter un œil dans le rétroviseur, parler du présent et se projeter dans le futur, « les Trois Coups » ont rencontré Claude Berceliot, le président de l’association Grand Soufflet.

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Claude Berceliot | © Jean-François Picaut

Les Trois Coups. — Claude Berceliot, après avoir dirigé pendant dix-neuf ans le centre culturel Juliette-Drouet et le Théâtre Victor-Hugo à Fougères, vous voici depuis quelques années président de l’association Grand Soufflet, porteuse du festival du même nom. Pouvez-vous nous parler de la philosophie qui a présidé à la naissance de ce festival qui se veut le plus moderne des festivals d’accordéon ?

Claude Berceliot. — Le projet émane de l’accordéoniste Étienne Granjean. Il est venu me voir quand j’étais encore à Juliette-Drouet. Son projet était d’installer un festival international d’accordéon à Fougères. Je lui ai expliqué que ma programmation était déjà saturée et je lui ai conseillé d’associer des centres culturels comme ceux de Vitré et de Chartres-de-Bretagne, Le Triangle à Rennes. Assez rapidement, nous avons regroupé douze lieux autour du projet, essentiellement des centres culturels et quelques lieux de diffusion, comme La Péniche spectacle à Rennes. Le festival s’articulait alors autour d’Arts vivants en Ille-et-Vilaine. C’était un atout précieux pour fédérer les associations, les petits lieux de programmation comme les bars, spécialement dans les petites communes.

Les Trois Coups. — Quand est venue l’idée de créer une association spécifique ?

Claude Berceliot. — Au bout de deux ou trois ans. L’association a d’abord été présidée par Anne Cogné puis par Christian Druart qui m’a passé le flambeau.

Les Trois Coups. — Quelle était votre philosophie ?

Claude Berceliot. — Notre action s’est développée autour de trois axes majeurs. Nous voulions travailler autour de l’accordéon à la recherche de formes nouvelles pour changer le regard du public sur l’instrument. En second lieu, à côté de la présence des artistes dans les sites de diffusion, nous avions la volonté de développer une action culturelle en lien avec les associations, les établissements de spectacles, les conservatoires… C’est ainsi qu’est née l’exposition autour d’accordéons que nous avons acquis. Enfin, notre troisième axe a été de favoriser la culture comme moteur du développement local. Pour cela, nous avons rendu chaque partenaire responsable de ce qui se passe sur son territoire de rayonnement, dans le cadre de la programmation établie, évidemment, par le directeur artistique, Étienne Grandjean. Notre association, et c’est une originalité, ne garde que l’animation du chapiteau installé à Rennes. Ce dernier axe a rencontré le soutien très fort du conseil général dont c’était une priorité politique. Tous nos partenaires sont membres de l’association du Grand Soufflet, c’est un gage de cohésion, de cohérence et une garantie pour la fidélité au projet.

Les Trois Coups. — Au passage, pouvez-vous m’expliquer le choix du chapiteau ? C’est très convivial, évidemment, mais c’est aussi très inconfortable !

Claude Berceliot. — J’ai envie de dire que nous n’avons pas choisi le chapiteau, il est venu à nous. Au début, sur la place du Parlement-de-Bretagne, nous étions plutôt dans un festival de plein air avec de petits chapiteaux autour. Cette formule a rencontré un grand succès, auprès des jeunes en particulier et spécialement du public estudiantin. Petit à petit, cet espace du Parlement est devenu un marqueur du festival et un lieu de rendez-vous. Nous y avons vu une proposition originale par rapport à la programmation sur le reste du département et l’occasion d’avoir un lieu qui soit entièrement sous notre responsabilité, en termes de gestion, comme de choix esthétiques. Nous nous y sommes tenus bien que cette gestion directe pèse très fortement sur notre budget. La contrepartie, c’est que cet ancrage au cœur de Rennes nous procure une visibilité exceptionnelle.

Les Trois Coups. — Pour cette édition, le chapiteau se déplace au jardin du Thabor…

Claude Berceliot. — Ce choix n’est pas le nôtre, c’est celui de la municipalité qui répond ainsi à la demande de tranquillité des habitants du centre-ville. C’est un souci pour nous. L’enjeu est de taille en matière de fréquentation, et l’espace est beaucoup plus difficile à gérer. Néanmoins, nous en profitons pour améliorer encore le confort de l’accueil et renforcer les possibilités de faire cohabiter les générations. Et, il faut le noter, nous maintenons notre politique de prix acceptables, pour ne pas dire bas : de 3 € à 20 €, avec des évènements gratuits et beaucoup de propositions à 8 €.

Les Trois Coups. — Venons-en, si vous le voulez bien, Claude Berceliot, à la dix-neuvième édition.

Claude Berceliot. — Avec plaisir. Nous persistons dans ce qui est notre marque de fabrique : faire découvrir des artistes. C’est une grande partie de notre programmation. C’est ce qui nous a permis, je crois, de faire bouger les lignes en ce qui concerne la réception de l’accordéon. Sur ce point, nous bénéficions de la confiance de nos partenaires et du public. Nous avons construit ce rapport privilégié en étant à l’écoute du public et des responsables dans les territoires que nous accompagnons.

Les Trois Coups. — La programmation de cette année fait une large part au swing.

Claude Berceliot. — Oui, c’est le cœur du festival, mais ce n’est pas toute la programmation. Nous aurons par, exemple, Quantic, 17 Hippies, Rosie Ledet ou Hugo Mendez, mais aussi de la chanson (Barcella, Chloé Lacan…), de l’accordéon traditionnel breton avec Yannig Noguet et Rozenn Talec, du maloya avec Lindigo & Fixi, du blues avec Jean‑Jacques Milteau et Mathis Haug, et pourquoi pas de la tarentelle avec Luca Bassanese, etc. J’invite vos lecteurs à se reporter à notre site.

Les Trois Coups. — Milteau et Haug, ce n’est pas de l’accordéon !

Claude Berceliot. — Non, mais Milteau est l’un de nos plus grands harmonicistes, comme vous le savez, et l’harmonica (un ancêtre de l’accordéon en quelque sorte) fait partie de notre carte génétique depuis le début…

Les Trois Coups. — Pour conclure, parlons un peu de l’avenir.

Claude Berceliot. — La situation est moins difficile pour les festivals que pour les lieux fixes. Dans festival, il y a fête, et maintenant les gens veulent que le spectacle ait une dimension festive. C’est ainsi. Il faut néanmoins rester très vigilant. Nous vivons dans une période d’argent rare : les financements publics sont en baisse, les partenariats privés restent aléatoires et le public est souvent obligé de compter. Je reste néanmoins (raisonnablement) optimiste pour Le Grand Soufflet. Nous avons des atouts, en particulier la confiance des partenaires et des publics du département. 

Propos recueillis par

Jean-François Picaut


Festival Le Grand Soufflet

19e édition, du 2 au 11 octobre 2014

Dans divers lieux en Ille-et-Vilaine

Le Grand Soufflet • pôle Sud • B.P. 37604 • 35176 Chartres-de-Bretagne cedex

http://www.legrandsoufflet.fr

Téléphone : 0033 (0) 2 99 41 33 71

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Publié par Les Trois Coups - dans Bretagne | 2014-2015
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