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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 20:21

Sept ans de réflexion !


Par Jean-François Picaut

Les Trois Coups.com


Déjà la sixième édition ! Contre vents et marées, une équipe de bénévoles passionnés maintient et développe Jazz aux écluses. Ce festival qui clôt la saison d’été et ouvre celle d’automne rassemble chaque année davantage d’amateurs sur le merveilleux site des écluses à Hédé-Bazouges (Ille-et-Vilaine). Rencontre avec Catherine Saint-James, une de ces passionnées.

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Catherine Saint-James | © Jean-François Picaut

Les Trois Coups. — Catherine Saint-James, voilà six ans déjà que vous êtes avec d’autres sur le pont (d’une péniche, peut-être ?) pour imaginer des programmes et faire vivre la musique que vous aimez sur ce site un peu magique des Onze-Écluses. Quelle est votre recette ?

Catherine Saint-James. — Ce n’est pas exactement six ans. Nous en sommes à la sixième édition. Cela fait donc sept années de ce travail que vous évoquez. Sept ans de réflexion, en quelque sorte, pour faire un clin d’œil au cinéma ! Maintenant, pour répondre à votre question, si le site est magique, la recette, elle, ne l’est pas. Pas de baguette, ici. La magie, c’est l’engagement sans faille de nos bénévoles et de nos partenaires.

Les Trois Coups. — Et pour quel programme, toute cette mobilisation ?

Catherine Saint-James. — Notre objectif est toujours le même, c’est notre fil rouge : faire connaître et aimer, sur notre territoire, la musique que nous aimons, le jazz. Je devrais dire les jazz ou le jazz et ses passerelles. C’est ainsi que nous présenterons des musiciens africains et un groupe venu des Balkans. La présence de la troupe Sitala est particulièrement représentative de notre philosophie. Elle anime un centre d’action culturelle qu’elle a créé à Bobo-Dioulasso (Burkina Faso). Elle est accueillie trois mois en Bretagne, chaque année, par l’association Sitala Lillin’Ba qui soutient son action culturelle au Burkina. Les musiciens burkinabés nous donneront un grand « Bal à fond », avec la complicité des musiciens de jazz présents qui participeront au bœuf, le samedi soir. Une grande joute les opposera à la fanfare Air Groove de Lamballe, sur les deux rives du canal à l’écluse de la Madeleine, le dimanche. Quant au groupe venu des Balkans et proposé par la Péniche spectacle, le Bonescu Trio, il fera voyager le public de Budapest à Istanbul par Bucarest.

Les Trois Coups. — J’ai aussi entendu parler de ciné-concert. Quelques précisions, peut-être ?

Catherine Saint-James. — Le ciné-concert est une nouveauté de cette année. Maintenir une philosophie n’est pas synonyme de répétition ni de ronron. Ce sera aussi la première fois que nous irons au cinéma de Combourg. Le Tatiphone en vacances sera une création musicale et vidéo de Guillaume Saint-James et Olivier Moreels, sur une idée originale d’Hervé Batteux, avec 7 musiciens et un vidéaste, d’après les Vacances de M. Hulot, le vendredi 20. L’occasion aussi de revoir trois très beaux films de Tati (mercredi, jeudi, vendredi).

Les Trois Coups. — Et pour le côté familial du festival ?

Catherine Saint-James. — Vous avez raison d’en parler. Le partage en famille est une de nos lignes de force et une préoccupation constante. Nous avons déjà parlé du bal africain. Pour les enfants à partir de 5 ans, autre nouveauté, nous proposerons un grand concert à voir en famille sous chapiteau avec Chel et son groupe, le dimanche à 15 heures. Le quintette de Vincent Blanchet avec notamment Malo Mazurié et Maxence Ravelomantsoa leur proposera aussi un miniconcert au Bar à grenadine. Les plus jeunes pourront également participer à des ateliers de découverte du balafon avec 15 authentiques balafons que nous avons fait fabriquer au Burkina Faso dans les conditions du commerce équitable.

Les Trois Coups. — Et pour ce qui concerne le jazz proprement dit ?

Catherine Saint-James. — Être un festival populaire ne signifie pas renoncer à l’exigence artistique. Dans l’esthétique des jazz, nous proposerons le guitariste Misja Fitzgerald Michel en duo avec le violoncelliste Olivier Koudouno pour un hommage à Nick Drake (1948-1974), ce génial chanteur de folk d’origine britannique qui s’inspirait du blues, du baroque et du jazz. Le 1988 Jazz club de Rennes accueillera les Sidony Box, ce trio nantais, couronné aux tremplins Rézzo et Jazz migrations (2010), qui devrait faire un tabac avec son jazz fortement frotté de rock dans la ville des Transmusicales ! À noter aussi le nouveau projet d’Alban Darche avec son Orphicube, un orchestre de 10 musiciens qui produit une musique forte en images, comme une musique de film que l’on peut s’inventer soi-même.

Les Trois Coups. — Et rien pour les amoureux d’un jazz plus proche de la tradition ?

Catherine Saint-James. — Si, bien sûr, c’est aussi une de nos caractéristiques. Cette année, nous allons, je crois, réjouir les connaisseurs et les autres avec le trio de Jacky Terrasson, ce pianiste magique qui nous interprétera Gouache, son dernier album chez Universal France.

Les Trois Coups. — Belle prise, en effet. Et du côté plus festif ?

Catherine Saint-James. — Ce n’est pas à vous que je vais apprendre la parenté entre festif et festival ! Oui, nous souhaitons que Jazz aux écluses soit une vraie fête où se rencontrent des amis, nos bénévoles et nos partenaires publics et privés. Je voudrais faire une parenthèse sur ces partenariats, notamment avec le secteur privé. Nous y trouvons notre compte, évidemment : merci à eux. Mais ils y trouvent le leur aussi. Celui de l’entreprise et celui des salariés qui partagent ainsi le même esprit d’aventure. Et puis, il ne faut pas oublier que notre projet est un projet de territoire. C’est le lieu, le cadre des écluses, qui a fait naître le projet qui lui est consubstantiel. Ce festival est fait pour les gens qui sont, comme nous, amoureux du lieu et avec qui nous souhaitons partager une autre de nos passions, le jazz !

Les Trois Coups. — On peut revenir à la fête ?

Catherine Saint-James. — Oui, vous voyez, je m’échauffe tellement ça me passionne ! Nous avons commencé en évoquant sept ans de réflexion ! Le but est de faire évoluer le festival en restant fidèle à son esprit, non pas pour accroître sans cesse la fréquentation, nous sommes soumis aux contraintes du lieu, mais pour diversifier toujours plus notre public. Pour cela, il faut sans cesse innover, faire des essais. Cette année, nous allons inaugurer une grande braderie musicale, ouverte gratuitement à tous, particuliers et professionnels. Nous pensons faire œuvre utile et conviviale. C’est la rentrée, elle se fait dans des conditions économiques difficiles pour beaucoup, et la musique a un coût. Nous espérons faciliter la vente et l’achat de partitions, d’instruments, d’accessoires dans une atmosphère bon enfant. Et puis, il y a les concerts gratuits, les animations, les bars, les guinguettes, etc. Tous les ingrédients pour avoir chaud au cœur, même si le climat fait grise mine. Et ce n’est pas toujours le cas, heureusement !

Propos recueillis par

Jean-François Picaut


Jazz aux écluses 2013

6e édition

Du 19 au 22 septembre 2013

Site des Onze-Écluses à Hédé en Ille-et-Vilaine

Association Jazz aux écluses • 10, place de la Mairie • 35630 Hédé

Site : www.jazzauxecluses.fr

Contact : jazzauxecluses@gmail.com

Renseignements : 02 23 22 04 28

Tarifs pour les spectacles payants : de 5 € à 25 € + pass festival

Réservations : 07 85 28 80 62 ; sur le site Internet du festival ou par courriel

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