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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 22:58

Le talent et la jeunesse réunis


Par Jean-François Picaut

Les Trois Coups.com


Il n’a pas vingt-cinq ans et sort son premier album avec comme sidemen André Ceccarelli, Pierre de Bethman et Sylvain Romano, excusez du peu. « Les Trois Coups » ont voulu faire la connaissance de ce jeune homme aussi talentueux que précoce.

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Baptiste Herbin | © D.R.

Les Trois Coups. — Baptiste Herbin, comment vous est venue l’envie de jouer du saxophone ? Où avez‑vous fait vos premiers apprentissages ?

Baptiste Herbin. — À quatre ans je voulais jouer du saxophone. Je ne sais plus trop pourquoi : l’objet, le son que j’entendais à la radio, et sans doute Piccolo et Saxo d’André Pop, un formidable moyen pour les enfants de découvrir les instruments de musique. J’ai commencé par le piano vers cinq ans, dans une école de village, puis le saxophone, à onze ans, après une longue attente. Il fallait avoir ses dents de devant définitives. Je prenais des cours avec Jean‑Louis Mounier, à Épernon. Il m’a très vite appris la technique et le répertoire classique.

Les Trois Coups. — La photo de votre album Brother Stoon (Just Looking / Harmonia mundi) vous représente avec un saxophone alto en bandoulière, mais les notes de présentation indiquent « saxophones ». Lequel préférez-vous ?

Baptiste Herbin. — Je joue surtout de l’alto, je me considère comme étant altiste, mais je joue aussi beaucoup de soprano et un peu de ténor. J’aime tous les saxophones. Je joue trois morceaux au soprano dans l’album, et un petit solo de ténor dans Rakotozafy. Mais l’alto est celui qui me procure les meilleures sensations.

Les Trois Coups. — Le choix de l’instrument pour chacun des morceaux s’est‑il fait en fonction de votre admiration pour un musicien particulier ?

Baptiste Herbin. — Non, pas forcément. Je choisis un type de saxophone en fonction de la mélodie, le son de sax qui correspond le mieux à ce que j’entends. Je joue Une île dans l’album à l’alto, mais aujourd’hui je préfère jouer cette mélodie au soprano, par exemple. Remember Rakotozafy est un hommage à Madagascar, pays où on joue de la clarinette : j’ai donc choisi le soprano pour me rapprocher de leurs sons. Mais je ne pense pas à un musicien en particulier.

Les Trois Coups. — Vous avez composé tous les morceaux de cet album sauf Une île de Jacques Brel. Vous admirez particulièrement cet artiste ?

Baptiste Herbin. — Il fait partie de mes musiciens préférés, et on ne se lasse jamais d’écouter ses chansons. J’aime son univers. C’est un ami batteur et chanteur qui a arrangé Une île. Nous avons un trio qui reprend les chansons de Brel.

Les Trois Coups. — Pour un disque presque entièrement original, ce qui frappe dès l’abord, c’est la diversité des styles. Cet éclectisme est destiné à faire la preuve de vos possibilités ?

Baptiste Herbin. — J’écoute beaucoup de musiques, et j’en joue beaucoup aussi. J’ai donc mis sur table ce qui m’influence et j’en ai fait une première synthèse. Je ne me suis pas dit : « là, on va mettre une bossa, la un tempo rapide », les idées sont venues spontanément. Un premier disque, c’est un premier jet. Je pense que le second sera moins éclaté au niveau des styles, mais j’aime l’éclectisme et les métissages.

Les Trois Coups. — Si vous deviez définir en quelques mots l’apport de chacun de vos sidemen dans cet album, que diriez‑vous ?

Baptiste Herbin. — André Ceccarelli est l’initiateur de l’album ; c’est lui qui m’a proposé de l’enregistrer avec lui. Venant d’un de mes batteurs préférés, on ne peut pas refuser ! Et, pendant l’enregistrement, il m’encourageait, me conseillait, tout en me laissant diriger librement la séance. Pierre de Bethmann est un pianiste incroyable, qui sait rentrer dans l’univers des gens avec qui il joue. Il a un jeu très différent du mien, ce qui m’inspire. On se complète bien, je crois. J’aime sa personnalité aussi, son entrain et sa bonne humeur. Sylvain Romano est avant tout un ami, et un bassiste tout‑terrain qui a un son et un jeu magnifiques. J’ai un souvenir inoubliable de cette séance. J’ai aussi invité Jean Toussaint, ténor américain habitant à Londres, car j’aime sa sonorité unique, et son jeu à l’opposé du mien. Et Dimitri Dourantonis, sur le dernier morceau, me paraissait être le bon choix : c’est lui qui m’a fait découvrir la musique et la culture malgaches. Nous jouons régulièrement ensemble, dans notre groupe Ouranos Quartet.

Les Trois Coups. — On dit souvent que la question du second livre, du second film, etc. est cruciale pour un artiste. Brother Stoon, un hommage un peu codé à votre frère aîné, a reçu un accueil exceptionnel : 3 « ƒƒƒ » dans Télérama, « Must » T.S.F. Jazz, « C.D. de la semaine » sur « Jazz à F.I.P. », « Révélation jazzman » octobre 2012 pour Jazz magazine jazzman, « Découverte » novembre 2012 pour le Jazz news magazine, « Classica choc » novembre 2012… Cela engendre‑t‑il chez vous de l’angoisse ? Avez‑vous déjà un second opus en préparation ?

Baptiste Herbin. — Je compose déjà des morceaux pour ce second disque, et j’ai déjà une équipe en tête… Le plus angoissant, c’est l’attente du résultat global…

Les Trois Coups. — Merci à vous, Baptiste Herbin, d’avoir bien voulu vous prêter à cet entretien. Nous vous souhaitons une belle carrière et une longue vie à Brother Stoon.

Baptiste Herbin. — Merci à vous, et à bientôt ! 

Propos recueillis par

Jean-François Picaut


Brother Stoon, de Baptiste Herbin

Un album Just Looking / Harmonia mundi, 2012

Avec : Baptiste Herbin (saxophones et valiha), André Ceccarelli (batterie), Pierre de Bethman (piano), Sylvain Romano (contrebasse) et la participation de Jean Toussaint (saxophone ténor) et Dimitri Dourantonis (guitare)

Concert les 10, 11 et 12 décembre 2012 au Duc des Lombards à Paris

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